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Le bilinguisme Londres Témoignages

Judith auteur/illustrateur de livres bilingues pour enfants à Londres


J-LBA 26 ans, en arrivant à Londres, Judith s'est lancée dans l'aventure en créant sa propre maison d'édition pour publier ses livres en français-anglais, destinés aux enfants de 2 à 7 ans. Judith conseille aux  parents qui s'expatrient de cultiver le bilinguisme de leurs enfants en veillant à ce qu'ils n'oublient pas leur langue maternelle, ses livres en sont un bon moyen. Récit de son parcours.

Je m’appelle Judith, j’ai 28 ans. Je suis diplômée d'une école de commerce française, EM LYON. Dans le cadre de mes études, j'ai été amenée à travailler en Allemagne puis en Italie, en marketing et communication. J'ai aussi travaillé en France en tant qu'assistante marketing dans une maison d'édition jeunesse avant de partir m'installer au Royaume-Uni.

Depuis combien de temps êtes-vous installée à Londres ? Qu’est-ce qui vous y a amenée ?
Mon compagnon a commencé à travailler à Londres, je l’ai donc suivi et j’’ai habité dans la capitale anglaise tout d’abord à mi-temps (je faisais alors de nombreux aller-retours entre la France et le Royaume-Uni), puis à plein temps depuis maintenant presque 2 ans. J'avais en tête de nouveaux projets professionnels et trouvais intéressant de les concrétiser à Londres, une ville réputée très dynamique. Londres est en Europe et n’est pas une destination très « exotique » mais en m’y expatriant, j’ai retrouvé comme pour l'Allemagne et la Sicile, cette impression agréable de partir à l’aventure et de commencer une nouvelle vie.

Comment se sont passés vos débuts?
En m'installant à Londres, il y a deux ans, je ne me suis pas lancée dans la recherche d'un travail. J'ai tout de suite créé mon entreprise, c'est-à-dire ma maison d'édition. J'ai réfléchi à ma stratégie, ai défini ma ligne éditoriale, ai accru ma documentation sur le monde de l'édition et ai approfondi mes connaissances du marché anglais.
L'élaboration de mes sites Internet, la recherche d'un imprimeur répondant à tous mes critères, ma formation pédagogique m'ont pris beaucoup de temps. J'avais l'impression que des journées de 14 heures de travail ne suffisaient pas ! En outre, j'avais pris l'habitude de travailler en équipe et la transition a donc été un peu difficile au départ. Enfin, l'acquisition du langage technique lié à l'impression, au web design et à l'illustration a représenté un gros travail. Je devais connaître les termes techniques en français mais aussi en anglais.
Heureusement, la création d'entreprise a été simple sur le plan administratif !
Je me suis vite rendue compte que mon anglais "scolaire" était bien différent de l’anglais parlé ici, il a fallu que je m'adapte rapidement.
Au début, il m'était difficile d’effectuer certaines démarches administratives (en particulier par téléphone), d'expliquer quelque chose dans un garage par exemple ou de compléter ma déclaration d’impôts. Je manquais cruellement de vocabulaire spécifique. Mais maintenant je sais dire "courroie de distribution" en anglais !

Côté vie pratique : il a été difficile de trouver notre premier appartement. Nous avons cherché longtemps avant de trouver quelque chose qui nous convienne. Tout était bien trop cher, le rapport qualité/prix laissait trop souvent à désirer et les exigences des propriétaires étaient difficiles à satisfaire (caution très élevée, références à fournir, animaux de compagnie interdits...).

Ce que j'ai préféré : découvrir une autre façon de vivre, une culture et une langue différentes. Nous avons visité un nouveau quartier chaque week-end et nous apprécions que tous les magasins soient ouverts le dimanche ! Nous avons vite acheté une voiture ce qui fut très pratique pour passer quelques week-ends en dehors de Londres : les Cotswolds, le Kent, les Cornouailles, Cambridge... etc.

LB2Qu’est-ce qui vous a décidé  pour vous lancer dans la création/édition de livres ?
Je suis passionnée par le dessin, l'écriture et les livres pour enfants depuis que j'ai 9-10 ans. À la fin de mes études, j'ai eu la chance de travailler dans ce domaine en intégrant le département marketing d'une maison d'édition, ce qui m'a fait découvrir et comprendre les enjeux de la commercialisation des livres jeunesse. Mais cela ne m'a pas permis de participer autant que je l'aurais voulu au processus éditorial. Quand l'opportunité s'est présentée de travailler à Londres, j'ai donc souhaité me concentrer sur ce coté créatif qui me manquait.

Ma maison d'édition est née de ma volonté de promouvoir l’anglais mais aussi le français, ma langue maternelle à laquelle je suis profondément attachée, ainsi que de mon envie de faire sourire les enfants tout en leur apprenant des choses utiles.

