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Ma vie en expatriation

Écrans et expatriation : éviter la dépendance


ecrans-et-expatriation-eviter-la-dependance-UNE femmexpat 559x520 -Un phénomène envahit la planète : les écrans. En expatriation, que ce soit pour garder le contact avec nos proches, suivre l’actualité du pays où nous sommes ou celui d’où on vient ou que ce soit encore pour jouer ou se détendre, admettons-le, nous passons désormais des heures devant nos téléphones, tablettes ou ordinateurs.

Un nouveau mot est même apparu : « smombie », mot-valise formé des mots « smartphone » et « zombie ». Car oui, non seulement nous les utilisons mais nous en sommes devenus dépendants, happés par cette nouvelle technologie.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Quelle incidence sur nos enfants ? Et surtout comment revenir à une utilisation plus raisonnable ?

 

 

La raison du succès

De mon temps - et c’était il n’y a pas si longtemps que ça ! -, les téléphones ne servaient qu’à téléphoner. Les seuls écrans que nous avions étaient des écrans de télévision ou des ordinateurs fixes et ils restaient dans la pièce qui leur était attribuée. Déjà à cette époque, on nous alertait sur le fait de passer trop de temps derrière ces écrans.

De nos jours, l’écran est devenu mobile. Il nous suit partout. Et nous sommes ravis de l’avoir sous la main ! Nous sommes joignables ou pouvons joindre les autres plus facilement, nous pouvons rapidement résoudre des problèmes grâce aux applis (en expatriation, les applications de traduction nous sauvent souvent d’un mauvais pas) ou trouver une information sur Internet, nous pouvons aussi désormais nous déplacer sans nous perdre (surtout dans les villes où nous venons d’arriver !).

Toutes ces utilisations valident le fait que nous ayons besoin à tout moment de notre téléphone. Mais petit à petit, d’autres utilisations sont venus se greffer : la pratique de jeux vidéos, le visionnage de vidéos en ligne, l’écoute de musique ou de podcasts et bien sûr la pratique des réseaux sociaux. Sans oublier le florilège d’applications bien pratiques !

Ces utilisations prennent désormais tellement de places, que pour certains d’entre nous, il en devient difficile d’imaginer une semaine sans écran.

 

Accro, moi ?

D’où vient une telle dépendance ? Certains experts n’hésitent pas à utiliser le mot « addiction ». Le principe est simple, l’idée de toutes ces applications est de nous faire rester le plus longtemps possible accroché à notre téléphone. Elle se base sur un principe connu : celui de la récompense.

En effet, lorsque nous jouons et que nous gagnons, ou que nous faisons défiler le fil d’actualité d’un réseau social et que nous voyons des choses intéressantes, belles ou amusantes, notre corps génère une hormone qu’on appelle « dopamine ». Petit à petit une habitude s’installe, nous regardons plus souvent, et comme à chaque fois, nous générons cette hormone, nous allons de plus en plus continuer.

Et c’est d’autant plus facile que la source de ce bien-être est à portée de main ! Nous voyons apparaître de plus en plus des comportements extrêmes tels que le "binge-watching", le fait de regarder de manière boulimique des vidéos ou des séries, ou encore le "hardcore-gaming" qui est une pratique intensive des jeux vidéos.

De nos jours, nous voyons même apparaître de nouvelles stratégies pour encore plus nous interpeller sur notre téléphone : les « stories » des réseaux sociaux qui ne sont disponibles que pendant 24h, ajoutent à cela l’urgence, la peur de rater quelque chose.

Pas facile pour nous adultes de nous détacher de cela. Et c’est pire pour nos enfants !

 

 

Des dangers réels dont il faut avoir conscience

Les dangers dus au temps passé

  • Tout d’abord, les écrans peuvent générer des problèmes de vision : la lumière des écrans et la proximité par rapport au visage peuvent affaiblir la capacité d’adapter des yeux.
  • Ensuite, les écrans nous mettent dans un état d’excitation qui nous empêche de nous endormir. Chez les jeunes enfants, c’est encore plus flagrant. Et chez eux, le sommeil est primordial pour un développement sain.

 

-  Nos écrans nous isolent de plus en plus de nos relations réelles.

