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Suivre son conjoint et travailler à l’étranger : règles et dispositifs


Suivre son conjoint et travailler à l’étranger ? Panorama d’ensemble

Vous avez suivi votre conjoint à l’étranger, ou vous vous apprêtez à le faire. Voici l’essentiel des règles et dispositifs à connaître en ce qui concerne votre carrière. Un article un peu dense, mais fondamental pour vous éclairer sur votre trajectoire professionnelle à l’étranger et au retour. Un panorama d'ensemble pour celles qui souhaitent travailler à l'étranger.

La question essentielle : aurez-vous un visa de travail ?

Inutile d’aller plus loin. Si vous n’avez pas le droit de travailler dans votre pays d’accueil, votre carrière sera plus compliquée (mais pas condamnée néanmoins, on en reparle). Néanmoins, bonne nouvelle, si vous êtes originaire de l’Union Européenne et que vous restez dans un pays de l’Union Européenne, vous n’avez pas besoin de visa. Voilà un bon début.

Pour les autres. Pour savoir si vous aurez un visa, une question préliminaire : serez-vous considéré comme un conjoint ? Voici donc quelques points de vigilance : votre pays d’accueil reconnaît forcément le mariage entre un homme et une femme. Mais si vous êtes pacsé, ou bien en concubinage, ou encore un couple homosexuel même marié, vérifiez avec soin si vous avez droit au statut de conjoint. Tous les pays ne reconnaissent pas votre statut.

Selon la réponse, voici les possibilités :
Vous avez un statut de conjoint. Votre pays d’accueil vous accordera-t-il pour autant un visa de travail ?

Dans un nombre croissant de pays, oui. Votre allié dans le combat pour l’obtention de visas de travail pour les conjoints expatriés : la permits foundation. Vous trouverez sur son site des informations sur les permis de travail des conjoints (et la définition du conjoint), mais tous les pays ne sont pas couverts et certaines informations datent. Vérifiez donc aussi sur le site de l’ambassade ou de l’immigration de votre pays d’accueil.

Le 3 novembre 2020, Permits Foundation a publié une carte interactive faisant l'inventaire de toutes les législations relatives à l'accès au travail des partenaires dans le monde.

Quelque soit le pays où vous vous trouvez, il vous suffit de glisser la souris sur la carte pour connaître les législations en vigueur dans le pays dans lequel vous vous trouvez. Unique en son genre, cette carte est une véritable plaque tournante d'informations sur les législations nationales.

Cette carte permet également aux autorités gouvernementales et aux professionnels de la mobilité de déterminer les pays aux "bonnes pratiques" accordant un accès direct au travail.

  • Lorsqu'il existe au moins un texte législatif dans un pays qui permet un accès direct à l'emploi pour les partenaires et les conjoints d'employés en mobilité hautement qualifiés, Permits Foundations classe ce pays ce pays en vert.
  • Lorsqu'un pays est classé bleu, c'est que des restrictions peuvent s'appliquer.
  • Enfin, s'il est rouge, cela signifie que l'accès au travail peut ne pas être possible via le statut dépendant.

La carte du monde de Permits Foundation fournit également des informations interactives sur un certain nombre d'autres catégories :

  • les destinations permettant l'accès au travail indépendant pour les partenaires,
  • là où il y a reconnaissance des conjoints du même sexe, car si le conjoint a le droit de travailler, encore faut-il avoir le statut de conjoint
  • reconnaissance des partenaires non mariés
  • et les pays où d'autres membres de la famille peuvent accéder au travail
Vous n’avez pas le statut de conjoint.

Tout n’est pas perdu pour autant. Selon les pays, vous pourrez obtenir votre propre visa. Il vous faudra souvent être sponsorisé par un employeur. Pour les moins de 30 ans, le permis vacances travail ou le VIE (moins de 28 ans) pourra être une option.

Dans tous les cas, si vous ne pouvez pas travailler, il reste possible de renforcer votre employabilité via une formation ou un bénévolat intéressant.

En revanche attention, si vous travaillez sans visa, vous risquez des sanctions qui peuvent aller depuis des amendes jusqu’à l’expulsion de toute votre famille.

Quelle probabilité d’y arriver ?

Deuxième étape : si vous avez le droit de travailler, la question suivante est « y parviendrez-vous ? ».

La double carrière en expatriation est un parcours passionnant mais semé d’embûches.

