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Asie pacifique Birmanie Ma destination

Vivre à Rangoun en Birmanie


Cela fait à présent 6 mois que je suis expatriée à rangoun en birmanieRangoun  où mon mari a été muté. Je suis arrivée en octobre 2013 vers la fin de la mousson. J’ai lu un livre sur Aung San Suu Kyi avant de partir pour connaître un peu l’histoire de ce pays qui a connu des évènements marquants… La junte ayant perdu le pouvoir et le contrôle total du pays, la vie des Birmans a beaucoup changé. L’ouverture des frontières, le retour du commerce extérieur, la possibilité de circuler avec des véhicules venant de l’étranger etc…

La circulation :

Ce qui m’a frappée le plus en sortant de l’aéroport c’est la circulation ! J’avais lu dans mon guide qu’effectivement le code de la route n’existait pas ici, mon mari qui est arrivé avant moi me disait également que le trafic était dense et que je ne devais pas me fier à la distance que je voyais sur Google Map ! Je n’ai pas voulu le croire… Mais à certaines heures, pour faire ne serait-ce que 10km on peut facilement mettre une demi-heure.

La ville de Yangon en elle-même s’organise autour du Lac Inya, le Centre-ville et la pagode Shwedagon. Il y a 4 grands axes autour du Lac : Pyay Road, Inya Road, University Road et Kaba Aye Pagoda Road. Puis au Centre-ville, les rues sont structurées à la New-yorkaise : 1st street, 10th street etc… Personnellement je n’y vais pas beaucoup car c’est à environ 20km de chez moi et vu la circulation…

Les grands axes sont plutôt bien entretenus, il y a des feux tricolores, un marquage au sol et par-ci par-là des sens interdits, c’est tout. Je dirais que la seule chose (Dieu merci) qui est respecté ce sont les feux tricolores, pour ce qui est du marquage au sol, on prend la route à contre-sens pour dépasser tout le monde si ça ne va pas assez vite, on fait des demi-tours n’importe où n’importe quand, il n’y a pas de priorité à droite (ou à gauche), aucune règle. Autre problème, il y a autant de véhicules avec un volant à droite qu’à gauche et cela s’avère parfois bien compliqué. Les 2 roues n’ont pas le droit de rouler et c’est une bonne chose car vu la circulation, il y aurait à mon avis pas mal d’accidents. Une autre ombre au tableau : la pollution ! Je dirais qu’elle est pire qu’à Paris. Certaines voitures sont plus ou moins neuves mais en ce qui concerne leurs « bus et trucks » (transports en communs) un seul mot me vient : catastrophique. Ils dégagent des fumées noires immondes, ça fait un bruit d’enfer, ils sont parfois obligés de s’arrêter au milieu de la route car le moteur est en surchauffe… Beaucoup de véhicules ne sont clairement pas entretenus, on les utilisent jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus avancer. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles je ne sors pas beaucoup en journée, chaleur + pollution ne font pas bon ménage.

Climat

Il y a 3 saisons : la mousson de mai à octobre, la saison sèche et fraîche de novembre à janvier, et la saison très chaude de février à avril (à peu près…).

Pendant la mousson, et jusqu’au début de la saison sèche, l’air est très lourd. Personnellement j’ai beaucoup de mal avec l’humidité ambiante donc je reste volontiers à l’intérieur !

La saison sèche est la plus plaisante, la journée même à 32° c’est agréable, le nuit tombée il fait frais.

La saison très chaude (nous y sommes actuellement), le matin il fait déjà 30° à 9h et l’après-midi 40° à l’ombre bien sûr…

 Les habitants de Rangoun

Je ne sais pas vraiment quoi en penser. Je précise une chose importante, je suis noire, et au total nous devons être 5 ou 6 femmes noires dans toute la ville donc je peux vous dire que je ne passe pas inaperçue… Je l’ai très mal vécu au début car je ne m’y attendais absolument pas.