Pouvez-vous présenter votre concept ?
Je publie divers supports pour aider les enfants âgés de 2 à 7 ans à devenir bilingues français-anglais : albums et leurs versions audio, fiches d'activités, jeux de cartes... Toutes les publications sont basées sur une méthode dont l'objectif est de rendre l'apprentissage d'une langue étrangère attrayante, amusante et utile pour les enfants. Un des principes de cette méthode est l'absence de traduction littérale : dans les albums, les petits lecteurs basculent d'une langue à l'autre et dans les livres d'activités, les consignes sont rédigées dans la seconde langue/langue minoritaire des enfants uniquement.
Toutes ces publications sont disponibles sur le site www.littlebilingues.com et sont encadrées par la maison d'édition jeunesse que j'ai fondée, "Ornicar publishing".
Par la suite, j'envisage la création d'autres collections autour de livres dont je serai l'auteure, ou non.

LB4Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Pour chaque livre, j'essaie de trouver un thème qui peut "parler" à tous les enfants. Par exemple, j'ai choisi le vocabulaire des habits pour le premier livre car je sais que s'habiller est un moment important (et parfois bien compliqué !) dans la journée d'un enfant. Ensuite, j'essaie de trouver une petite histoire qui inclut tous les mots et expressions utiles et dont la fin est amusante. Je m'inspire parfois d'enfants que je connais : ainsi, l'histoire du premier livre m'a été inspirée par ma nièce qui refuse souvent de porter autre chose que sa chemise préférée "avec toutes les étoiles qui brillent" !

Comment vous faites-vous connaître ?
Jusqu’à maintenant, je me suis concentrée sur la création, l'illustration et l'impression des albums bilingues dont je suis moi-même l'auteure et l'illustratrice. Par conséquent, je me suis pour le moment principalement fait connaître grâce au salon du livre auquel j'ai participé en avril dernier et grâce au bouche à oreille (que ce soit par les médias sociaux ou par les enseignants qui utilisent mes livres en classe). Je compte cependant me focaliser davantage sur l'aspect communication dès septembre.

Que vous apporte l’expatriation ?
Je pense que l'expatriation m’a appris à être plus autonome et responsable. Je venais de finir mes études quand je suis partie la première fois et je ne pouvais plus appeler mes parents à la rescousse au moindre problème. Je suis tout simplement devenue vraiment adulte en m'expatriant. Londres est une ville très dynamique, très compétitive, ce qui m'a donné envie de construire des projets et de réussir. J'ai l'impression aussi d’être désormais plus ouverte sur le monde : Londres étant une ville cosmopolite, je suis amenée à parler et à collaborer avec des personnes d'horizons, nationalités et cultures souvent très différents.

Quels sont vos projets ?
À court terme, c'est-à-dire durant l'année à venir, j'aimerais bien sûr poursuivre le développement de ma maison d'édition en ajoutant d'autres livres à la collection bilingue mais aussi en acceptant des manuscrits d'autres auteurs et en participant à des salons du livre en France et au Royaume-Uni. Par ailleurs, avec des amis issus du monde de l'édition, je monte une structure parallèle appelée "Ornicar publishing services" qui offre à des auteurs qui veulent s'autoéditer un accompagnement à travers toutes les étapes de la création d'un livre. Je suis moi-même passée par toutes ces étapes : je sais donc ce qu'il faut faire et suis capable d'offrir mon aide à celles et ceux qui n'ont pas le temps ou les connaissances nécessaires pour cela.
Sur le plan personnel, mon compagnon et moi aimerions trouver le temps de visiter les régions du Royaume-Uni que nous ne connaissons pas encore et de faire un tour de l'Europe.

Y a-t-il autre chose que vous souhaitez ajouter ?
L'expatriation peut parfois sembler effrayante mais c'est un beau challenge à relever. On en ressort grandi sur bien des plans. Ce discours peut sembler stéréotypé mais il reflète bel et bien la réalité.

Et j'aimerais conseiller aux parents qui s'expatrient de cultiver le bilinguisme de leurs enfants en veillant, entre autres, à ce qu'ils n'oublient pas leur langue maternelle ! Je suis convaincue que la sensibilisation à une ou plusieurs autres langues, a des nombreux bénéfices... notamment celui d'ouvrir les enfants sur le monde dès le plus jeune âge.

paris-LBEn ce moment, je lance une opération "Giveaway" pour un exemplaire du dernier livre qui vient de sortir de Zazoo à Paris : rendez-vous sur ma page Facebook pour tenter de le gagner!

Judith, à Londres

Visitez son site :  www.littlebilingues.com
La page Facebook LittleBilingues 

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