L’enquête de référence sur ce sujet est le baromètre sur l’impact de l’expatriation sur le couple et les doubles carrières qu’Expat Communication mène tous les deux ans.

Il montre que 80% des conjoints veulent travailler à l’étranger mais qu’à l’instant T, seule la moitié y parvient. Alors, en dehors de la question du visa, quels sont les obstacles sur votre route ?

Un obstacle légal d’abord : votre profession est-elle réglementée ? Et si oui, votre diplôme sera-t-il reconnu ? Si vous êtes médecin, infirmière, architecte, expert-comptable… soyez vigilant. Chacun connaît le délit d’exercice illégal de la médecine. Cette restriction peut s’appliquer dans de nombreux métiers.

Si votre métier est frappé par des restrictions, cela ne signifie pas que vous ne pourrez pas travailler. Vous pourrez sans doute passer un nouveau diplôme sans avoir à refaire tout le cursus de formation ou bien même exercer un métier périphérique. (Exemple : Etre psychologue et vivre en Asie-Pacifique)

D’après le baromètre d’Expat Communication, les obstacles qui limitent les conjoints dans leur carrière sont ensuite : l’absence de réseau professionnel, l’incertitude sur la durée du séjour, la mauvaise connaissance de la langue locale, la garde des enfants… Voir le détail des résultats de l’étude.

Quels dispositifs pour vous aider ?

La carrière des conjoints expatriés est compliquée donc, mais pas du tout impossible. Il y a de nombreux soutiens sur votre route. Alors sur qui pourrez-vous compter ?

Vous partez comme expatrié ? Enfin plus précisément, vous suivez quelqu’un envoyé par une entreprise. Cette dernière a à sa disposition de nombreux outils. Les utilise-t-elle ?
• Les services d’accompagnement : dans beaucoup de groupes, la politique de mobilité propose des services d’aide à l’emploi pour les conjoints, ou bien un budget coaching et formation, ou bien même une aide pour payer vos cotisations retraite à l’étranger. Encore faut-il que l’information arrive jusqu’à vous. Demandez à votre conjoint de bien se renseigner auprès de son responsable mobilité. Vous pouvez trouver ici notamment les services pour les conjoints proposés par Expat Communication, l’éditeur d’Expat Value.

• IDCN : c’est un réseau réservé aux conjoints des entreprises signataires. Des groupes existent dans une vingtaine de villes.

Vous ne bénéficiez pas du support d’une entreprise ?
Des ressources sont disponibles aussi. L’essentiel est de ne pas rester seul ; la double carrière est un art difficile, cherchez les clés !

• Pôle Emploi mobilité internationale est une ressource utile. Vous ne pourrez bénéficier de prestations (conseils et accompagnements personnalisés) qu’avant le départ, et si vous êtes chômeur, mais dans toutes les situations, les informations en ligne et les nombreuses offres d’emploi, peuvent vous aider.

• Des réseaux associatifs ou consulaires : il en existe de nombreux et Expat Communication est en train de les répertorier pour le compte de l’Assemblée des Français de l’étranger. Inventaire en cours.

• La communauté FemmExpat : c’est le seul réseau global conçu pour les conjoints expatriés. Etudes, forum sur Facebook , informations, offres d’emploi et nombreux témoignages. C’est l’outil indispensable pour votre carrière à l’étranger. Des prestations personnalisées sont disponibles sur demande.

Et au retour ? On y pense avant de partir !

Le retour s’anticipe dès le départ.

• Pour les Français, si vous rentrez avant 4 ans, vous aurez sans doute le droit à des indemnités de pôle emploi. Renseignez-vous dès maintenant sur la démission pour suivi de conjoint.

• La convention Cindex : cette convention signée par une quarantaine de grands groupes français permet aux conjoints de retrouver leur poste au retour si les entreprises des deux conjoints sont signataires de cette convention. Un dispositif qui n’est pas assez connu.

• Des aides spécifiques : le job booster cocoon d’Expat Communication est le seul service spécifiquement dessiné pour les conjoints expatriés de retour. Et le succès est au rendez-vous.

La double carrière en expatriation est un challenge qui peut vous conduire à renouveler votre carrière. Bien préparé, bien informé, bien soutenu, ce peut-être une magnifique opportunité.

Alix Carnot - Expat CommunicationAlix Carnot, auteur de « Chéri(e ) on s’expatrie, guide de survie à l’usage des couples expatriés » Eyrolles 2016 et co-gérante d’Expat Communication, de FemmExpat.

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