Oui, paradoxalement, nous pouvons d’un côté joindre la famille qui est à l’autre bout de la planète, mais nous communiquons de plus en plus difficilement dans le petit cercle familial : les écrans ont peu à peu remplacer les crayons de couleur et la feuille de papier lorsque nous souhaitons que notre enfant soit sage au restaurant.

 

-  L’écran captive tellement nos enfants qu’il est une valeur sûre pour que nous ayons la paix. Mais à quel prix ?

  • Des études le montrent : plus l’enfant passe d’heures devant l’écran, moins il développe son langage, ses fonctions cognitives et sa capacité à interagir en société. Pourquoi ? Parce qu’il a besoin d’une relation réelle avec un être humain pour apprendre à mieux percevoir ce qui l’entoure, à être attentif, à mémoriser, à interagir avec des objets ou avec des personnes, à exprimer une pensée, à raisonner.
  • Par ailleurs, les enfants qui passent trop de temps devant les écrans ont souvent des problèmes comportementaux : ils ont du mal à extérioriser sainement leurs frustrations. Ils deviennent tellement dépendants que les arrêter au milieu d’une vidéo ou d’une partie de jeu les met dans un état de colère souvent extrême.
  • On pourrait croire que les enfants ainsi focalisés sur ce qu’ils font, augmentent leur capacité d’attention, mais au contraire, on remarque que cette capacité à se concentrer baisse proportionnellement avec le nombre d’heures passées par jour sur les écrans. Ils aiment passer rapidement d’une chose à l’autre, ont moins de patience à cause de cette sur-stimulation.
  • Outre le développement psychique, l’inactivité joue aussi un rôle important dans le mal-être de nos enfants. Ils ont tendance à moins bouger et pourtant ils en ont besoin !

Tous ces points viennent clairement du fait que l’enfant passe trop de temps sur les écrans.

 

Le dangers des contenus

Saviez-vous que désormais la première exposition à des vidéos pornographiques a lieu… en primaire ? Oui, les smartphones s’invitent dans les cours de récréation et il est difficile pour les parents de contrôler tout ce que peut voir son enfant sur les écrans de ses copains. Les contenus en effet ne sont pas maîtrisables et peuvent choquer.

Pour les plus grands, le problème est autre : de plus en plus de jeunes ne développent pas d’esprit critique et prennent pour argent comptant ce qu’on leur propose sur les écrans. Si l’information est à portée de main, sa profusion doit nous alerter et nous devons apprendre et leur apprendre à croiser les sources.

Par ailleurs, aujourd’hui, les enfants sont de plus eux-mêmes des rédacteurs de contenus. Là, un autre danger s’immisce : celui de la protection des données et de la vie privée.

 

Dernier danger : celui de l’interaction sans filtre

Combien de personnes harcelées sur les réseaux sociaux ? Combien de « trolls » ? Cachée derrière son écran, il semble parfois que l’espèce humaine se lâche et ose écrire des choses qu’elle n’imaginerait pas dire en face d’une personne en chair et en os.

Par ailleurs, certains adolescents tombent dans la déprime en comparant continuellement leur vie à celle d’autres affichées sur les réseaux sociaux. L’anxiété vient aussi de ce qu’on appelle le « FOMO » (Fear Of Missing Out), la peur de rater quelque chose. Elle amène souvent les jeunes à ne plus se sentir à leur place.

Tous ces dangers, même si nous en avons conscience, sont difficiles à détecter. Pris dans le quotidien, nous ne nous rendons pas toujours compte de l’ampleur que nos écrans ont pris dans nos vies. Pourtant ces heures accumulées ont des conséquences lourdes : troubles du comportement, du sommeil, surpoids, déprime, anxiété…

 

Mais alors pourquoi est-ce qu’on continue ?

Tout d’abord, parce que les écrans sont devenus un signe de cohésion sociale : l’enfant qui n’a pas de smartphone se sent souvent mis de côté, ne comprend pas les discussions que peuvent avoir ses camarades. Et on sait combien l’intégration est importante aux yeux de nos enfants (et aux nôtres) lorsqu’on est en expatriation.

