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Regard d’une enfant expatriée devenue parent expatrié


enfant-devenu-parent-expat_NSLorsqu’on envisage une expatriation, il est normal de se poser plusieurs questions, d’autant plus lorsqu’il s’agit de partir avec des enfants. Comment vont-ils vivre ce changement de vie ? Vont-ils s’adapter rapidement ? Qu’est-ce que cette expérience va leur apporter concrètement ?

Selon les parents, certains vont s’inquiéter, d’autres vont être très/trop optimistes vis à vis de ce changement de vie en considérant que les enfants s’adaptent rapidement à toute situation. Mais sait-on vraiment ce que traversent les enfants durant cette période de transition ? Comment les parents vivent l’expatriation ?

Je suis partie vivre au Japon à l’âge de 6 ans avec mes parents et ma sœur de 4 ans et nous y sommes restés 9 années.  Je ne pensais pas qu’un jour je serais parent expatrié. Aujourd’hui, je vis aux États-Unis avec mon mari et nos deux filles de 2 et 4 ans.

Du côté des enfants

En me revoyant enfant au Japon et en observant mes filles dans leur adaptation à leur vie américaine, j’ai réalisé que les enfants vivent ce changement de vie avec leurs propres appréhensions et leur stress.

Les préoccupations

Lorsque j’ai appris à l’âge de 6 ans que nous allions quitter la France pour vivre dans un autre pays, le Japon, je me rappelle avoir été très inquiète et questionner mes parents « Parlent-ils français là-bas ? » « Est-ce qu’on aura une maison avec jardin ? » Une fois sur place, quelle déception de voir qu’ils parlaient japonais et que nous devions vivre dans un appartement. Pas facile d’avoir une maison à Tokyo !

Avant de déménager aux États-Unis, ma fille aînée Emi me demandait, inquiète, si elle allait retrouver ses jouets.

La perte de repères

Au Japon, ma sœur et moi dormions dans la même chambre, sur deux futons l’un à côté de l’autre. Ma petite sœur, âgée de 4 ans, ne pouvait dormir que si elle avait la tête posée sur mon ventre car cela la rassurait.

Lorsque nous sommes arrivés aux États-Unis, ma fille cadette Lina, âgée de 18 mois, ne pouvait s’endormir que dans sa poussette.

L’apprentissage de la nouvelle langue

Les débuts de l’apprentissage du japonais ont été très difficiles pour ma sœur et moi. Nous étions en retard par rapport à nos camarades qui parlaient japonais depuis leur plus jeune âge. J’ai pleuré durant mes premiers cours de japonais.

Lorsque nous sommes arrivés aux USA, Emi me demandait « Pourquoi les gens parlent bizarrement ici ? ». Elle s’enfermait dans sa bulle lors de ses journées à la crèche.

L’éloignement avec les proches

Lorsque je vivais au Japon dans les années 90, la communication avec la famille en France se faisait par courrier postal, par envoi de lettres et de vidéos cassettes. Aujourd’hui, mes filles peuvent communiquer avec leur grands parents en France via Skype, Facetime, etc !

Nous revenions chaque été en France et chaque retour au Japon était un vrai déchirement lorsque nous devions quitter la famille. Après un an de séparation avec sa référente de crèche en France, Emi continuait à pleurer en la réclamant.

Malgré ces difficultés évoquées et même si chaque enfant a son rythme en fonction de sa personnalité, son âge et le contexte, il est vrai que les enfants ont une capacité d’adaptation assez incroyable.

Capacité d’adaptation

Grâce à des cours particuliers de japonais, et les dessins animés, j’ai rapidement appris le japonais.

Cela m’a permis de me sentir mieux, bien intégrée et me faire des ami(e)s.

Mes deux filles apprennent l’anglais chacune à leur rythme, mais toutes deux comprenaient l’anglais au bout de quelques mois. Leur prononciation est impeccable.

Mes filles se sont vite habituées à leur nouvelle vie, nouvelle maison, nouvel environnement. Elles sont épanouies.

Du côté des parents

Si l’expatriation représente un chamboulement pour les enfants, c’est encore plus vrai pour les parents.

Les questionnements

Avant de prendre la décision de vivre une expatriation, les parents se posent une multitude de questions pour s’assurer que tout se passe pour le mieux pour tous les membres de la famille.

Tout au long de l’expatriation, les questionnements continuent : « Combien de temps allons-nous rester ? Acceptons-nous que nos filles deviennent plus « Japonaises » (dans mon cas) ou « Américaines» (dans celui de mes filles) que Françaises ?

Prises de décisions

Lorsqu’il s’agit de partir en expatriation, il faut prendre la décision très rapidement. Une fois que mon père avait dit Ok pour le Japon, il devait être sur place au bout de trois mois. Même scénario pour mon mari lorsqu’il a eu cette opportunité aux États-Unis.

Mes parents ont pris la décision importante de rentrer en France après nos neuf années passées au Japon, afin que l’on poursuive nos études supérieures en français.

En tant que parent expatrié et compte tenu des frais scolaires très élevés aux États-Unis, je devrais faire des choix pour mes enfants.

Effort d’adaptation

Les parents aussi doivent apprendre ou s’améliorer dans la langue du pays, pour pouvoir communiquer, prendre leurs marques et se recréer une vie sociale. Mon père a dû apprendre le japonais au Japon. Dès mes premiers mois aux États-Unis, je me suis inscrite dans une communauté de mères de mon quartier afin que mes filles rencontrent d’autres enfants, et également dans le but de pratiquer l’ «american english».

Le conjoint qui travaille doit assurer

Le conjoint qui travaille ressent une pression sur ses épaules. C’est à cause ou grâce à lui que toute la famille se retrouve dans ce nouveau pays. Il doit donc « assurer » dans son nouveau travail et faire ses preuves.

Au Japon, mon père travaillait comme un Japonais, de 8h à 21h du soir. Mon mari travaille beaucoup car il veut à tout prix réussir et nous offrir une vie agréable.

Le conjoint suiveur doit s’adapter

J’ai quitté mon travail pour suivre mon mari et devenir une « Stay-at-home mom » du jour au lendemain ne fut pas facile. Il fallait aussi que je nous reconstruise une vie sociale, en sympathisant avec le voisinage, rencontrant du monde. Je devais veiller à ce que mes filles se sentent bien dans leur nouvelle crèche, être présente à chaque activité extra-scolaire.

Le couple doit survivre

Face aux défis rencontrés par chaque conjoint, en plus des préoccupations liées aux enfants, le couple peut rencontrer des turbulences. Avec mon mari notre mot d’ordre est « communiquer communiquer communiquer ! ».

En conclusion, l’expatriation est une vraie expérience familiale, très enrichissante aussi bien sur le plan professionnel que personnel. Je considère que c’est le plus beau cadeau que l’on peut faire à ses enfants. L’expatriation apporte une ouverture d’esprit, l’apprentissage d’une nouvelle langue, la découverte d’une nouvelle culture, de nouvelles rencontres.

La famille se retrouve encore plus soudée au cours de cette aventure familiale.

 

yuko-deneuvillePar Yuko Deneuville

Yuko Deneuville est accompagnante des familles qui veulent réussir leur expatriation aux États-Unis.

Son site : www.americandreamenfamille.com

 

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