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Les billets d'humeur

Chroniques d’un retour, épisode 4 : enfin, on passe à l’action !


Ou « comment Violette essaie de planifier l’action sans tomber dans le découragement face à l’ampleur de la tâche ».Flo Malo Chroniques 4-1

C’est bien joli ces allégories sur la vie en France qu’on s’efforce de faire rentrer depuis quelques semaines dans nos têtes et celles de notre progéniture. « Oh les enfants, vous réalisez que bientôt on n’aura plus besoin de courir tout Milan pour dénicher de médiocres croissants surgelés pour les petits-déjeuners du week-end ? A Paris, il y aura de succulents croissants FRANÇAIS tout frais à TOUS les coins de rues !  Suivi en chœur de : « Oh !.... Ah !.... Oui maman tu as raison, Paris ça va être top, top, top !.... ». (J’exagère à peine).Résumé de l’épisode précédent: Violette et Albert s’en sont finalement à peu près bien sortis avec leurs enfants qui, « pas très joices » au départ, il faut le dire, ont très vite rebondi sur le fait qu’aller vivre à Paris, c’est un chouette nouveau projet. Ouf, la case est cochée. Enfin, celle-là au moins…

Maintenant, moi Violette, reine de la logistique, de la planification et de l’organisation de cette famille, je vais devoir me retrousser les manches et enfin passer à l’action. Alors... Voyons... Par où commencer ? Hum. La tâche est de taille. Je ne sais pas pourquoi, mais je pressens méchamment qu’aller nous installer dans notre pays d’origine s’avère beaucoup, mais beaucoup plus ardu que d’aller nous établir au centre du Mexique ou au Sud des États-Unis. D’où me vient cette intuition…

 

Allons-y par thèmes : « Logement. Écoles. Administration », le triangle d’or de toute installation.

 

Ces 17 dernières années, nous étions sponsorisés par nos entreprises, voire même carrément propriétaires (à Barcelone, une folie de jeunesse…). Là, c’est différent. On va redevenir locataires purs et durs. Hum. Si j’ai bon souvenir (ou plutôt mauvais, en l’occurrence), notre dernier propriétaire à Paris en 1999 nous avait exigé une caution parentale et en plus on avait fini par lui faire un procès car ce truand avait refusé de nous rendre le dépôt de garantie (gagné, le procès, mais quand même, ça donne le ton). Vous croyez qu’à 42 ans on va encore nous demander une caution parentale ??! Et puis, comment faire pour « sauter » sur la bonne occas’ en brandissant son dossier à l’agent immobilier entre deux portes, tout en repoussant vigoureusement les autres candidats (la « lucha libre » mexicaine m’aura bien préparée, pour le coup) pour remporter l’appart parfait, quand on vit à 1000 km ??? Je ne vais tout de même pas sauter dans un Easyjet tous les 4 matins à chaque nouvelle alerte de seloger.com ?! Pffff… Le stress monte gravement rien qu’en vous l’écrivant.

Crise du logement

En 1999 à Paris, on était fraîchement mariés, sans enfant. On ignorait même l’existence du concept de « périmètre scolaire», c’est vous dire ! Puis, envolés vers d’autres cieux, on a progressivement vu arriver un, puis deux, puis trois, puis quatre petits loulous, aisément inscrits dans les crèches de nos pays d’accueil successifs (pays qui, étrangement, ne manquaient jamais de places en crèches, ce n’était même pas un sujet !). Enfin, une fois élevés à la sauce locale et imprégnés de l’accent du pays, nos petits Frenchies rejoignaient paisiblement le Lycée Français avant le CP, au moyen d’un simple remplissage de formulaire à une page. C’était simple : une ville = 1 lycée, au moins, pas besoin de réfléchir. Je pressens que la tâche va être autrement difficile cette fois-ci pour mes ados… Je me suis un peu renseignée : Paris est divisé en 4 zones pour les lycées publics, pour 20 arrondissements ! Du coup, mon cher fiston peut se retrouver loin, très loin de notre futur logement (qu’on aura trouvé, j’espère, au final). En fait il paraît que ça dépend des bulletins, et que cette nouvelle règle « vise à supprimer l’élitisme »… Alors là, vraiment, je reste sans voix. Quant aux fameuses écoles privées parisiennes, si j’ai bien compris, c’est le bagne pour ces pôôôvres enfants. Et pour y rentrer,  pffff… un vrai cauchemar avec examens à la loupe des bulletins, lettres de motivation alambiquées, entretiens terrifiants, et tout le tintouin… mais ça va un peu, quand même ! À l’étranger, tout le monde est pris, et ce n’est pas la fin du monde !