De plus, comme les téléphones sont aussi des outils de communication faciles et rapides, ils permettent de rassurer parents et enfants. Le fameux « envoie-moi un message quand tu es rentré ! » qui offre à nos enfants une plus grande liberté de mouvement et qui donne aux parents une sorte de sécurité. Il permet aussi de garder contact avec nos amis lointains (ô combien important quand on vit à l’étranger !).

Et avouons-le, il existe énormément d’applications et de sites (comme celui sur lequel vous êtes !) qui nous simplifient la vie de tous les jours ! De l’agenda qui se rappelle à nous quand vient l’heure du rendez-vous, jusqu’à l’application qui nous permet de payer directement, en passant par des moyens de s’informer, elles offrent des solutions extrêmement pratiques et font du smartphone un outil indispensable. Mais un outil qu’il est nécessaire de limiter.

 

 

Trois principes pour revenir à une utilisation plus raisonnable

1. Détecter

-  Comptabilisons les heures passées devant l’écran pour chacun des membres de la famille.

Allons plus loin en indiquant si ce sont des temps « utiles » ou des temps « perdus ».

-  Soyons aussi à l’écoute : nos enfants sont-ils perturbés ? Ressentent-ils un mal-être ? Ont-ils des problèmes de sommeil ? Ont-ils du mal à lâcher leur téléphone ? Et nous-mêmes ? Éprouvons-nous de la frustration ? Ne sommes-nous pas aussi un peu trop le nez sur notre écran ?

Plus nous serons honnêtes avec nous-même plus il sera facile d’envisager des solutions à la fin de cet état des lieux.

 

2. Se donner des limites

Forts de nos observations, ouvrons le dialogue pour revenir à un usage plus sage des écrans.

- Se donner des limites de temps (ça peut être mettre un mode « nuit » sur tous les téléphones de la famille, ça peut être limiter les notifications, ça peut être interdire les portables lors des repas ou ne les autoriser qu’à certains moments de la journée, ça peut être aussi ne pas les avoir devant nos enfants de moins de trois ans !)

-  Se donner des limites dans l’espace : pas d’écran dans les chambres, pas d’écran à table, pas d’écran dans les transports en commun (pour éviter les vols à la tir !), mais donner aussi des espaces autorisés : dans le salon, dans le bureau, etc.

-  Et rappeler des principes importants : ne pas prendre pour argent comptant tout ce qui est dit sur Internet, se comporter sur les réseaux comme si nous étions en face de la personne, ne pas divulguer toute sa vie, apprendre à protéger ses données, se méfier des personnes que nous ne connaissons pas.

 

3. Remplacer ces temps par des temps de partage, de détente, de complicité

Pour se débarrasser d’une mauvaise habitude, il est souvent intéressant de la remplacer par une autre. Pourquoi ne pas créer des moments privilégiés en famille ? Lire, écrire, jouer à des jeux de société, sortir voir une exposition, faire une randonnée, aller taper dans un ballon, inviter des amis ou les voisins…

Les écrans font complètement partie de notre vie. Mais insidieusement ils modifient nos comportements et de ce fait ont des conséquences inquiétantes sur notre santé et celle de nos enfants.

Préservons donc l’harmonie et le bien-être de notre famille en apprenant tous ensemble : communiquons avec nos jeunes, ayons une réflexion sur le sujet, mettons en place d’un commun accord une règle familiale, parlons d’addiction, de danger, mais aussi et surtout de plaisir à faire des choses plus stimulantes et plus constructives.

Et remettons enfin les écrans dans leur juste rôle : celui d’un outil fabuleux qu’il faut apprendre à maîtriser.

 

Pour aller plus loin :

 

Les expat coachs d’Expat Communication constatent que l’addiction aux écrans accompagne souvent les difficultés d’intégration après un déménagement : solitude, perte d’énergie, nostalgie, désoeuvrement…

>> N’hésitez pas à les contacter si vous souhaitez en discuter avec eux. Une session de coaching de 30 minutes vous est offerte.

 

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CatherineAllibertCatherine Allibert, est une exploratrice de la langue française. Elle embarque petits et grands dans des activités ludiques et créatives autour de l’apprentissage du français, tout en améliorant la relation parents-enfant

> Pour aller plus loin sur le sujet du français, écoutez en podcast l’épisode : "Les écrans et l'apprentissage du français"

 

 

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