Connexion en tant que membre

Vie quotidienne

Expatriés et coronavirus : gérer la grande attente


Gerer-l-attente-expatries-covid-19-UNE femmexpat 559x520« Si vous deviez en un mot décrire votre état d’esprit actuel, ce serait… »

Voilà la question que nous vous avons posée il y a quelques jours sur notre groupe Facebook et nous vous avions promis de vous raconter la suite.

En 10 minutes, 22 réponses. En une journée, 130.

Néanmoins, tous nos posts ne récoltent pas autant de succès. Si celui-ci a recueilli tant de réponses, c’est parce que les expatriés en ce moment ont besoin d’attention. Ils sont déboussolés et donc avides de partage et de discussion pour compenser le sentiment de solitude et de distance qu’ils ressentent.

Alors, intéressons-nous aux réponses qui ont fusées

Attente – Inquiétude – Questionnement – Coincés

Tels furent les 4 premiers mots cités. Largement déclinés sous toute forme de synonymes (bored, incertitude, lassitude, ras le bol, soucieux…) d’emoticons et même de noms d’oiseaux que nous ne citerons pas).

Bien sûr, certains ont partagé des états d’esprit plus positifs (zen, en action, découverte), mais l’immense majorité a fait part de son désarroi.

Du simple stress aux situations les plus dramatiques

Pour creuser les raisons de ce sentiment, quittons les réseaux sociaux et rejoignons nos salles de coaching.

La majorité des expatriés sont avant tout confrontés à la fermeture des frontières

Comme le résume très bien une jeune expatriée :

« avant j’habitais à 4h d’avion de chez moi, maintenant, je devrais parcourir 3.000 km à la nage pour rentrer chez moi ».

Ces citoyens à cheval sur deux pays sont souvent privés de l’un des deux pays qui les définissent : « mon pays d’origine » ou « mon pays d’accueil ».

Il en découle logiquement la séparation

Séparation avec

  • la famille pour tous ceux (majoritaires) dont les vacances ont été annulées.
  • les amis ou les collègues pour ceux qui se retrouvent maintenus dans leur pays d’origine.
  • l’extérieur pour tous ceux (nombreux) qui vivent dans un pays où les confinements sont stricts.

Ces séparations prennent parfois une tournure dramatique : couples séparés pendant de longs mois, impossibilité de se rendre à des funérailles, et plus joyeux mais source de grande frustration, de nombreux bébés fêteront leur 6 mois sans avoir encore rencontré leurs grands-parents.

Tristesse, frustration, solitude peuvent accompagner cette situation.

Or aucune perspective bien sûr ne vient éclairer ce présent compliqué

Entre la résurgence de l’épidémie dans de nombreux pays et les incessants changements dans les travel bans. Entre les quarantaines, vols ou visas annulés, interdiction de voyager imposée par les Etats ou les assurances santé, la complexité le dispute à la versatilité.

Après l’annulation des vacances d’été, se profile celle des vacances de Noël. Grand sujet de discussion sur les forums.

Dans ces conditions, les projets varient selon les familles

Certains ont des attaches fortes dans leur pays d’accueil et s’y projettent toujours à moyen terme. D’autres très résilients soulignent les aspects positifs de cette situation.

Nombreux sont aussi ceux pour lesquels « le deal ne tient plus » et qui envisagent de rentrer prématurément.

La plupart ne passent pas encore à l’action mais le sujet est dans toutes les têtes et toutes les discussions.

Que peut-on attendre (ou pas) de nos proches pour affronter la situation / gérer au mieux l’attente ?

Difficile de répondre de façon générique pour tous les expatriés puisque vos attentes et vos besoins sont singuliers et que leur réponse se doit d’être spécifique, ajustée !

Cependant, il me semble qu’une première réponse pour réduire la distance géographique et la sensation de séparation, c’est que vos proches vous aident à créer du lien autrement, en faisant preuve d’une proximité… d’attention.

En effet, face à ce cocktail d’émotions qui vous traversent, on peut dire avec certitude que vous avez d’abord besoin d’être entendu !

