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Psycho

J’ai arrêté de chercher la perfection !

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Femme parfaiet qui exploseAvant, je voulais être parfaite.
Mais ça, comme le dit un célèbre slogan publicitaire « c’était avant ».

Je voulais être une mère attentive, une épouse attentionnée et une amie à l’écoute, tout ça en restant authentique.

N’est-ce pas ironique de penser que l’on va rester la même alors qu’on cherche en permanence à être quelqu’un d’autre ?

Le complexe de la femme expatriée.

Ce qui est assez comique quand j’y repense, c’est que ce besoin d’être « La femme parfaite » s’est révélé en expatriation.

Avant je n’étais pas aussi attentive à l’image que je pouvais renvoyer. Cela m’était complètement égal de ne pas bien faire la cuisine ou d’avoir mon panier de linge sale qui débordait et, n’ayant pas d’enfant, le concept de super maman était pour moi plus qu’abstrait.

Et puis un jour j’ai suivi mon mari à l’étranger où j’ai rencontré pleins de femmes qui semblaient, pour la plupart, avoir des dons extraordinaires que je ne possédais pas, bien entendu.

Il faut savoir une chose : lorsqu’on arrête de travailler pour devenir conjointe d’expatrié, on se retrouve avec beaucoup de temps libre et avec parfois, comme moi, une énorme culpabilité face à des journées que l’on ne sait pas comment remplir.

C’est à ce moment-là que j’ai attrapé le « syndrome de la femme parfaite » et que ma vie est devenue parfaitement ennuyeuse (cela se termine bien, je vous rassure).

J’ai fait des enfants pour commencer, mais cela n’a pas été suffisant pour me sentir plus légitime dans mon rôle. J’avais beau avoir des journées bien remplies, il fallait que je donne l’image de celle qui était capable de mener de front (et avec le sourire bien sûr) tous les rôles de ma vie.

La femme parfaite, cette comédienne née.

Quand j’y repense, le mot « rôle » est tout à fait approprié : j’étais un peu comme une actrice qui changeait de masque selon l’humeur et la personne à qui elle s’adressait.
Cela avait beau sonner faux, cette musique là je ne l’entendais pas du tout, trop occupée que j’étais à soigner les apparences.

Je me disais que si je ne réussissais pas à endosser tous ces rôles, c’est que je ne faisais pas ce qu’il fallait. Je pensais que je devais travailler plus dur encore pour pouvoir atteindre cet idéal stupide, qui ne me rendait même pas heureuse au final.

J’insiste sur le mot « travailler » car la recherche de perfection n’est pas un acte anodin, que l’on accomplit de manière spontanée.

Tous les êtres humains sont faits pour se tromper, tomber, échouer, douter. Sinon, comment apprendrions-nous à marcher ou à ne pas reproduire deux fois la même erreur ? Quelle leçon tirerions-nous de nos expériences passées ?

Je crois sincèrement que nous, les femmes, sommes destinées à être imparfaites mais que nous ne pouvons parfois pas nous empêcher d’aller à l’encontre de ce qui est naturel.

Est-ce parce que l’on recherche un idéal que nous décrivent certains magazines féminins ?

Ou parce que notre vie nous sommes tellement dénuée de sens que l’on s’imagine qu’elle sera plus savoureuse le jour où nous aurons atteint la perfection ?

Peut-être est-ce tout simplement parce que la société nous dit qu’il faut être comme « ça » pour être dans la norme, pour « rentrer dans le moule » comme on dit.

Le fait est que vouloir être parfaite, c’est un peu comme chercher où commence un arc-en-ciel : vous aurez beau faire tout ce que vous pouvez pour vous en approcher, vous n’en verrez en fait jamais le bout.

Vouloir être parfaite, c’est s’éloigner de celle que l’on est vraiment.

Le problème quand on se lance dans une quête désespérée telle que celle-ci, c’est que l’on finit par ne plus écouter ses désirs malgré cette petite voix intérieure qui nous souffle que l’on passe peut-être à côté de quelque chose…

Or l’inconnu fait peur, c’est bien connu. On peut donc aisément imaginer la réaction de toute personne face à ce « quelque chose » qu’elle ne connaît pas : elle préfère bien souvent prendre ses jambes à son cou que de s’aventurer de ce côté là…

Il semblerait qu’avancer vers la perfection - ou en tous cas vers l’image que l’on s’en fait – a quelque chose de rassurant.

