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L'interculturel Norvège

Norvège : égalité des sexes et relations hommes-femmes

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égalitéHommeFemmeNorvegeExpatriée dans différents pays depuis 1999 (elle est rentrée en France en 2015), Véronique Martin-Place a vécu à Oslo (Norvège) de 1999 à 2002. Elle nous fait part de ses impressions sur l’égalité des sexes et les relations hommes-femmes au pays des Vikings.

La première chose qui m’a frappée lors de mon arrivée en Scandinavie et plus particulièrement en Norvège, ce sont les relations d’égalité qui existent entre les deux sexes. La Norvège apparaît alors, de premier abord, comme un petit paradis où les hommes et les femmes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs tant aux niveaux professionnel que familial.

Tous les emplois sont ouverts à la fois aux hommes et aux femmes. Si dans certains secteurs, les femmes sont privilégiées parce qu’elles y sont peu représentées, la situation inverse existe aussi. Par exemple, l’Etat privilégie les candidats masculins aux postes d’assistant ou d’instituteur dans les écoles maternelles parce qu’ils y sont peu présents.

Un domaine où cette égalité transparaît avec force est celui de la politique.
La Norvège s’inscrit dans une longue tradition en la matière, notamment depuis le « gouvernement des femmes » de Gro Harlem Brundtland en 1986. La représentation des femmes y était environ de 44% (8 sur 18 ministres).
De la même manière, le gouvernement de Jens Stoltenberg (Parti Travailliste) de 2000 à 2001 était composé de huit femmes sur un total de 18 membres.
Enfin, après un remaniement ministériel en 2007, les femmes sont majoritaires au sein du gouvernement norvégien actuel avec un total de 10 postes occupés par des femmes sur un total de 19.
Cette situation tranche donc nettement avec celle de la représentation des femmes en politique en Europe continentale.

Quant à la vie familiale, le partage des tâches est affirmé.
L’une des meilleures illustrations est l’organisation du congé parental norvégien : fødselpermisjon.
A la naissance de l’enfant, la mère a la possibilité de rester à la maison pour s’occuper du nouveau né soit pendant 42 semaines avec son salaire complet, soit 52 semaines avec 80 % de son revenu professionnel.
Une seule condition est posée par l’administration : le père doit rester à la maison pendant quatre semaines lors du congé parental. S’il ne l’utilise pas, la fødselpermisjon en sera réduite d’autant.
L’objectif de cette mesure était de voir davantage de pères norvégiens se préoccuper de leur progéniture. Ce pari semble réussi puisque de plus en plus de jeunes papas choisissent cette solution. Certains décidant même de partager entièrement ce congé avec leur femme.

Si certains combats restent encore à mener dans le domaine de l’égalité des sexes en Norvège, il est certain qu’une bonne partie du chemin à d’ores et déjà été parcouru.
Néanmoins, en observant mes amies norvégiennes, j’ai pu remarquer que la conquête et l’obtention de leurs droits avaient transformé non seulement leur féminité mais aussi leurs relations avec le sexe opposé.
En tant que continentale, j’avais parfois l’impression d’être une extra-terrestre tout simplement parce que j’exprimais ma féminité (attitude vestimentaire, maquillage etc...).
La société norvégienne m’apparaît comme une société unisexe où les signes extérieurs de féminité sont comme... refoulés.

Les relations entre les hommes et les femmes sont certes plus directes et moins complexes qu’en France mais, du même coup, tout ce qui vous fait vous sentir femme n’existe pas ou peu. Par exemple, toutes les expressions de galanterie sont inexistantes et si parfois elles le sont, elles risquent d’être mal interprétées tellement l’égalité entre les sexes est ancrée au sein de la société norvégienne.
Bien sûr, il s’agit d’impressions et il y aura heureusement des exceptions qui les contrediront.
Toutefois cette tendance de la société norvégienne contemporaine pose une question centrale : le féminisme et l’égalité des sexes peuvent-ils, à terme, remettre en cause la féminité et l’identité féminine ?

 

VMP-signature

Véronique Martin-Place
Ecrivain, rédactrice
Visitez son site : writerforever

 

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