Connexion en tant que membre

Expat Books Vie quotidienne

Conseils pour reprendre le goût de la lecture en expat


3-conseils-pour-reprendre-le-gout-de-la-lecture-en-expatBouffée d’air frais à la rédaction de FemmExpat ce mois-ci : Sarah Sauquet, prof de lettres, écrivaine et fondatrice de l’appli mobile Un texte Un jour (et de 6 autres applications littéraires), dont le tout Paris parle, a souhaité collaborer avec nous !

Nous avons souhaité l’interroger sur la difficulté que nous avons, nous femmes en expatriation notamment, à nous plonger dans la littérature… Rencontre.

 

Qui est Sarah Sauquet ?

Sarah Sauquet est passionnée de littérature depuis l’enfance. Son goût pour l’apprentissage l’a mené instinctivement vers son métier de professeure de lettres. En 2011, alors qu’elle enseigne dans un Lycée du 18e arrondissement de Paris, elle réalise qu’il est compliqué de faire lire des grands classiques à ses élèves. Avec sa mère, elle développe l’appli Un texte Un jour, qui connaît un succès monstre auprès des jeunes… et des adultes. Faire aimer la littérature classique au plus grand nombre est depuis la passion et le quotidien de Sarah Sauquet.

 

De sa dernière application Un texte Une femme est né un livre, que nous sommes heureuses de vous faire gagner sur Instagram, du 9 au 11 juin. On vous attend ! 😀 

Bannière-jeu-concours-un-texte-une-femme

 

Sarah Sauquet, on dit souvent qu’il faut donner goût à la lecture à nos ados. Mais finalement, on a l’impression que c’est à nous, femmes débordées, qu’il faut redonner envie. Est-ce impossible ?

A cette question, Mark Twain répondrait peut-être : "Elles ne savaient pas que c'était impossible, alors elles l'ont fait." Plus sérieusement, en tant que mère et enseignante, je crois plus que tout à l’éducation par l’exemple. Et il me semble très difficile de demander à des enfants de lire si l’on ne lit pas soi-même !

Lire demande du temps, de la disponibilité d’esprit, et aujourd’hui, prendre le temps de lire, c’est prendre sur du temps de sommeil, d’écran, de loisir. Grande lectrice, je dois moi-même faire preuve de discipline pour dégager du temps, et il n’y a pas de bonnes ou mauvaises pratiques.

  • Avoir toujours un livre sur soi pour lire ne serait-ce que quelques minutes par jour, dans les transports, en attendant les enfants à la sortie de l’école… c'est un bon début.
  • Décider de se coucher un soir par semaine avec un livre est une bonne idée aussi.
  • Enfin, lorsqu’on est plongé dans un livre qui nous captive, qu’une réelle rencontre avec le livre opère, on parvient toujours à trouver du temps.

Quant à donner le goût de lire aux ados, il faut leur rappeler que la lecture donne des armes, permet de se construire. À des ados en quête d’eux-mêmes et d’émancipation, je rappellerais aussi qu’elle peut être une forme de subversion et un levier d’affirmation, à travers les choix de livres et le discours qu’on aura sur eux.

 

En expat, nous sommes nombreuses à faire partie de cercles de lecture, de chaînes de livres, etc. Quel regard ont les auteurs sur ces pratiques ?

Nous ne pouvons avoir qu’un regard bienveillant et plein de gratitude envers toute pratique faisant circuler nos livres. Car un livre dont on parle et que l’on s’échange est un livre qui est lu ! De manière plus profonde, j’imagine sans mal que l’expatriation puisse être parfois synonyme de déracinement et d’isolement. Si un livre crée du lien social et constitue un remède à la mélancolie, son auteur en sera très heureux.

 

D’après vous, lire au féminin, est-ce différent ?

Pas du tout, et je m’élève farouchement contre cette idée ! Comme je ne pense pas non plus qu’il y ait une écriture masculine et une écriture féminine ! Je ne crois pas à une pratique de la littérature genrée, et l’on peut être surpris par le regard, a priori très masculin, qu’une femme portera sur un livre. En revanche, et j’en reviens à votre première question, je reste persuadée que la plupart des femmes ont moins de temps pour lire que les hommes. Lire au féminin, c’est donc peut-être avant tout lutter contre la charge mentale et œuvrer pour une meilleure répartition des tâches.

 

On rêve toutes de (re)plonger dans Proust ou Céline… mais est-ce raisonnable ? Quels conseils donneriez-vous à toutes celles qui veulent lire des classiques, mais qui ne savent pas par où commencer ?

Je crois beaucoup au format court et c’est pour répondre à ce type de défis que ma mère, Dominique Sauquet, ingénieure, et moi-même, avons créé nos applications littéraires. Se lancer dans Proust ou Céline n’a rien d’évident. Passer par une lecture progressive, de textes courts choisis et accompagnés de notes, peut être une première approche. Sur l’application Un texte Un jour, vous pouvez d’ailleurs découvrir 16 textes de Proust aux tonalités très diverses.

 

Dernière question : une FemmExpat qui vous inspire particulièrement dans la littérature classique ?

J’ai une grande admiration pour la française Marie d’Agoult. Née en Allemagne en 1805, elle grandit en France et reçut une éducation biculturelle. À 22 ans, elle épousa le comte d’Agoult qu’elle quitta pour Franz Liszt. Le couple adultérin s’installa en Allemagne, puis dans plusieurs pays d’Europe. C’est à ce moment si particulier de sa vie que Marie d’Agoult commença à se consacrer à l’écriture, à travers des romans, lettres et essais, publiés sous le nom de Daniel Stern.

Marie d’Agoult parle avec une grande intelligence des Parisiennes et des mariages de convenance que doivent faire les jeunes filles sous la Restauration. J’aime à penser que ce sont son biculturalisme et son statut de femme expatriée qui permirent à Marie d’Agoult de faire preuve d’un tel discernement dans l’analyse des mœurs françaises. Trois textes de Marie d’Agoult sont d’ailleurs à découvrir sur Un texte Une femme.

 

📚 Les livres :

📲 Les applications littéraires :

  • Un texte Un jour
  • Un texte Une femme
  • Un poème Un jour
  • A text A day
  • Un texte Un eros
  • Un mot Un jour
  • Aurélien et Bérénice

 ➡  Retrouvez les liens vers toutes les applications sur le site Un Texte Un Jour.

 

bouton Abonnement NL FXP- 350x150

FemmExpat vous conseille de lire aussi : 

Ecrire un livre en expat

La lecture : une amie essentielle

Et si je lançais mon club de lecture en expat ?


ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER

Évènements à venir

Femmexpat Conférences en ligne