Pas nécessairement par une personne pleine de sympathie… mais plutôt pleine d’empathie, c’est-à-dire qui sait faire preuve d’écoute active : taire ses propres ressentis/émotions/sentiments pour se centrer complètement sur les vôtres. Parce qu’il est très fréquent de se projeter et de dire, par exemple « je te comprends, à ta place je serai au fond du gouffre » : cela part d’une bonne intention de manifester son soutien, mais ce genre d’expressions est plutôt à proscrire car si vous n’en êtes pas au même niveau d’émotion, vous risquez de tomber plus bas ! Donc des proches positifs mais également réalistes. 😉

Une des actions très concrète que vous pouvez attendre de vos proches est qu’ils vous aident à relativiser.

C’est-à-dire à faire la part objective entre vos inquiétudes réelles, fondées face à l’incertitude et vos peurs fantasmées (prédictions, spéculations…). Cela fera déjà baisser votre niveau de stress. Vous serez alors plus à même d’activer vos ressources.

Dans un environnement et une période particulièrement VUCA (Volatility Uncertainty Complexity Ambiguity), vous expérimentez pleinement la courbe du changement et c’est normal. Vos proches doivent simplement veiller à ce que vous ne restiez pas trop longtemps dans le « creux de la vague » : la colère peut être saine pour en sortir ! Ils peuvent donc manifester leur soutien en se rendant présents régulièrement, au bon moment, ni trop, ni trop peu, et de différentes manières (tel, visio, lettres…). Pourquoi ne pas instaurer des rituels avec eux par exemple ? Et leur soutien doit être positif et constructif. Fuyez les lieux, situations, personnes et médias anxiogènes !

Mais finalement, le plus important à retenir c’est que vous pouvez être vous-même acteur de votre changement : discernez ce qui dépend de vous de ce que vous ne maîtrisez pas et agissez sur ce qui est de votre ressort ! C’est la meilleure manière de ne pas subir !

Car si vous ne choisissez pas cette situation, vous pouvez en revanche choisir comment la vivre au mieux !

Prenez soin de vous : together, we care for expat !

CaRNOT-Alix

Alix Carnot

Passionnée par la question du couple expatrié et celle de la carrière des conjoints, Alix a été expatriée dans 4 pays avec sa famille. Après une carrière en management et people development elle est directrice associée d'Expat Communication  et créatrice du Job Booster Cocoon. Elle est également l'auteur de Chéri(e) on s'expatrie, guide de survie à l'usage des couples aventuriés.

Clotilde-Boyer

Clotilde Boyer

Certifiée expat coach et membre de la Coach Academy d’Expat Communication, Clotilde est formée à l’écoute active, la démarche créative, au coaching des émotions et praticienne certifiée du Profil TLP (Talents Leadership Priorités de poste).  Française expatriée 2 ans à Abu Dhabi, elle accompagne depuis 10 ans jeunes et adultes dans leur phase de transition et orientation professionnelles, en France et à l’international, notamment via du coaching de carrière des collaborateurs et conjoints expatriés.

> Prenez rendez-vous pour une session découverte gratuite

Pour vous accompagner

Vous vous sentez seule ? Vous avez envie d'échanger ? Nous sommes à vos côtés ! Pour se soutenir et partager ensemble sur les sujets qui vous tiennent à cœur, faire le point tranquillement, sans avoir besoin de se justifier ou de rassurer, sans masque pour une fois...  Nous vous attendons autour d'un café pour un moment convivial et positif entre expats.
N'hésitez pas à nous rejoindre - inscrivez-vous à nos prochains cafés
GRATUIT sur inscription

>> Retrouvez ici l'agenda complet de nos Cafés Expat online

bouton Abonnement NL FXP- 350x150

FemmExpat vous recommande aussi :

Expat 2020 : le film a changé

"Mon expat et le Covid-19" : comment le virus a transformé votre expatriation

Départ pour une durée indéterminée - récit d'une famille toujours séparée par le Covid-19

Baromètre Expat Communication : quel est l’impact du Covid-19 sur l’expatriation ?


ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER

Évènements à venir

Femmexpat Conférences en ligne