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Si les valises de l’expat m’étaient contées


Si les valises de l’expat m’étaient contéesNous avons tous en nous quelque chose d’alakalufes. Ces nomades des mers du grand sud trimbalaient un peu de leur terre dans leurs barques. Autres temps, autres mœurs, on vous l’accorde. A cette époque, nécessité faisait loi. Mais c’est sans doute une histoire de gènes récessifs qui fait que nous ne pouvons pas nous empêcher de transporter un petit quelque chose qui parle du pays dans nos valises. Bon sang ne saurait mentir !

D’aucuns vous diront que ça relève plus du caprice que de la nécessité. Et bien toute honte bue, nous assumons.

Certes, quelques purs esprits amish, ascendant mormon, voyagent avec deux tee shirts en coton issus du commerce équitable et un savon de Marseille. Et il ne nous viendrait pas à l’esprit de les critiquer, ni d’ailleurs de les envier. Mais force est de constater que l’expatriation révèle des envies bizarres...

Il s’agit ici du même ressort : en expat, on est loin et même si on a tout, il nous manque le petit truc qui nous fait, au choix, ou saliver ou fantasmer.

Qui n’est pas parti en mission en France avec une liste, longue comme la chevelure de Samson, dressée par des amis ? Une infinité de ces petits riens qui vous font la vie plus douce juste un nano instant quand on est en expat.

Ainsi, au retour, on a la faiblesse de se croire attendue avec une ferveur païenne. On sait pourtant bien que c’est notre précieuse cargaison, lourde d’un passé ici décomposé, qui fait surtout l’objet de tant de convoitises !

Dans le ventre de la valise on enregistre en vrac des commandes :

D’une pharmacopée digne d’un hôpital de campagne

Des granules homéopathiques pour soigner tous les bobos de la terre alors que si on en avait même pas la moitié on serait déjà raide dead ! Tout ça multiplié par X tubes, à croire que les impétrants les servent en apéro ! Et bien sûr, le dentifrice qui va avec... Et on ne vous parle pas des basiques genre Biafine, Paracétamol, autant de médecines qui ont forcément le goût de la petite madeleine de Proust.

Des crèmes de toutes les textures, couleurs, et odeurs pour enduire au minimum 400 km de peau.

Du colorant pour « blondes » parce qu’en Asie c’est juste mission impossible. Or, sachant que les cheveux poussent d’un centimètre par mois, on n’a pas trop envie de ressembler à Cruella. Pas plus qu’à un bonze au crâne rasé, autre alternative !

Des tétines parce que rien n’est moins universel que les tétines, qui l’eut cru !

De la culture en conserve

Des bouquins improbables repérés sur les charts (liste des tops 10) histoire de ne pas laisser le cortex en jachère.

Des ouvrages à forte valeur philosophique ajoutée : Paris Match, Elle, Gala, Biba.... autant de titres fortement engagés.

On ne crache pas non plus, sur les gratuits des compagnies aériennes : Le Monde, Les Echos... C’est aussi notre éco participation pour lutter contre la déforestation.

Du lourd comme les DVD de Camping, les Ch’tis nos Bunuel et Romher version 2018. Rien que du grand cinéma, c’est vrai ! C’est pas notre genre de pirater, bon même si quelques fois nos doigts ripent malencontreusement sur le clavier...

Des CD des grands maîtres : Orelsan, Marc Lavoine, Louane... C’est notre côté diffuseur d’ambiance et de culture française...

Et si jamais il reste un nano espace, des copies rayures Seyes, un truc de malade de l’éducation nationale française !

Du ravitaillement de première nécessité

Du chocolat à cuire. Même Madame Savon de Marseille en veut, on a le triomphe modeste...

Du thé qui a un goût de thé qu’on connaît je veux dire. Les inpats en Inde et en Grande Bretagne se reconnaîtront...

Des petits gâteaux, des bonbons Haribo, parce que malgré notre récente cure de rehab aux fraises Tagada, on a rechuté, pas fière...

Du fromage qui pue et du saucisson parce que même sous 40° on en a les papilles au bord de l’extase.

Des boissons du Bordelais qui font rire.

Du gros sel en moulin et de la moutarde de Dijon.

Et, et, et, et...

Si on s’écoutait, on passerait presque le brevet de pilote d’avion cargo pour transporter jusqu’à la dernière case cochée de notre liste. La faute aux alakalufes pré-cités, qui ont mis le ver dans le fruit dans des temps immémoriaux.

Enfin je dis, moi, aux grincheux de tous poils qui s’offusqueraient de tant de frivolités que, non, cela ne nous empêche pas de participer à l’économie locale. D’ailleurs rien ne nous a jamais empêché de participer au commerce, c’est même bien notre problème. Non c’est vrai, y en a marre de ces houellebequiennes ascendant Calimero qui nous font la leçon alors que nous voulons seulement un peu de douceur dans ce monde de brutes !

A votre tour de nous dire quels sont les « indispensables » que vous mettez dans vos malles et pour quelle destination

Voilà qui permettra aux uns et autres, à leur tour, d’offrir la denrée de tous les fantasmes dans telle ou telle contrée. Même si ça paraît décalé, recevoir un pot de vrai cornichons ou un calendos en lieu et place d’un sempiternel bouquet de fleur par un de vos convives, tout de suite on le stocke (le convive) dans la catégorie des amis possibles !

Et merci à celles qui ont déjà répondu !

L'équipe de FemmExpat

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