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Le mal du pays en expatriation : nostalgie quand tu nous tiens


Le mal du pays en expatriation : nostalgie quand tu nous tiensUn problème important de l’expatriation est le mal du pays. On appelle en anglais ce mal du pays « homesickness », ce qui traduit l’idée de la maladie du manque de chez-soi. Les pensées se cristallisent dans le passé au détriment d’un présent sous-investi. Il s’agit d’une nostalgie pour le pays d’origine, pour la culture et pour tout un pan d’une familiarité perdue. Avec une certaine dose d’idéalisation du passé, les événements y sont transformés et parfois même embellis. On parle alors du « bon vieux temps ».

La nostalgie n’est pas le témoin du vrai, mais celui d’une émotion qui fait du bien. Comme la madeleine de Proust, une odeur, un goût ou un parfum renvoient à des sensations agréables venues d’avant. Des « petits riens » peuvent porter une forte charge émotionnelle et réveiller de nombreux souvenirs de l’enfance représentant tout un pan identitaire. Ce que l’individu retrouve dans son passé, ce sont des repères, une sorte de cartographie de son parcours de vie qui l’emmène jusqu’à ce présent à trous où se sont immiscés des doutes, des manques, de l’inconnu et des incertitudes.

 

Les périodes nostalgiques peuvent apparaître de façon encore plus accrues à certaines périodes sensibles.

Que ce soit lors de fêtes traditionnelles ou bien lors d’événements familiaux, la nostalgie agit alors comme un déclencheur de regrets des temps passés, des lieux disparus, et des proches éloignés. Le mal du pays poussé à son excès se traduit aussi par des problèmes émotionnels comme des ruminations mentales, un manque d’entrain et de motivation ou bien un isolement social. Le repli nostalgique peut atteindre un stade plus préoccupant lorsqu’il devient excessif ou lorsqu’il s’installe dans la durée. Pour certains psychologues, la difficulté de s’implanter dans un nouveau pays peut provenir de conflits de l’enfance. En effet, si l’enfant n’a pas établi dès son plus jeune âge un lien rassurant avec sa mère, il ne peut pas développer un sentiment de sécurité intérieure solide. Toute séparation future devient alors anxiogène, ravivant une angoisse d’abandon et une menace pour l’identité tout entière. Partir s’installer à l’étranger devient un événement traumatisant majeur qui peut mettre l’individu en danger.

 

Pourtant parler de son chagrin provenant du mal du pays est quelque chose de tabou de nos jours.

Cela peut être perçu comme un signe de fragilité émotionnelle, d’immaturité ou même un manque d’ambition. Dès lors, nombreux sont ceux qui souffrent en silence. Au repli social, à la solitude, à l’absence et au manque se rajoutent ainsi la culpabilité et la honte. Mettre en place des stratégies pour lutter contre le mal de pays excessif est alors indispensable.

 

  • L’une des premières conduites que l’expatrié doit effectuer, c’est de réaliser un travail de renoncement de la vie d’avant.

Même temporaire, pour mieux accueillir la nouveauté. Il s’agit de se tourner vers le présent et le futur au lieu de s’enfermer dans les regrets du passé. Avoir un objectif et des projets motive et donne un but.

 

  • La deuxième chose à faire est de se bâtir une « maison de migrant ».

Un chez-soi porteur des traces réconfortantes de ses différents lieus de vie. La présence d’objets souvenirs emblématiques provenant de l’autre pays, de l’autre maison, de sa famille et de sa vie d’avant permet de créer une continuité entre là-bas et ici, hier et aujourd’hui. Il ne s’agit pas de nier sa nostalgie mais lui accorder une place plus affective.

 

  • Une autre démarche bénéfique pour réduire la souffrance nostalgique est de maintenir des relations régulières et non excessives avec ses proches restés au pays.

Grâce aux nouvelles technologies le contact peut se faire par courrier électronique, téléphone ou même réseaux sociaux, particulièrement lors des moments où le manque se fait davantage sentir.

 

  • Pour finir, une dernière option est de maintenir dans son pays d’accueil certaines traditions et coutumes provenant de son pays d’origine.

Cela permet de transmettre à ses enfants un héritage culturel et de partager avec ses amis locaux une part de soi. En assumant ce qui participe à notre identité on crée aussi des ponts avec cette nouvelle culture qui nous enrichie et nous fait évoluer.

Le mal du pays est normal et naturel. C’est une réaction logique au manque qui évoque aussi nos racines et nos bagages. Mais comme lors de tout déplacement, il faut veiller aux limitations de bagages et ne pas s’enfermer dans un trop plein passéiste qui nous empêche d’accueillir la nouveauté et freine notre cheminement vers un enrichissement de soi.

 

Magdalena-Chaland-ZilvetiPar Magdalena Zilveti Chaland

Magdalena est psychologue-coach, experte en gestion des émotions auprès des francophones résidant à l’étranger.  Elle est installée en Californie depuis plus de 10 ans.

Elle est l’auteur d’un livre sur les dessous psychologiques de l’expatriation « S’épanouir à l’étranger » aux éditions Eyrolles (sortie prévue en septembre 2015).
www.intelligence-nomade.com

 

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