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Le burn-août de l’expat, by Paquita


Le burn-août de l’expatVacances en France et chocs culturels intra-familiaux, voilà le burn-août de l'expat dans la famille. Ou quand les codes de l'éducation de nos enfants ne sont plus vraiment les mêmes que ceux de belle-maman. Un billet d'humeur de Paquita, à lire derrière ses sunglasses !

Vu de l’exo-hexagone

En Anglo-Saxonnie, on pense que tous les enfants français mangent proprement. En disant s’il-vous-plait-merci-c’est délicieux, de la langue de bœuf ravigote dès deux ans. C’est un peu s’emballer.

Ok, on a mis 34 heures (28 pour le deuxième, ça va toujours plus vite) à accoucher de nos petits pour qu’ils ne ratent pas leur entrée dans le monde. Les gynécos français portent même des lunettes de soleil pour tamiser l’aura de ces merveilles. Il va sans dire qu’à peine ont-elles démoulé, les mères françaises sautent dans un jean taille 36. Nous sommes des femmes subnormales et on aime que tout soit parfait. C’est là notre plus gros défaut. Ne vous récriez pas ! Nos amis d’abroad pourraient nous entendre...

Vu de notre expatriation

Nos enfants de quatre et huit ans, genre,  sont  100% français (même s'ils ont une aïeule qui était un peu Olé,Olé du sombrero, mais qui n’en a pas ?), savent déjà dire « coquillettes » en Ukrainien, « je veux mon doudou » en mandarin, « allume la Tv » en balinais et « j’ai fini mon pipi » en philippin. C’est déjà un bon début. Ils vivent en tutu à paillettes et tong pour l’une et en look summer gothic pour l’autre. On sait bien que la toge ne fait pas le moine, se répète-t-on comme un mantra. Ca ne coûte pas cher, surtout en roupies. Mais on a quelques doutes sur le bien fondé des réflexions de nos amis anglo saxons. Sur l’échelle de la bonne éducation française, l’enfant d’expat loupe parfois quelques barreaux.

Enfants de France versus enfant expats

Comprenez-moi bien, ceci n’est pas une thèse mais une recherche entomologique basée sur quelques exemples concrets.

Là où on sent que ça va être ardu-menu, c’est quand il va falloir concilier les deux univers. Pendant les vacances familiales et estivales, au hasard. Comme on n'est jamais trop prudent, on commence une thérapie de réhab dès février, pour palier les béances dans les codes familiaux tribaux. On sent bien que depuis qu’on habite à Santa Monica la P-E, on est moins raccord avec le biotop des beaux-parents à St Jean (de Luz, what else ?). 

Les anecdotes qui suivent sont réalisées sans trucages

On arrive toute bardée de sagesse confucéenne au pays de la comtesse de Ségur, un peu sur nos ressorts quand même. Vu qu’on vient de la capitale de la Cagolie, le mètre étalon de la distinction y étant la famille Kardashian, notre confiance n’a d’égale que notre méfiance.

On perçoit un léger recul de la part de Mamie quand elle voit sortir Lulu en tutu rose à paillettes, le plastron repeint par le plateau d’Air France. Notre belle-sœur #vis ma vie de Cosette# te poke Hugo#, celle qui a la tête de la vieille fille qui rêve d’épouser son évêque et qu’on aime d’amour tendre est aussi là avec sa couvée (4 en 5 ans, quand même),  tous les doigts sur la couture du bermuda 64. Il y a du level.

Les enfants sont excités comme du pop-corn. Et c’est le dégel des grands sentiments après une année d’absence. Embrassades, papouillages, reniflages, des quintaux de bécots. Félix nous glisse rapidement en singlish que Papy, il sent un peu mauvais de la bouche, pas comme sur Skype. Juste le temps de lui écraser trois orteils pour qu’il se taise et tout le monde est beau, tout le monde il s’aime.

Les deux premiers jours se passent bien tout à la joie du retour et du décalage horaire.

Avec les copains des beaux-parents en visite, on se boit des shot de camomille cul sec. Pas punk fiesta, non, plutôt séminaire de taxidermistes à l’Ibis de Vierzon. On s’en fout, on a encore les bonnes résolutions estivales qui flottent quelque part entre notre cortex et notre occiput.

Imperceptiblement, on sent qu’un matin la trêve des bons sentiments va en prendre un coup.