Mais ne court-on pas le risque de s’éloigner de celle que l’on est vraiment si on fait taire cette petite voix à l’intérieur de nous et si on tente de refouler nos désirs profonds ?

J’ai tenté de la bâillonner pendant cette période de ma vie, et tout ce que j’ai réussi à faire c’est de creuser un vide en moi que rien ne pouvait combler.

Le pire dans tout cela, c’est que je ressentais une culpabilité énorme qui m’obligeait à refouler mes émotions, de peur de ce qui pourrait se passer si je laissais tout exploser.

Or le problème c’est que même si je faisais de mon mieux pour regarder ailleurs, ce trou béant que je ressentais à l’intérieur de moi était toujours là, lui.

La perfection est ennuyeuse.

J’avais beau savoir que j’avais tout pour être heureuse (un mari aimant, de beaux enfants, de magnifiques endroits à découvrir autour de chez moi), je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir en permanence la sensation étrange qu’il manquait quelque chose à ma vie.
 
J’étais incapable de mettre des mots dessus. Tout ce que je savais, c’est que je ressentais un profond mal-être, un gouffre en moi que je ne comprenais pas.

Un jour, il m’est arrivé un sale truc. Le genre d’évènement qui vous secoue en profondeur et vous oblige à revoir tous vos principes.

J’étais loin de chez moi, loin de ma famille et de mes amis, loin de qui j’étais vraiment.

Et à ce moment-là, la perfection ne m’a été d’aucune aide.

Je n’ai pas été parfaite dans la manière de gérer mes émotions. Je ne l’ai pas été non plus lorsque j’ai eu besoin de m’isoler et que j’ai remis en question tout ce pour quoi je vivais.

Est-ce que j’avais vraiment envie de courir derrière l’inaccessible et de continuer à faire semblant de croire que mes désirs profonds n’étaient pas importants ?

Est-ce que j’avais vraiment envie que les autres autour de moi m’apprécient pour ce que je n’étais pas ?

Cet événement a été un véritable raz-de-marée d’émotions, de pensées, de doutes mais je n’oublierais jamais à quel point il a été bénéfique pour la suite.

L’intuition, cette amie fidèle.

Ma première grande décision a été de ralentir le rythme, de ne plus courir dans tous les sens et de lâcher prise sur ce qui n’était pas essentiel.

J’ai essayé d’être plus à l’écoute de ce que je voulais, et de ce que je ne voulais plus aussi.

Je ne voulais plus me sentir obligée de faire des choses qui ne m’apportaient aucun plaisir… de voir des personnes qui polluaient mon bien-être par leur attitude négative… ou de refouler mes émotions parce que cela « ne se faisait pas » d’exprimer ce que l’on ressent en société.

A ma grande surprise, la terre ne s’est pas arrêtée de tourner et les personnes autour de moi ne m’en ont pas voulu d’être imparfaite.

Au contraire, j’ai même l’impression que nos rapports ont changé ce jour-là et sont devenus plus sincères, plus forts, plus authentiques.

Aujourd’hui, je suis juste moi-même. J’ai accepté le fait que je n’étais pas parfaite et que mon imperfection était une force sur laquelle je pouvais m’appuyer pour aller là où la vie me mène.

Il m’aura fallu du temps, mais j’ai fini par comprendre que mon intuition - vous savez la fameuse petite voix - n’était pas mon ennemie mais mon alliée, ma guide, et que je ne devais plus jamais chercher à la faire taire.
 
Car au final, cela n’avait aucune importance que ma vie ne soit pas parfaite.

La mienne est remplie de rires d’enfants, de disputes qui se terminent bien, de doutes qui me permettent d’avancer, de chutes qui me fortifient et de beaucoup de confiance en l’avenir.

En fait, elle me rend juste heureuse et c’est très bien comme cela.

Par Julia Mouftiez

Julijulia-mouftieza Mouftiez est Sophro-coach & Relaxologue. Elle aide les femmes en quête de sens à trouver le projet qui les fait vibrer et à se sentir alignées avec elles-mêmes.

Pour en savoir plus, visitez son site : www.sens-okare.com.

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