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Comment annoncer son départ aux parents ?


Comment-annoncer-son-depart-aux-parents-On avait gardé l’info pour nous. Baladant le doigt sur la mappemonde en se demandant si les bruits de couloir se confirmeraient ou non pour un départ prochain sous d’autres latitudes...

Ce n’est pas le goût du mystère qui avait cousu notre bouche. Non, mais comme un vague sentiment que cette annonce ne serait pas reçue par nos proches avec des glapissements de joie… Prémonition….

 

A la table dominicale, on avait bien entendu des réflexions du genre :

« Ah cette pauvre Arlette qui ne voit plus ses petits-enfants depuis qu’ils sont à N.Y » ou encore « Dire que Joséphine s’est saignée à blanc pour offrir les études de médecine de sa fille et qu’elle n' a rien trouvé de mieux que de convoler avec son japonais de mari, pays où elle ne peut même pas exercer ! ».

On déglutissait avec peine notre gigot/purée en se disant que ça n’allait pas être coton d’avouer que, nous-aussi, allions grossir la cohorte des expatriés…

 

Plus moyen de reculer

Et puis, un vendredi soir, c’est officiel : la feuille de route et le contrat sortent tout frais du bureau du DRH. Plus moyen de reculer.

Dimanche, entre la poire et le fromage (à moins que ce ne soit entre les peanuts et le kir) on va se jeter dans le grand bain familial. Et l’adrénaline nous irradie déjà des orteils aux oreilles...

« On a une grande nouvelle à vous annoncer ! »

A leur mine réjouie à l’idée de savoir qu’ils vont bercer dans leur bras un troisième sous-produit, on se dit que l’angle d’attaque est perfectible.

« Heu ! Ce n’est pas ce que vous croyez » avance-t-on timidement avec une boule d’angoisse qui se noue, là précisément, entre le plexus et l’estomac. « Non c’est qu’il y a de fortes chances qu’à la rentrée prochaine, nous déménagions ».

Déjà se lit au mieux l’incompréhension, voire la consternation sur le visage de notre chère famille.

 

L'ambiance familiale est plombée...

C’est là que notre moitié, qui jusque là s’était tenu coit, l’air pas concerné du tout, nous laissant aller seule au front, juge opportun d’ajouter :

« Pourquoi tu dis 'de très fortes chances' puisque c’est signé ? Nous partons au Bénin/Inde/Colombie…. »

Trahison masculine oblige,  on fait passer notre cacahuète coincée dans la glotte par une grande rasade d’alcool fort et on repart vaillamment sur la ligne de tir.

On constate immédiatement que l’ambiance familiale est plombée par cette annonce et qu’une fête Amish passerait pour une joyeuse déconnade à côté de notre réunion familiale.

Après un silence pesant, le patriarche lance d’un ton qui évoque plus le grondement du tonnerre, un glacial :

« J’espère que vous savez ce que vous faites, et que cette aventure ne tournera pas en eau de boudin ».

Charming ! On avance les arguments mille fois repensés dans la voiture en arguant du fait que c’est une chance incroyable pour nous, une opportunité qui ne peut se refuser au risque d’être déstocké par le DRH, que ça leur fera un but de voyage, que…

C’est le moment que notre mère choisit pour le dégel des grands sentiments :

« Et mes petits-enfants ???? Autant dire que c’est comme si je n’en avais plus.  Je ne vais plus les voir ».

 

HALTE ! Mais comment s’y prendre ? 

D’abord, tout ne se passe pas mal. Dans beaucoup de familles, surtout celles qui ont voyagé, on comprend, on accepte et on se réjouit, même si on a de la peine. Mais si vous sentez qu’annoncer votre départ à la famille va provoquer des réactions que vous aurez du mal à « encaisser », prenez d’abord un peu de recul et préparez-vous.

 

  • Commencer par en parler avec votre conjoint. Préparez un discours commun de façon à ce que vous soyez soudés au moment de l’annonce.
  • Le bon moment trouvé, allez droit au but  :

« Mon héros a eu une opportunité de job à Delhi, NY, Tokyo, etc. et nous avons décidé, ensemble, de répondre favorablement à cette offre. Nous allons donc nous expatrier

  • Parlez de vos joies et de votre enthousiasme. Mais n’hésitez pas non plus à vous confier sur vos craintes et vos difficultés. Oui, cela ne sera pas facile non plus pour vous. Il vous faut  laisser un job, des amis, et aussi les laisser eux  ! Cela vous coûte.
  • Laissez-les aussi vous parler. Essayez de décoder leurs angoisses à travers leurs critiques et tentez de rebondir sur ce qui les peine réellement.
  • Ayez déjà des informations sur le pays (à l’aide de guides et de photos), et intégrez rapidement les membres de la famille au projet de cette aventure.
  • Enfin expliquez-leur, avec tout le tact et la diplomatie qui vous caractérisent, que c’est votre décision et votre vie. Que pour chacune des parties, ce choix implique des difficultés. Que vous entendez leurs arguments mais que c’est votre vie d’adulte et celle de votre propre famille que vous construisez.

 

Et pour vous? Comment s'est passé ce moment ? Comment vos parents ont réagi?
Ecrivez-nous à : agnes.denoel@expatcommunication.com 

 

 

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