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Les billets d'humeur Vie sociale

Ohé, y’a quelqu’un ? Arriver en expatriation en août et il n’y a personne…


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Quand on arrive en plein mois d'août en expatriation, on peut vite se sentir seul. Ohé, y'a quelqu'un ? Tous les expats sont partis. Conseils d'Alix Carnot.

Après des mois de tergiversations, d'attente de visas, de décisions interrompues... Partir en 2021, comme en 2020, a un goût d'aventure. Même si nous sommes des expatriées chevronnées, même si nous avons l'habitude des départs, cette année encore, nous savons que nous partons pour de longs mois, mais pourra-t-on revenir ? C'est donc un peu chamboulées que nous arrivons en expat...

L’urgence : retrouver du monde pour sentir un peu de chaleur humaine

Nous restons sur nos souvenirs d’expatriations antérieures. Ce qui en fait le sel, c’est l’amitié, la solidarité, la fusion même parfois, avec les amis expats. Encore dans le brouillard des au-revoirs, nous rêvons de retrouver rapidement un cocon accueillant et réconfortant.

Expatriés bien rodés, nous avons collecté une liste de contacts avant de partir. Nous avons même échangé avec eux sur Zoom et Messenger. Ils nous ont donné plein de tuyaux, ils ont l’air sympa, nous avons hâte de les rencontrer.

Hélas, quand on arrive, tout le monde est parti !

Arriver en août, c’est bien pour permettre à tout le monde de prendre ses marques avant la rentrée scolaire. Mais attention, c’est aussi le moment où les expats ont fui…

Expatriés informés, nous appelons l’Accueil francophone. Malheureusement, il restera fermé jusqu’à mi-septembre. Logique ! Le café de rentrée se tiendra qu'au retour des expats. Bon, il faudra tenir jusque-là.

J’attaque donc avec candeur la liste des contacts.

Les Dupont sont repartis en France, les van Beneden en Belgique, les Sanchez en Espagne. Evidemment !

Les Toni visitent le sud du pays, les Smith le nord. Les Schmidt, eux, explorent une île déserte. Ce nouveau pays semble génial, mais nous, nous restons seuls.

Les Martin sont bien là, mais, pas de chance, ils craignent le Covid et ne sortent pas...

Alors deux stratégies sont possibles

La première : nous nous montrons philosophes

Un mois sera vite passé. Profitons-en pour nous installer, découvrir la ville vide et confinée, choyer notre bulle familiale. En attendant les grands retours fin août.

Cette solution semble simple et raisonnable. Cependant, elle ne peut pas nous suffire. Nous sommes trop sociables pour cela. Avec l’arrivée, je suis plus fragile que d’habitude, mon besoin de contacts se renforce !

Et nous avons besoin d’aide pour comprendre le pays et nous installer. Surtout en ce moment où tout est plus compliqué.

Deuxième proposition : profitons-en pour rencontrer des locaux

Voilà encore une bonne idée. Evidemment, que c’est bien sûr ! Mais en réalité, elle s’avère plus compliquée que prévu. Beaucoup de locaux aussi ont rejoint leurs quartiers d’été. Et les lieux de rencontre – clubs de sport, écoles, activités diverses – ont fermé leurs portes.

Notre meilleur ami devient le boulanger du coin avec qui j’échange vaillamment deux phrases par jour. La petite épicière du coin de la rue avec laquelle nous communiquons par sourires va être mon unique confidente.

Petite lumière, une famille au parc a parlé avec nous pendant trois minutes aujourd’hui, demain, nous les invitons à goûter. Si nous les recroisons…

Au secours, le cafard guette !

Troisième stratégie : connexion ombilicale par les réseaux sociaux

Alors, je me réfugie sur Whatsapp, Facebook et autres Messengers. Et très vite, je me rends compte que le remède se révèle pire que le mal.

Ces connexions avec ce qui fut ma base mais qui devient « là-bas » ravivent ma nostalgie et m’empêchent de prendre racine. Et surtout, elles renforcent mon sentiment de solitude.

Personne « là-bas » ne comprend ce que je traverse. En plus, les enfants se plaignent que je passe mon temps sur mon téléphone. Du « nous », je suis passée au « je ».

Le cordon avec ma base arrière doit rester un moment privilégié, pas une fuite en mode régression.

Alors, que faisons-nous ?

Quatrième solution : le dos rond

Bon, déjà, à faire toutes ces expériences, deux semaines ont passé.

Nous retrouvons nos bons réflexes.

D’abord oser dire ce dont nous avons besoin.

Un petit message aux Schmidt, aux Martin etc., pour leur dire que nous nous réjouissons de les savoir en vacances. En ajoutant que nos enfants seraient très contents de rencontrer de futurs amis (et nous aussi) et en leur demandant s’ils ont des idées de familles qui sont restées.

J’ose même un message dans le groupe Facebook FemmExpat, et miracle, je repère ainsi deux familles.

Ensuite, nous retrouvons nos marques entre nous.

Après trois mois de confinement, nous avions pris l’habitude de fonctionner en vase clos et cela n’a rien de désagréable. Avec les vacances, nous en avions juste perdu l’habitude.

Enfin, nous restons ouverts aux rencontres locales.

Pour l’instant, ce ne sont que des contacts superficiels, mais à force de se répéter, ils se transformeront peut-être en quelque chose de plus profond.

Nous avions oublié combien l’expérience de la solitude est constitutive des débuts d’expatriation. C’est notre opération détox avant une vie sociale qui va certainement s’intensifier jusqu’à redevenir effrénée.

Ça y est, ça me revient, savoir recréer un réseau social à partir de rien à chaque mutation, voilà une des compétences clés des expatriés aguerris non ? Et quand on y arrive en août, c’est qu’on a la ceinture noire !

CaRNOT-Alix

Alix Carnot

Passionnée par la question du couple expatrié et celle de la carrière des conjoints. Alix a été expatriée dans 4 pays avec sa famille. Après une carrière en management et people development elle est directrice associée d'Expat Communication  et créatrice du Job Booster Cocoon. Elle est également l'auteur de Chéri(e) on s'expatrie, guide de survie à l'usage des couples aventuriés.

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