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Sage-femme en Arabie Saoudite


 

Salam Alikum de Mariso, sage-femme en Arabie Saoudite où elle a suivi son habibi de mari. Elle a appris un chouia d’arabe pour nous raconter avec humour l’accouchement de ses parturientes.

Salam Alikum !

Je vous avais promis des nouvelles de mon expérience de sage-femme en Arabie Saoudite... Voilà maintenant 5 mois que je travaille alors voilà quelques nouvelles !

Nous sommes donc arrivés en juillet dernier, mais je n’ai commencé à travailler qu’en Octobre. J’ai d’abord du m’inscrire au "Saudi Council for Health Specialities" qui est l’équivalent de l’ordre des sages-femmes en Arabie. C’était un casse-tête énorme : nationalité française, diplôme belge, j’étais inscrite au NMC à ce moment (ordre des sages-femmes anglaises) et demande pour un pays arabe... Tous mes papiers traduits en anglais et arabe, une bonne galère ! J’ai dû passer un test de sage-femme en anglais, et merci Londres parce que c’était en anglais-américain et donc pas évident à comprendre ! Une fois cet examen réussi et de nombreuses heures d’attentes dans des administrations avec un traducteur arabe-anglais à mes côtés, j’ai eu ma petite carte me donnant le droit de travailler comme " midwife specialist " !
J’ai donc choisi de bosser dans un hôpital privé, tout récent (4 ans seulement) où le service de gynéco-obstétrique m’a donné bonne impression, c’est propre et très neuf, la salle d’accouchement comprend 4 salles et une salle d’op, pour une moyenne de 150 accouchements/ mois, plutôt relax alors que je sortais d’une usine de 6000 accouchements an !

Mes collègues sages-femmes sont philippines et indiennes, la chef de la salle d’accouchement est irlandaise et la directrice des soins infirmiers est australienne.
Les obstétriciens sont uniquement des obstétriciennes, que des femmes : elles sont égyptiennes et pakistanaises pour la plupart, il y a aussi des soudanaises, palestiniennes, saoudiennes, et la chef de service est libanaise, elle parle français d’ailleurs et a fait son internat à Argenteuil ! Les médecins sont toutes musulmanes, portent d’ailleurs le voile et parlent arabe couramment !
Il y a des anesthésistes hommes, mais ce sont des mutawas, ils font partie de le police religieuse et ont donc un statut particulier. Mais quand ils viennent pour une péridurale, imaginez une femme en travail le dos découvert mais la niqab sur la tête : folklo !

Je travaille en garde de 12h (07h00-19h00 ou 19h00-07h00) et je fais 4 gardes par semaine, donc 48h/semaine, deux semaines de nuit, deux semaines de jour. Et nous sommes 3 sages-femmes de garde. Donc pas de très grande différence avec le schéma classique. Je suis payée (pas de chichis, vous saurez tout), 11.000 Riyal Saoudien, ce qui équivaut à 2236 €/mois pour être précise, pas d’impôts dans ce pays, et j’ai un chauffeur vu que je n’ai pas le droit de conduire... donc plutôt confortable !

Le rôle de la sage-femme est super différent : elles sont ici en fait des infirmières spécialisées, et ont donc à la base une formation super différente et en général pas poussée !
Et comme c’est privé, les patientes qui sont toutes saoudiennes paient pour que l’accouchement soit fait par les médecins. J’ai eu la chance d’en faire 3 depuis que je suis là, un peu en urgence, mais sinon, j’assiste les docs, ce qui est assez frustrant. On suit le travail mais on ne prend aucune décision, car c’est les docs qui décident. Le taux de césarienne est de 25 %, ce qui n’est pas scandaleux vu la surmédicalisation. A la naissance, ce sont plutôt des petits bébés, 3,5 kg est considéré comme un gros bébé ! J’attends de voir leur tête devant un bon gros 4,5 kg !

Mes patientes sont presque toutes saoudiennes, arrivent toutes en niqab complètes et se déshabillent et découvrent sans gène devant moi ! Elles sont super bien épilées et assez coquettes, la lingerie pour femme enceinte sera mon prochain business à mon retour en France ! Elles sont assez curieuses de me voir ici, me prennent pour une libanaise ou une turque, mais jamais pour une française ! Et me posent plein de questions sur ma vie, sur mon mari, sur mon choix de venir vivre ici, sur la vie en Europe. Je commence à bien me débrouiller en arabe, j’apprends sur le tas, et c’est parfois indispensable ; j’ai des patientes qui ne parlent pas un mot d’anglais, donc amuse-toi à passer 10 heures en tête à tête sans pouvoir échanger... Je crois que c’est ce qui me plaît le plus et ce qui me motive à me lever le matin, parce que le coeur du boulot de sage-femme n’est pas passionnant, donc heureusement que j’ai cette richesses d’échange avec les saoudiennes !

Les papas sont plutôt présents, je les croyais écartés de ce genre de moments féminins, mais non ! Ils sont d’abord là pour "décider", par exemple, on ne peut pas pratiquer de césarienne en urgence si le mari n’a pas donné son accord. Ils assistent à l’accouchement, tombent aussi dans les pommes et versent des petites larmes. Eux aussi sont assez curieux, ils sont moins bavards avec moi, pas forcément très à l’aise de se retrouver devant une femme découverte (je porte une charlotte mais pas le voile au travail). Mais certains sont accessibles et sympathiques ! Même s’ils ont tous une tête impressionnante, avec grosse barbe et l’habit traditionnel saoudien, quand tu dépasses ça, ils sont plutôt sympas !

Voilà, évidement, j’ai plein de petites anecdotes marrantes du fait de la différence culturelle ; la polygamie est autorisée, donc on a déjà eu un papa dont 2 des femmes accouchaient la même semaine ou des papas qui essaient de faire leur ablutions avant la prière dans les baignoires des bébés, mais pas de situation glauque comme on pourrait se l’imaginer sur ce pays. Tous les mariages sont arrangés, donc évidement, on voit des couples assez particuliers (genre des très jeunes avec des vieux, ou des couples qui se ressemblent comme frère et soeurs), beaucoup de co-sanguinité avec tout ce que ça implique... Les femmes ont 3 ou 4 enfants en général.

Et puis évidement, les appels à la prière 5 fois/ jour dans des haut-parleurs partout dans l’hosto qui me fait sursauter à chaque fois, ou la police religieuse qui vient voir si on porte bien des scrubs à manches longues et une charlotte.. Ambiance saoudienne !

Mon quotidien est assez difficile ici, mes journées bien remplies et surtout, je suis très seule en fait, dans le sens où je suis une des seules européennes de l’hôpital, donc tout le monde me connait et est très sympa avec moi, mais j’aimerais bien connaître une autre européenne de mon âge pour pouvoir lâcher mon sac de temps en temps ! Donc c’est mon mari, mon habibi qui s’y colle quand je rentre de garde !
Mais je trouve que c’est toujours mieux que de rester enfermée dans le compound... A bientôt !

Mariso
Hiver 2012

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