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L'interculturel Ma vie en expatriation

L’Accueil: déverrouillons-en les codes de traitement, dans le texte…


L’Accueil: déverrouillons-en les codes de traitement, dans le texte…« Je la cueille, tu la cueilles, il la cueille, nous la cueillons… » . Il semblerait que l’apostrophe « ' » se soit un temps absentée, « a b c » (abaissée...) dans ses repères. Sans doute remuée par toutes ces émotions ressenties les premiers jours qui ont suivi son arrivée dans ce nouveau contexte, dans cette terre d’expatriation ! Tantôt enthousiasme, tantôt surprise, tantôt résignation, l’apostrophe sans mot s’impose à la carte. Partout, on la retrouve : Oh ! Ah ! Wow ! Eh ! L’Accueil: déverrouillons-en les codes de traitement, dans le texte…

C’est à plus rien y comprendre ! Tout ce que nous souhaitons, nous autres, expatriés, c’est poser le pied le mieux possible dans cette nouvelle page que nous ouvrons. En entête, un titre à rêver : « Expatriation, ma Merveille ! », avec pour personnages principaux NOUS… et Eux, en pieds de page. Tout un Wor(l)d !

NOUS, qui faisons un alinéa dans notre vie, une « alt » exotique, qui, pour la plupart, nous ravit.

Eux, qui sont nés là dans ce pays, où tout est sous contrôle, où le jour à la nuit suit.

Et puis très vite, le diagnostic tombe. Soit ça passe, soit ça « trait-passe ». En un temps record, notre opinion se forge : soit le tiret haut du 6 chante le bonheur et clame haut et fort combien «  Eux » sont accueillants, soit le tiret bas du 8 clignote de toute part et reflète ce mauvais accueil qui nous a été réservé. Il est vrai que ni tripadvisor, ni e-booking.com ne nous avaient alertés… Mais pourquoi au juste ?

Certainement parce que l’expatriation n’est pas un simple voyage :
  • Elle ne relève pas du court séjour, mais s’inscrit bel et bien dans un projet à moyen terme, où le visa touristique est jumelé par astérisque à celui du conjoint collaborateur.
  • Elle inclut de rayer une situation confortable pour tout reprendre à zéro, faire un saut de page et tout recommencer dans un nouveau paragraphe. Même si l’on s’y prépare, laisser les proches derrière soi, loin de soi, n’est pas toujours si évident. Très sincèrement, qui réunit tout son petit monde afin de lui dire au revoir avant de partir deux semaines en vacances ?
  • Elle implique, pour beaucoup, de mettre entre parenthèses une carrière dans laquelle on excelle… et aussi de remettre en italique nos fondamentaux.
Dois-je continuer la liste et mettre tous ces arguments en «  justifié » ? …

Il est donc compréhensible que notre état émotionnel soit quelque peu bouleversé, décentré, lors de notre arrivée dans cet ailleurs. Que nous n’avons cependant pas moins l’envie de découvrir.

Mais à vrai dire, à tant vouloir s’y sentir chez soi avant même d’en avoir foulé le sol, n’attendrions nous pas d’Eux, ces locaux, de nous accueillir comme nous le serions « chez NOUS » ?

Aussi, pourquoi ce traitement ? Pourquoi ne nous sautent-ils pas tous au cou ?

Ils ne sourient donc pas ? Ils ne parlent que leur langue ? Pourquoi nous dévisagent-ils ainsi ? Ils voient que nous sommes  en situation délicate. Et ils ne me proposent pas leur aide ? Pourquoi ne nous jettent-ils pas un seul regard ? Nous ne les intéressons pas ? Est-ce une question de « Power » ? Point.

Si l’étranger que nous sommes est bien souvent motivé à l’idée de partir à la conquête de cet autre, de sa Culture avec un grand C, il est néanmoins fréquent que l’autre y soit moins disposé, lui, déjà en  territoire conquis, peut-être aliéné par des conditions économiques complexes, par un climat politique tendu, par des appréhensions religieuses… Il s’agit là de bien analyser le traitement du (con)texte…

« Accueil » : quèsaco ?

Après mure réflexion, l’apostrophe a muté et s’est faite interrogation, désireuse de mieux comprendre ces divergentes approches de l’accueil, et de s’en faire sa propre définition.

A y regarder de plus près, « accueillir » quelqu’un ne sous-entend-il pas, quelque part, l’idée de « cueillir » et de « recueillir » ce qu’il est, en prenant compte de ses « écueils » ?

