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La famille Le départ

S’expatrier et … quitter sa mère !


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Les relations mères-filles : sujet toujours d'actualité ! Mais que se passe-t-il quand l’expatriation s’en mêle ?

 

Être fille expatriée et... quitter sa mère

Quand on part en expatriation il faut tout quitter : boulot, amis, environnement et ... sa mère.

« l’expatriation c’est un bon moyen de faire sa vie de femme dans sa propre cellule familiale, un nouveau noyau se met en place».

 

L’annonce de la fille à la mère du départ n’est pas reçu de la même façon, suivant les familles : « tu sais, c’est confirmé, nous partons à Shanghai, Sao paulo, Dallas, Bruxelles, Madrid, Stavanger, ... »

 

Il y a plusieurs cas de figures

Soit votre mère partage votre joie et vos inquiétudes

« Maman a tout de suite trouvé que notre projet allait nous donner un nouvel élan, et en plus que le pays d’Asie où nous partions semblait merveilleux, et que bien sûr elle viendrait nous voir dans notre nouvelle vie »

Elle participe activement à votre projet et là c’est le bonheur et la séparation est douce.

 

Ou elle vous dit qu’elle est très contente pour vous mais avec une figure longue de trois pieds qui en dit long sur ses sentiments

Et c’est la culpabilité qui s’infiltre au goutte par goutte au gré des piques maternelles partout dans votre moi. Le pire, mais cela existe, c’est ouvertement une litanie de reproches.

« Ma mère n’a pas compris pourquoi, sans y être contraints, nous quittions notre jolie maison, nos amis, notre confort, le long fleuve tranquille de notre vie pour un coin perdu du Brésil... Nos relations parfois houleuses ont pris une tournure théâtrale... même à 46 ans c’est douloureux de ne pas pouvoir lui parler des difficultés rencontrées - Tu n’avais qu’à rester là- ni même les nouveaux plaisirs -et en plus tout va bien ?... Je me demande comment une Maman peut devenir ainsi, oublier ou ne pas se rendre compte que l’on reste son enfant, ne pas réaliser que l’on fait souffrir et que les petits-enfants sont aussi touchés »

Et dans ce cas votre mère vous branche sous perfusion d’angoisses, d’interrogations, de culpabilité, colère...

 

Il y a aussi quitter une mère vraiment âgée

C’est un déchirement car l’incertitude de la revoir pèse beaucoup et la séparation, il ne faut pas se le cacher peut-être définitive.

« Je ne sais même pas si Maman se rend compte que je pars, elle ne semble pas l’intégrer, ou ne veut pas, c’est difficile, chaque fois que je la vois je dois lui rappeler notre départ, ça me rend malade... ».

Une fois partie, il faut vivre sans toutes ces petites choses qui vous relient à votre mère. C’est la vraie rupture du cordon.

 

Vivre sans sa mère

C’est la relation quelquefois quasi-quotidienne qui est rompue en premier. Et cela manque à certaines.

« C’est une des choses qui me manque le plus : mes bavardages quotidiens avec ma mère, sur tout et n’importe quoi, la couleur de mes nouveaux rideaux, la dernière « perle » de ma fille, un accrochage avec une copine, une commande de boulot, etc. »

Mais pas à d’autres.

« Quand nous sommes partis aux US, j’ai quitté ma mère après 29 ans et là j’ai enfin pu respirer : depuis mon premier rôt, je l’avais sur le dos d’abord tous les jours puis toutes les semaines, sans parler des coups de fils intempestifs... les kilomètres m’ont permis de mettre une distance salutaire... Vivre loin de ma mère, c’est pour moi, l’assurance d’une vie équilibrée sans passer mes journées à culpabiliser parce que je ne lui ai pas offert le muguet du 1er Mai ! »

Et puis, il y a celles pour qui la séparation est tout simplement sereinement vécue.

"La relation avec ma mère supporte très bien la distance. Nous n’avons pas une complicité fusionnelle, car nous avons des vies tellement différentes et des attentes complètement opposées. Elle veut une vie pépère... Je suis à la recherche de l’idéal, j’ai soif de rencontres, d’apprentissages."

