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Mutation en Suisse ou en Belgique : retour ou nouvelle expatriation ?


Bruxelles-Lausanne-retour-nouvelle-expatriationAprès des années à barouder dans le monde entier, l’envie de France peut être très grande. Que se passe-t-il alors quand c’est Lausanne ou Bruxelles qui s’annonce ? Peut-on parler de retour ou s’agit-il d’une nouvelle expatriation ?

Bien sûr, la majeure partie de ce qui vous aura manqué en expatriation, vous le retrouverez dans l’ensemble, que ce soit à Bruxelles ou à Lausanne. Climat, langue, gastronomie, vie culturelle… Et puis, voyons le verre du côté plein, il y a aussi un tas d’autres avantages à une installation en Suisse ou en Belgique.

Les bons côtés

La proximité

Paris-Lausanne : 4h en TGV, Bruxelles-Paris : 1h20 en Thalys… 3h30 en voiture… des idées de distance qui font rêver plus d’un expat en mal de pays. Après des années à avoir combattu les fuseaux horaires et les nuits d’avion, cette proximité avec sa famille en France fait rêver.

A vous les déjeuners de copines en terrasse pendant que les enfants sont à l’école à Bruxelles, à vous les réunions de famille dont vous rêviez quand vous étiez à Melbourne et qui redeviennent de l’ordre du possible.

Autre avantage… vous êtes « là » mais pas tout à fait !

Ce qui vous a plu en expat, c’est ce sentiment de liberté, de recentrage familial, ce petit cocon étroit que vous avez tant aimé à Pointe Noire. Alors effectivement, la Belgique et la Suisse sont sans doute une bonne alternative…

Confort et douceur de vivre

Les expats de retour en Suisse parlent du rapport au temps, et de la cool attitude des Suisses, l’absence absolue de stress. Du sentiment de sécurité aussi…

Celles de retour en Belgique évoquent surtout le coût du logement et donc de l’espace offert par rapport à de grandes villes françaises. Il est clair que pour celles qui n’ont pas envie de rentrer à Paris, ou pour celles qui cherchent à garder une qualité de vie familiale, ces arguments sont importants !

Les mauvaises surprises

Une intégration pas toujours évidente

Servane est arrivée à Bruxelles il y a 18 mois après 4 ans passés à Abidjan.

"Ce qui est difficile, c’est de passer d’une ambiance « hey, on s’est croisées au supermarché l’autre jour, viens donc dîner à la maison ce soir » à un anonymat quasi-total… Servane poursuit « c’est très compliqué de se faire des amis belges : ils ont eux même des groupes d’amis, leur famille, et ne cherchent pas forcément à copiner avec vous… Alors bien sûr, il reste les groupes de parents de l’école… mais ce n’est pas aussi rapide et aussi facile qu’en expatriation. C’est dur de briser la glace ! "

« On reste des étrangères »

Elisabeth raconte :

"Après 8 ans loin de tout en Amérique du Sud, j’avais très envie de rentrer en France. Alors quand mon mari a annoncé un retour en Suisse, j’ai sauté de joie, en me disant : « chouette, on rentre ». En réalité, je me suis sentie en Suisse encore plus étrangère qu’au Chili, où nous venions de passer 7 ans. Je suis restée « la Française », avec les clichés qui vont avec : râleuse, etc… Pas très accueillant."

Valentine Léopold, présidente de Lausanne Accueil, témoigne des mêmes difficultés :

"Il faut se méfier du côté faussement facile de la Suisse francophone. Les Suisses romands sont assez méfiants vis-à-vis des Français. Il vous faudra du temps pour comprendre les us et coutumes et vous faire de vrais amis. Mais une fois un certain temps passé en Suisse il devient difficile de repartir..."

Pour la Suisse, le coût de la vie

C’est la plus grande surprise pour les expats de « retour » en Suisse. Pour celles qui ont connu nounous, cuisinières et chauffeurs… le retour à une certaine réalité peut être dur. Le coût de la vie est très élevé en Suisse : des loyers, aux restaurants, en passant par le téléphone ou même le kilo de viande… Mieux vaut s’y préparer !

Côté vie pro : pas si facile non plus

Travailler à Lausanne, Genève, Bruxelles ce n’est pas du tout travailler à Paris. Les différences culturelles sont énormes.

Bruxelles, par exemple, est une ville officiellement bilingue. A l’exception des grandes entreprises, le néerlandais sera obligatoire dans un grand nombre de postes, notamment en marketing ou communication. Et à défaut, il faudra un anglais impeccable. Et une fois que l’on a trouvé, l’intégration n’est pas évidente :

"Le bilinguisme imposé en entreprise donne ambiance très particulière, se souvient Nathalie arrivée de France il y a 10 ans, avec d’un côté les néerlandophones qui arrivent à un certain horaire et des habitudes qui leurs sont propres, et de l’autre, des francophones qui sont en décalage. Au milieu, vous avez un management « entre deux » avec des réunions… en anglais ! Alors que quand vous sortez, vous achetez votre sandwich en français. Génial pour celles qui veulent rester dans une ambiance internationale, pas évident pour celles qui cherchent à retrouver une routine « comme avant »."

En Suisse, c’est sur les diplômes que l’on sera plus sélectif.

"Les diplômes étrangers ne sont quasiment pas reconnus. Une façon de plus de vous montrer que vous devez faire un effort si vous voulez vous intégrer" explique Valentine.

Les conseils de Valentine, présidente de Lausanne Accueil (Fiafe)

  • Dans la mesure du possible, installez-vous près d’une grande ville. En Suisse, l’accueil dans les petits villages n’est pas du tout le même que dans les villes ! En préparant votre retour, attention à ne pas tomber dans le piège, « on rentre en Europe en famille et on se met au vert… » surtout si vous prévoyez de ne pas y scolariser vos enfants…
  • Autre conseil, ne tardez pas à vous rendre à l’un des cafés de rentrée organisés par l’accueil local de la Fiafe. En Suisse, il y a 4 accueils : Genève, Lausanne, Zürich et Berne. Chacun a ses spécificités, mais tous ont en commun de vous aider à accélérer votre intégration !

Nathalie Buet, expatriée à Bruxelles

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