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Bien-être Dismed Psycho

Crises d’angoisse et repli sur soi. Comment réagir ?


dismaedConfinement, assignation à résidence, coupure des liens présentiels... La crise sanitaire et ses conséquences, à l'échelle de toute la planète, sont une expérience absolument unique dans l'histoire de l'humanité. Elle exige un travail d'élaboration et de réflexion qui nous permet de penser ce qui nous arrive. 

Cet entretien avec Mme Marie Perrin, psychologue, psychothérapeute et psychanalyste du réseau DISMED.fr, vous permettra de mieux réagir face à la crise que nous traversons.

 

 

Ouvrir l'espace de la pensée pour vider les effets d'angoisse.

En effet, jamais les humains n'avaient été confrontés à une telle expérience.

1ère phase : confinement strict mais protecteur et contenant

Dans la 1ère phase de la crise sanitaire, la quasi-totalité de la population de la planète a vécu une période d'enfermement strict. Elle fut bouclée dans ses logements, avec l'arrêt brutal de la plupart des activités. Il y eut même l'utilisation d'un vocabulaire de temps de guerre, comme par exemple: mobilisation, couvre-feu...

Mais de façon surprenante, cet enfermement généralisé ne s'est pas traduit, dans un premier temps par une augmentation du niveau d'anxiété. Pour beaucoup, cette injonction universelle à rester chez soi a eu un effet contenant, somme toute plutôt sécurisant, un peu régressif.

2ème phase : absence d'horizon, lassitude, perte de visibilité et de sens.

Cette phase, un peu en décalage selon les différentes parties du monde, est beaucoup plus éprouvante semble-t-il. Le terme de «vague psychologique» se voit de plus en plus repris. Elle se caractérise par le sentiment d'impuissance et d'impossibilité de se projeter.

Les jeunes, en particulier, sont très éprouvés. Enfants, lycéens et étudiants montrent des symptômes forts : crises d'angoisse et replis sur soi en sont les principaux.

Parfois, malgré tout ce que l'on a mis en œuvre pour aménager au mieux cette période si particulière, pour nous et nos proches, nous pouvons nous retrouver démunis face à certaines manifestations, notamment lorsque l'un de nos enfants semble se couper de nous.

Le sentiment d'impuissance, de ne pas savoir s'y prendre, l'amertume de se sentir rejeté, alors qu'il nous semble beaucoup donner peut nourrir un climat de tensions, de reproches dont il nous semble difficile de sortir. La situation particulière de la famille expatriée peut renforcer le sentiment d'isolement et de désillusion entre ce que nous imaginions de notre vie de famille, de ce que nous attendions de ce changement de cadre de vie et ce à quoi nous faisons face. 

 

Crises d'angoisse et repli sur soi  

La source de l'angoisse est toujours dans un contenu refoulé ou impensé, qui n'est pas ou plus accessible à la conscience. C'est un processus défensif mais qui s'accompagne de manifestations pénibles.

Lorsque les expériences vécues ne parviennent pas à être pensées, à accéder à notre conscience et à se dire par les mots, leurs effets en passent par le corps.

Lorsqu'un jeune exprime qu'il ne veut plus aller en cours, qu'il reste enfermé dans sa chambre, il est important de ne pas tout résumer au terme de « phobie scolaire », un peu trop vite brandi aujourd'hui. C'est à interpréter, à entendre,  comme la fièvre est un signe de quelque chose mais ne signe aucune maladie en tant que telle.

 

Que faire face à ses signes ?

Veiller, avec nos enfants, à ménager des temps d'échange sur ce que l'on pourrait appeler « le sens de la vie » et être attentif à ne pas leur renvoyer une vision de notre existence uniquement en termes de contraintes, de soucis, de compétition...

Il ne s'agit pas de les leurrer, mais de les aider à se projeter, à soutenir un désir de vivre. On peut nommer les choses sans en renvoyer une image écrasante, mais au contraire en stimulant la capacité d'y trouver une place active.

Pour alléger les effets de ces conditions de vie si restrictives, il peut être indiqué de limiter nos plaintes. Prendre acte de ce à quoi on a à faire. Faire au mieux, c'est aussi accepter que l'on ne peut pas tout compenser, qu'il y aura des manques et que l'on pourra juste soutenir nos enfants à supporter ces manques.

Être le plus possible au présent de ce que nous vivons, pas dans le regret de ce qui était possible, mais ne pas s'interdire de faire des projets.

Lorsque l'occasion de discuter se présente, ce qui permet parfois d'entrer dans un échange qui va être fécond, c'est de laisser le temps que les choses se disent en se gardant de vouloir répondre trop vite.  Cette rapidité peut fermer le début d'échange.

Il est essentiel surtout de ne pas interpréter ces attitudes comme si il s'agissait d'attaques du lien, d'un rejet intentionnel de sa famille par le jeune.

 

A quel moment songer à proposer un entretien avec un psychologue, y compris à distance ?

Le sens du mot symptôme est « signe ». Il y a donc là quelque chose à entendre.

Les traitements médicamenteux peuvent parfois être nécessaires pour atténuer la violence de ces crises. La « crise d'angoisse », ce que l'on nomme aujourd'hui « la phobie scolaire » ne sont pas en elles-mêmes des pathologies mais des tentatives que notre psychisme a d'exprimer quelque chose. Il ne s'agit pas de les faire taire mais de leur permettre de conduire à l'expression du mal-être qu'elles pointent.

Proposer de « consulter », selon l'expression consacrée, c'est lui permettre de trouver un espace où dire ce que l'on ne peut dire ailleurs, surtout pas aux gens qu'on aime et heureusement ! Il n'y a aucune marque de défiance là-dedans, au contraire. C'est parce qu'on fait attention à eux qu'on ne peut pas tout dire.

La spécificité de notre travail, c'est de proposer une écoute, la plus curieuse possible, de ce qui se dit sans aucune évaluation. C'est ce qui permettra à celui qui s'adresse à nous, de peu à peu trouver une façon d'être plus souple, dans son lien au monde et aux autres.

Ce travail se mène en présentiel la plupart du temps mais, à condition de mesurer ce que travailler en visioconférence implique, les entretiens à distance peuvent être aussi fructueux.

 

Marie Perrin
Marie Perrin

 

Psychologue, psychothérapeute, psychanalyste exerçant en cabinet libéral en métropole, mais aussi par visioconférence auprès des familles francophones à travers le monde,  par l'intermédiaire du site Dismed.

Qualifiée aussi pour réaliser les bilans WISC V demandés par l'Education Nationale et la MDPH pour mettre en place certains aménagements d'études pour des enfants ayant des troubles des apprentissages.

 

 

 

Pour entrer en contact avec un thérapeute diplômé et réserver vos téléconsultations, consultez le site de notre partenaire, Dismed.fr

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Ceci est un publi-rédactionnel 

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