Zoomons un peu plus… « Accueillir » n’est –il pas un synonyme de « rencontrer » ?

Pour « accueillir », ne faut –il pas être deux ? Un Moi et un Lui, désireux de se connaître, de s’écouter, de s’entendre, de se comprendre ?

« Accueillir », n’est-ce tout simplement pas « s’ouvrir » à l’autre ? Et pourquoi certains semblent-ils rester sur le pas de porte, au lieu d’y entrer ?

Décryptons ensemble ces verrous qui bloquent cet échange, et les modes opératoires pour parvenir à s’accueillir :
  • Les cadenas à clés : 

Parfois plus présents pour dissuader d’entrer que de bloquer réellement l’accès. La clé originale n’est pas obligatoire pour l’ouvrir, un double peut suffire. Mettez-vous à la place de l’autre, regardez-le, analysez le en quelques sortes et vous lui deviendrez familier.

  • Les coffres forts : 

De vraies forteresses, gardiens de souvenirs, d’Histoire, de griefs peut-être, et de trésors ! Ils n’ont pour but que de protéger. Une combinaison de chiffres est nécessaire pour les ouvrir. Et beaucoup de patience, il va s’en dire. Ils seront néanmoins de bons confidents et seront, paradoxalement, très protecteurs, une fois ouverts….

  • Les énigmes :

Il n’est pas toujours aisé de dialoguer, surtout lorsque l’on ne parle pas la même langue. Hiéroglyphes, idéogrammes, Kanas, symboles en tous genres s’apparentent alors à du langage HTML, à des rébus et la synchronisation se fait souvent attendre. Cependant, on finit toujours par se comprendre. Il suffit de se donner le temps, d’être créatif, d’écouter et de se prendre au jeu. Force est de constater que nous ne connaissons pas tous les règles et qu’un temps d’adaptation est parfois nécessaire, pour NOUS, comme pour Eux.

  • Les verrouillages à reconnaissance faciale :

Pas naturel d’accueillir des étrangers quand les seuls que nous côtoyons sont nos semblables. Et que dire lorsqu’Eux sont des personnes d’un certain âge ? Que venons « NOUS » faire dans leur paysage ? Pourquoi ne leur ressemblons-nous pas ? C’est là qu’arrive le format JPEG… et quand les pixels s’agrandissent, naît la photo de famille.

  • Les détecteurs de mouvements :

Qui dit cultures différentes, dit approche différente de la gestuelle. Un sourire en Asie ne signifiant pas « oui ». Des mains jointes remerciant de ci, implorant de ça. Des bras excités sous-titrant les paroles en Méditerranée… autant de spécificités qui peuvent déranger quand les codes locaux sont inversés. Mieux vaut ne pas être soupe au lait, et prendre du recul face à d’éventuelles réticences. Pas de touche « Echap » au programme. Une fois le geste adapté et bien interprété, la chorégraphie n’en sera que plus fluide. 

  • Les cartes-pass:

Verrous des temps modernes, elles réservent l’accès à certains privilégiés. Le tout est d’entrer dans le club, et pour cela, de trouver son réseau. Etre présenté pour être accepté.

  • L’Identification des empreintes digitales :

Le contact tactile… à utiliser avec modération dans les pays où il n’est pas bien vu, il permet une approche directe et vous humanise. Se transformer en Acrobate pour une impression en PDF (Parmark*, Doigt, Finger): et si vous n’étiez pas si différents, en vrai ?

  • La cire chaude :

D’un rouge flamboyant, elle se fait le porte-parole de l’interdit et du secret et déchaîne aussi les passions. Que se cache-t-il donc derrière ce sceau d’aussi authentique que son détenteur ne puisse le divulguer ? Allez au plus profond de son âme, mais n’y allez pas à son encontre. Avec beaucoup de chaleur, la cire fondra et laissera dévoiler des messages d’amitiés.

Une fois ces points mis en suspension, apostrophe et interrogation s’accordent à conclure avec exclamation :

« Je l’accueille ? Il m’accueille… Nous nous accueillons ! » …  « EUX » et « NOUS » vécurent heureux en cohabitation.

*Parmak : « Doigt » en turc

Plume

Plume - Là fois où...Plume a été expatriée quatre ans en Chine, à Wuhan. Elle parle couramment chinois. Avec ses chroniques "La fois où", elle nous livre ces petites choses du quotidien qui ont pimenté son expatriation.

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