Jungle administrative

C’est vrai, on a pas mal râlé au cours de nos années d’expat, avec une pointe de mauvaise foi je veux bien le reconnaître maintenant, sur l’impossibilité de bénéficier de tas d’avantages gaulois : les 35H, les RTT, les allocations chômage, la sécu, les médicaments remboursés, les déductions fiscales, la carte de famille nombreuse, les allocations familiales, le fameux quotient familial, etc., etc. Du coup, maintenant, si on veut en bénéficier, il va falloir s’armer de patience. J’ai déniché deux portails sur internet* qui sont censés nous simplifier la tâche à nous, expatriés sur le retour, en ce qui concerne les démarches à effectuer. Ils ont le mérite d’exister, belles initiatives. Mais… je me demande si ce n’est pas un peu contre-productif pour mon moral : la check-list des diverses affiliations, remplissages de formulaires et autres demandes de cartes vitales (ça sert à quoi au fait ?!) est siiiii looooongue, que j’aurais peut-être préféré ne pas savoir…

Certains soirs, je vous assure, j’enlève mon déguisement de wonder-woman et je prends des petits extraits de plantes pour me soutirer au moins quelques heures de sommeil…  Avant de retourner au bureau le lendemain matin et tenter de jongler entre « vrai boulot » (i.e. celui pour lequel je suis rémunérée) et « boulot bénévole officieux » (i.e. tenter de démêler tout ce m…… décrit ci-dessus).

Allez, positivons… foi de Violette…. ces innombrables et obscures démarches, au moins, je me console en me disant que je vais avoir l’immense avantage de les effectuer dans ma langue maternelle ! Finis les « hem, sorry, what do you mean exactly by I must first hand a credit history record ? » de quoi il me parle celui-là, je veux juste ouvrir un compte courant ! Ou bien « pardon, euh, scusi, ma cos’è questo foutu Codice Fiscale che tutti ils me demandent partout ? ». J’ai juste besoin d’ouvrir une ligne de téléphone !!! Promis, la prochaine fois, je reviens avec de bonnes nouvelles. Je vous raconterai mon voyage d’exploration de 3 jours à Paris. Je le sens bien, j’y crois, j’ai la wiiiiiiiin !

A suivre…

 


http://retour.apps.simplicite.io
: site officiel géré par le Secrétariat Général pour la Modernisation de l’Action Publique – évite de perdre du temps dans les méandres du quoi faire quand où et pourquoi ?* lesdits sites (très utiles, blague à part, je vous assure):

  • retourenfrance.fr – site communautaire fondé par Anne-Laure Fréant, une mine d’informations détaillées.
  • et femmexpat.com bien sûr, mais là vous connaissez déjà non ?

 


Les 3 premiers épisodes :
Prochain épisode : Exploration parisienne ou « ni d’ici, ni d’ailleurs… »

Une bombe au milieu de la cuisine, épisode 1

Le 2ème effet Kiss Cool, épisode 2 

L'annonce aux enfants, épisode 3


Les aventures en live de Violette, expatriée au long cours, maman de quatre enfants et career-woman s’adaptant aux contextes changeants qui apprend subitement par son cher époux Albert qu’ils vont devoir rentrer vivre à Paris après de nombreuses années de vadrouille à travers le monde. Ces chroniques relatent les sentiments, les espoirs et les craintes de Violette tout en décrivant sous formes d’anecdotes les étapes qui ponctuent ce retour d’expatriation pas annoncé et enfin comment Violette surmonte ces changements pas forcément choisis au départ.
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Toute ressemblance avec des personnes ayant vraiment existé serait purement probable...


flo_malaud
Florence Malaud vit à Milan, Italie, depuis 2 ans et demi après avoir quitté Paris à la fin du XXème siècle avec son mari et vécu aux USA, en Espagne, et au Mexique. Tour à tour jeune cadre expatriée dans un grand groupe suivie par son mari, puis auto-entrepreneur - suivant son mari cette fois - elle est aujourd’hui dirigeante dans une start-up et Coach certifiée HEC. Quatre joyeux enfants sont nés au cours de cette Odyssée.

 

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Caroline IstanbulIllustration par Caroline Gaujour, illustratrice/graphiste expatriée à Istanbul http://www.dessinsdexpat.com/ dessinsdexpat@gmail.com. Lire son portrait sur FemmExpat.com. Soutenir la parution de sa BD.

 

 

 

 

Le choc du retour à l’école en FranceFemmExpat vous conseille de lire :

La tribune de Corinne : Se faire accompagner au retour en France – mesurez-vous combien c’est important ?

Les 10 étapes du retour : et vous, vous en êtes-où ?


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