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Les billets d'humeur Ma vie en expatriation

Les odeurs de l’expatriation


Les odeurs de l'expatriationLe cerveau peut identifier des milliers d’odeurs différentes. Mais chaque individu ne perçoit pas de la même façon les odeurs. Les odeurs en expatriation peuvent nous apparaître agréables, d’autres désagréables. Certaines nous sont familières, et d’autres  parfaitement inconnues.

Un  voyageur va expérimenter des odeurs qui seront passagères. Mais pour un expatrié qui va faire d’un pays son quotidien, ces odeurs deviendront familières.  Elles vont s’inscrire dans le cerveau, déclenchant par la suite des émotions : « Tiens ça me rappelle le Maroc, cette odeur d’épices ». Et une flopée de souvenirs va remonter. Car l'odorat est le sens le plus efficace pour se remémorer des souvenirs, provoquer un sentiment de bien-être ou de nostalgie, et avoir une répercussion sur notre état d’esprit !

Le choc culturel olfactif

En débarquant dans un nouveau pays, on est frappé par les odeurs inédites. Certaines que l’on trouve délicieuses, d’autres qui nous révulsent totalement. Ainsi, suivant notre état d’esprit, nous allons les accepter ou les rejeter.  Vous  remarquerez que suivant les pays, certaines odeurs prédominent. Dans  les pays chauds, c’est l’odeur ambiante, le taux d’humidité, et concrètement les odeurs de l’alimentation et donc du  marché qui nous frappent en premier : les épices, les fruits, le poisson ou viande, les fleurs, etc.  Puis, à l’usage, on s’habitue. On finit même par aimer. Une anecdote : « Ayant vécu en Afrique je m’étais habituée et j’aimais ces odeurs fortes et poivrées du marché local. Retour en France, puis départ en Thaïlande. Dès le début je suis allée au marché du coin attirée par  des odeurs fortes mais connues. Je me sentais dans ma zone de confort. Cela m’a aidé à prendre pied dans la ville. »

Aux États-Unis, qui n’a pas été frappé par l’odeur du hamburger ou du barbecue ? A Amsterdam, l’odeur de la gaufre sucrée. A Londres, celle du fish and chips, le mouton en Nouvelle-Zélande, le tacos au Mexique, odeurs de soja et de plats mijotés dans les rue de Bangkok…

Et ce n’est pas nouveau ! Déjà Charles Baudelaire, parti pour Bruxelles, parlait des odeurs :

« On dit que chaque ville, chaque pays a son odeur. Paris, dit-on, sent ou sentait le chou aigre. Le Cap sent le mouton. [...] La Russie sent le cuir. Lyon sent le charbon. L’Orient, en général sent le musc et la charogne. Bruxelles sent le savon noir. Les chambres d’hôtel sentent le savon noir - avec lequel elles ont été lavées. Les lits sentent le savon noir - ce qui engendre l’insomnie pendant les premiers jours. Les serviettes sentent le savon noir. Les trottoirs sentent le savon noir »

« Il existe une odeur de Londres, subtil parfum complexe et combiné de brouillard, d’asphalte chaud, de cuir de Russie, de pale ale, de pickles, de tabac anglais (mélangé de miel et d’opium), d’étoffe de tweed. » (André Siegfried)

Les odeurs de notre environnement

Dans notre nouveau home, sweet home, les odeurs ne seront pas les mêmes non plus. Odeur de la maison ou de l’appartement, qui rentrent  par les fenêtres. Celle l’air conditionné, du feu de cheminée,  des ingrédients pour la cuisine… Ces nouvelles odeurs vont s’infiltrer dans notre vie la plus personnelle.

Certaines odeurs ont été aussi spécifiquement étudiées pour la population locale. Les lessives, les produits d’entretien, la parfumerie, les produits de beauté, ont fait l’objet d’étude marketing. Ils sont adaptés à population locale, même si la marque nous est connue, l’odeur sera alors différente.

Au début cela peut déstabiliser : on aime ou on n’aime pas. Notre jugement sera souvent lié à notre état d’esprit. On s’habitue à ces odeurs. Elles feront référence à de bons moments ou à des moments plus difficiles. Elles vont donc s’ancrer dans notre cerveau, se liant dans nos souvenirs à des faits précis.

Plus tard, en retrouvant ces odeurs, nous aurons ces souvenirs de notre vie en expatriation qui vont remonter à la surface.

Ces odeurs qui  nous manquent

« En dehors de ma famille et de mes amis les bonnes odeurs me manquent : lavande, pain, chocolat chaud, pluie, croissant, iode, terre, champignon, herbe… »

En passant près de « boulangerie française » de votre ville (si vous avez la chance d’en avoir une), les odeurs feront remonter l’image de la France, de l’enfance, de la famille, avec une pointe de nostalgie. Incroyable pouvoir de l’odorat sur nous-même !

Une odeur de pin, de lavande, d’iode, nous rappellera notre Provence, nos vacances en Bretagne. Et nous serons étonnées de les trouver si loin.

Chaque fois, ces évocations des lieux sont profondément senties. Des lieux reliés à des histoires, des odeurs intimement confondues à un vécu. En d'autres termes, il n'y a pas de lieux odorants, il y a des moments olfactifs attachés à des endroits. Il y a des moments-lieux odorants, des histoires olfactives de lieux, des souvenirs de lieux odorants. Ce qui compte donc, c'est bien le vécu !

N’hésitez pas à poster un commentaire sur les odeurs de votre ville, village, pays, etc. Votre témoignage va enrichir cet article. Ou à nous écrire à editorial@femmexpat.com.

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