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Bombay/Mumbai Inde

LA VIE A BOMBAY AU FEMININ


BOMBAY

Pour les femmes  les situations sont très diverses selon qu'elle travaille ou pas. C'est  du côté de celles qui ne travaillent pas que le quotidien est le plus difficile.

Les expatriées qui travaillent
Fait étonnant, de nombreuses jeunes femmes sont venues s’installer à Bombay, seules, pour travailler : stagiaires et VIE, mais aussi employées en contrat local et quelques expatriées d’entreprises étrangères, qui tentent leur chance dans une ville au quotidien difficile.

La vie est alors celle d’une grande capitale, avec les inconvénients réels qu’on lui connaît : gérer les nombreux problèmes administratifs et immobiliers, subir les embouteillages monstres et le bruit. Mais on y profite aussi d’une aide à domicile à bas coût, et de l’avantage que représente le fait de pouvoir se nourrir, s’habiller, sortir et voyager sans se ruiner.

Finalement, ces femmes vivent peu ou prou le même quotidien que les expatriés venus seuls ou en famille : journées au bureau, trajets pour y aller et en revenir, loisirs le week-end et le soir.

Tout change en revanche quand on ne travaille pas...

Les expatriées qui ne travaillent pas
Un quotidien invasif
Le quotidien de ces expatriées, qui ont suivi leur conjoint et ne travaillent pas par choix ou du fait des tracas administratifs liés aux visas de travail, se distingue très nettement de celui de leur conjoint. Il paraît souvent drôle et anodin aux gens qui ne vivent pas en Inde, mais cette réalité quotidienne change rapidement le sourire indulgent en grimace exaspérée, voire devient un calvaire, notamment les six premiers mois que dure l’installation (oui, il faut six mois pour s’installer à Bombay !).

  • Un premier élément : les embouteillages.
    Pour conduire et aller chercher les enfants à l’école, faire les courses, retrouver des amis, se rendre à des cours ou à des conférences, il faut affronter des heures d’embouteillages et les klaxons qui vont avec. Progressivement, certaines ont l’impression de passer leur vie dans la voiture et le coût psychologique s’avère très lourd.
  • L’attente s’ajoute à cela :
    Chez soi notamment, et malgré des rendez-vous très précis, on ne compte plus les heures passées à espérer voir enfin arriver tel artisan-réparateur, tel livreur, mais aussi les aides domestiques en retard.
    Le quotidien se remplit alors d’énervements, de changements à la dernière minute, d’incertitude sur ce qui sera réparé/livré/effectué ou non.
  • La barrière de la langue 
    implique de plus de gérer toutes les instructions mal comprises et mal indiquées, les commandes à prendre et à renvoyer, et toutes les explications qui vont de pair. L’accent indien en anglais n’est pas aisé à comprendre, et peu d’expatriées parlent suffisamment l’hindi (et encore moins le marathi) pour dialoguer couramment.
  • La gestion de la maison
    La gestion administrative de la maisonnée implique une réelle organisation : aller faire la queue pour payer les factures, s’occuper des salaires des aides domestiques, souvent aussi se mettre martel en tête pour accorder ou non une avance à la nounou ou au chauffeur qui affronte des problèmes personnels, trouver une maid plus ponctuelle etc.
    Déléguer les tâches ménagères, c’est se simplifier et se compliquer la vie... Ajoutez à cela les très nombreuses pannes, problèmes de nuisibles, travaux en journée, et vous imaginerez facilement que l’on puisse en avoir assez !
  • Le ravitaillement 
    est aussi une question assez complexe à Bombay, tant il existe peu de supermarchés vendant tout : le plus souvent, vous ne pourrez acheter les produits carnés au même endroit que vos légumes et fruits. Il s’agira alors de trouver les bonnes adresses, dans une ville où les numéros d’immeubles et les noms de rues sont pour le moins fantasques, d’aller de l’épicerie d’à côté au supermarché, à la « boulangerie » et au magasin de viande puis à celui d’œufs qui tous se trouvent dans des quartiers différents. Et compter avec les embouteillages et les stocks tout à coup épuisés...

 

... trouvent quand même le temps de faire autre chose
Nombreuses sont alors les expatriées à compenser ce quotidien parfois harassant en profitant d’un club, alliant sport et sociabilité, bien souvent au milieu d’autres expatriées. A Bombay, cela permet de bénéficier d’un calme relatif et d’installations fonctionnelles, ouvertes très tôt le matin et tard en soirée. Rencontrer des amies, échanger fait du bien ; toutefois, cet environnement « fermé » à tout points de vue peut s’avérer lui-même oppressant.

Certaines expatriées donnent donc de leur temps et de leur énergie à des associations et des ONG, dans les domaines de l’enfance, des femmes ou de l’environnement par exemple, dans une ville qui a besoin de toutes les bonnes volontés.
D’autres tâchent de se former (cours de langue) et de profiter de l’offre culturelle de la ville : si elle est loin d’être équivalente à celle d’autres capitales asiatiques et surtout occidentales, il y a tout de même de quoi remplir ses journées en matière de conférences, visites, expositions, ateliers...
Toutefois, il faudra être dynamique et volontaire pour ce faire, chercher les informations et faire jouer les réseaux.

Et les voyages ? 
Bombay dessert très bien tous les centres d’intérêt de l’Inde, et pour celles qui n’ont pas d’enfants notamment c’est l’occasion, entre amies ou avec la famille en visite, de partir découvrir un pays recelant des lieux étonnants. Mais il n’est pas non plus nécessaire d’aller à des centaines de kilomètres : Bombay elle-même cache des trésors qu’il est très facile d’aller visiter de temps en temps, pour alléger son quotidien.

S’épanouir à Bombay quand on ne travaille pas demande une certaine énergie, tant la gestion du quotidien demande d’organisation, de ressources et de patience. Cette ville vécue au féminin implique de se laisser porter par les horaires, les lieux, les « habitudes », car à vouloir lui imposer sa propre manière de fonctionner, on finit par détester Bombay et regretter cette vie d’expatriée. Ce qui est bien dommage !

Julie Van Rechem

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© ExpatCommunication


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