 

Le manque se fait sentir au moment des fêtes familiales ou d’événements passés loin des siens...

Noël, communions, événements familiaux, mais le point culminant c’est bien la maternité.

« Quand j’ai eu Matthieu, aux US, loin de Maman, elle n’a pas pu venir, j’ai senti le différence avec la naissance de mon premier où elle avait été très présente et efficace... J’étais loin, seule, même si je « savais » mieux ce qu’était une naissance, elle m’a terriblement manqué, et le pire c’est qu’elle ne s’en est pas rendu compte ... »

« Les moments où j’ai eu besoin d’elle, elle était là. Quand j’ai eu Tristan à San Diego, mes parents sont venus, pour Philippine, ma mère est arrivée la veille au soir, c’était chouette de l’avoir pour m’épauler... »

Moins de quantité, mais beaucoup de qualité quand on se retrouve

« Plus d’inévitables déjeuners du dimanche, ou des coups de fils trop fréquents, coupons le cordon. Mais quand les parents viennent voir leurs enfants dans le pays, cela permet de mieux les connaître et en profiter mieux. Quand mes parents sont venus nous voir, pour une fois c’est moi qui portait toute la troupe, les rôles ont été renversés. J’étais si heureuse de leur faire découvrir mon nouveau monde de les voir si contents de passer du temps avec leur petite-fille ».

 

Communiquer avec sa mère

Reste à organiser la communication. Téléphoner à sa mère tous les jours, comme certaines pouvaient le faire en France, va devenir plus difficile, surtout très onéreux, et pourtant...

« Le mail c’est bien mais cela ne remplace pas le téléphone. Je me freinais beaucoup au début et maintenant je n’hésite plus à appeler ma mère même en plein après-midi, tranche rouge, tant pis, cinq minutes de tchatche ça fait trop de bien ! ce sont les petites choses de la vie qui donnent de la saveur à l’existence »

« Pour ma part, je garde des liens très forts au cours de longs et traditionnels coups de fil du lundi matin - je passe au moins ¾ d’heures avec ma mère- qui permettent de se parler de tout et de n’importe quoi et de garder le contact »

« Je sais qu’elle est là quand j’ai des coup de blues, je peux l’appeler sans souci. Pour moi c’est la sécurité aboslue. je suis sûre de son amour inconditionnel »

 

A chacun de trouver le meilleur moyen de communiquer et surtout de s’adapter à l’autre plus âgée.

Pour les mères qui pianotent sur le computer comme une adolescente, pas de problème, on utilise le mail, on tchatche sur msn, on s’envoie des photos, on se téléphone même via Internet !

« Ma mère a 65 ans s’est mise l’ordinateur et aux emails pour pouvoir recevoir les photos et des nouvelles de son petit-fils en temps réel »

Ensuite il y a la génération fax, alors on reprend sa plume, et on fait passer sa lettre via le fax, qui a encore chez certains quelques bonnes années de vie en perspective.

« pour Maman moins informatisée que mes enfants, j’ai ressorti la plume et l’on s’épanche sur le papier, et le fax vous le transmet en temps réel et en écriture authentique, c’est magique ! le style n’a rien de celui de Madame de Grignan mais on y met tout son cœur car si l’on pense avoir le temps, malgré tout les aiguilles tournent et les jours défilent... même sous les cocotiers. »

Puis il y a tout simplement le courrier...

« l’envie de partager qui ne se fait que par téléphone ou mail est un peu frustrant, par contre les longues lettres restent un réel plaisir et permettent de s’exprimer, de mettre sur papier ses sentiments. Recevoir également du courrier, c’est un lien différent, dont on avait pas l’habitude, et qui peut resserrer vraiment les liens et approfondir la relation ».

 

Un immense merci à Isabelle, Bérangère, Chantal, Bénédicte, Mathilde, Fabienne, Nathalie, Gaëlle et Bénédicte qui de Sao Paulo à Bangkok en passant par Jeddah, Casablanca, Johannesbourg, Caracas, Buenos Aires et Glasgow nous ont livré leurs témoignages sincères

 

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