On est acéphale, le nez dans notre thé vert du haut Bouthan, la base, quand Mamy passe, l’aspirateur en bandoulière. Et elle grommelle un : «  10 tee -shirts/jour que multiplie trois, ça va pas être possible c’est pas comme si elle était Shiva (notre helper adorée) payée un salaire de misère pour bosser 26 sur 24h, pchittt) ». Là on a de l’eau qui goutte sur nos fusibles internes. Et on se demande si on ne va pas disjoncter. Première petite brèche dans le mur de la compréhension interculturelle intra- familiale

A J+7 rien ne va plus.

Alors qu’on larvifie sur notre transat entre Gala et Voici, les deux mamelles de la culture estivale, et qu’une reptation  tribale s’organise vers la plage (nous, la plage on l’a toute l’année, alors on va pas se forcer non plus.), on entend un ARGGGG, suivit d’un SLAPSH.

On enjambe le corps de la belle-mère. Ah, oui, quand même….

«  T’as vu maman, on a fait du street art comme à Venice. Et après j’ai tuné les paupières et les ongles de Jean-Eudes avec les Stabilo ». Qu’est-ce qu’on y peut, nous, si notre fille a des goût de miss Univers ? Même si là, elle a poussé le curseur de la cagolie un peu loin. Dans son école, on ne bride jamais les enfants. Le maître-mot : la c-r-é-a-t-v-i-t-é ! Il n’y a qu’en France où l'on doit être bien dans les lignes (peut -être aussi à Pyongyang, va savoir…).

« La bêtise insiste toujours » (Camus- la peste).

A la réflexion, on se demande si nos amis anglo saxonnes qui vantent à longueur de traités l’éducation à la française ne sont pas un peu dans la gourrance. Pourquoi nos sous-produits 100% français élevés 100% à l’étranger ont un chaînon manquant dans leur ADN ?

Est-ce que, par capillarité, l’éducation de leurs cousins ne pourrait pas leur bénéficier ? On y réfléchira demain. Là, on a de plus en plus l’impression de trimbaler deux pots de nitroglycérine dans un terrain sismique.

Pour l’heure Bonne-Maman tente de juguler la créativité des chérubins (enfin les vôtres, parce que Jean-Eude et consorts, les cousins, ne bougent pas d’une oreille) comme elle peut. Pour ce faire elle leur propose la lecture d’ une histoire, d’une voix NRF sauce Gallimard, freak control. Alors qu’on voit bien qu’elle a des champignons nucléaires dans les yeux, alors qu’arrive Félix avec la moitié du contenu du frigo dans sa bouche. « Ben, quoi ? Chez nous, aux US j’ veux dire, on se sert quand on a faim, non ?… ». On le récrimine gentiment. Il y va de notre mother credibility.

Back to la lecture : « Oui, oui, celle d’Ulysse et Pénélope ! » dit-il en nous dardant de ses yeux en fente de boîte aux lettres. On sait à cet instant que le grand air de la Berezina est en marche. « Oui, celle de Pénélope qui attend Ulysse en brodant et sent des araignées dans sa culotte. Alors elle dit : p’tain j’aurais mieux fait de m’inscrire sur Tinder ! ». OMG, pense-t-on en acronyme !

A part soi, on se demande si on ne va pas divorcer. Non pas parce qu’on ne s’entend plus avec le papa, bien au contraire. Mais pour les vacances en garde alternée…

Concluz

En vrai, les grands-parents (presque tous…) pensent que :

  • les petits-enfants sont la récompense quand on devient « vieux ».
  • rien ne vaut le « quality time » avec leurs sous-produits, même si ils ne brillent pas, voir ne clignotent pas, en matière d’éducation
  • rien ne vaut le dialogue avec leurs petits même quand celui-ci n’est constitué que de consonnes (entre 0mois et deux ans et à partir de 13 ans).
On vous laisse méditer sur cet aphorisme d’un grand sage :

« Si Les grands-parents s’entendent aussi bien avec leurs petits-enfants c’est que pour ces derniers la vie n’est pas encore assez sérieuse et pour les aïeuls  elle ne l’est plus autant ! » Tristan Bernard dans le texte !

Laissez parlez les grands-parents et petits enfants, mettez votre cerveau en mode Edge, et du love chez vous.

Paquita

 

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