La semaine où je suis arrivée, il y avait une célébration des lumières à la Shwedagon Pagoda, c’est une fête bouddhiste donc forcément il y avait beaucoup, beaucoup de « locaux », peu « d’occidentaux » et il y a avait « moi ». Nous étions 3, mon mari, un de ses collègues (tous les 2 blancs) et moi. J’ai été observé sous toutes les coutures, de haut en bas, on marchait juste à côté de moi en me toisant. Le problème c’est que dans leur regards, je ne voyais pas si c’était de la curiosité, de la peur, de la bienveillance, de la malveillance rien. A ce moment là, je voulais juste rentrer dans un trou et me cacher. C’est aussi l’une des raisons qui fait que je ne sors pas beaucoup ou du moins là où il y a trop de « locaux ».

Heureusement, il y en a qui ont de la bonne curiosité, qui me sourient ou qui viennent tout simplement me demander d’où je viens etc. Ce qui rend la chose plus agréable !

Environnement

Ici, les hôtels de luxe poussent aussi vite que la végétation. Ca construit partout ! Le problème, c’est que les infrastructures ne suivent pas. La ville n’est pas propre. La noix de bétel fait religion ici et les gens crachent leur « trucs » rouges partout, par terre, sur les murs, même dans les pagodes (lieu sacré quand même…) Etant parisienne, je suis peut être un peu trop stérile mais voir des gens cracher à longueur de journées, se moucher à même la main, des chiens malades errer dans les rues, pour moi ça fait beaucoup… C’est une culture différente, pour eux tout cela est normal et je respecte ça, c’est bien pour cela que je préfère éviter les endroits (bien que c’est difficile…) où c’est propice.

Les activités et loisirs

Il n’y en a pas des masses pour le moment. Les expatriés se réunissent dans certains bars, on en compte surtout 3. Pour ce qui est du sport, il existe des salles de sport et des piscines dans les hôtels. Dans le centre ville, se trouvent une salle de cours de danse latino et une ou deux nouvelles salles de sport. De ce que j’ai lu dans mon guide, il y aurait aussi des cours d’équitation mais je ne sais pas vraiment où, et aussi un club nautique.

Ce qui est très bien c’est la proximité avec les autres pays de l’Asie du Sud-Est. Une compagnie aérienne low-cost très correcte dessert beaucoup de destinations, ainsi on peut facilement passer ses week-ends à Bangkok (à 1h10 de vol), à Singapour (2h30 de vol), en Indonésie etc… ça c’est vraiment un bon point.

Pour ce qui est de voyager dans le Myanmar, c’est beaucoup plus coûteux. On se déplace soit avec des bus de nuit, soit en voiture ou en avion (la plupart des vols sont « omnibus » et se font dans des petits Fokkers à hélices). La plage la plus proche Ngwe Saung par exemple est à 5-6h de voiture, la route se fait bien. Pour atteindre Ngapali l’autre plage, la route étant impraticable, il faut y aller en avion. Pour aller à Mandalay en voiture il faut compter douze bonnes heures sur une route pas forcément praticable par moment, sinon par avion… Les hôtels sont chers et leur état ne justifie pas le prix en général, le billet d’avion également, pour la voiture il est conseillé d’en louer une avec chauffeur car dans certains endroits, il vaut mieux y aller avec un « local ».

L’alimentation

La bonne surprise pour moi. J’avais pris des précautions avant de partir, la peur d’avoir la tourista au bout d’une semaine, d’avoir du mal à adapter mon estomac et mes intestins à la nourriture et finalement, pas du tout. On trouve de bons légumes, des fruits…le seul hic c’est qu’ils ne tiennent pas plus de 3 jours… La viande est très bonne : mouton, bœuf, porc et poulet. Pour les produits de la mer, pas beaucoup de choix en poissons et crustacés. On trouve du Butter Fish, qui crû ressemble à du saumon et doit être aussi gras que celui-ci mais très gouteux, aussi des gambas, des crevettes, de petits crabes. Le tout est très bon.

On trouve plusieurs restaurants européens (italien, français surtout), les prix sont à mon sens correct si l’on compare avec la France, mais cher pour le pays.

Il existe une chaîne de supermarchés le City Mart. Et là, deuxième bonne surprise, dans celui situé dans la Golden Valley (j’en parlerai après), grâce à l’ouverture du commerce extérieur, on y trouve des produits américains, australiens, italiens, français (humm le bon beurre Président) par contre les prix vont avec, mais quel plaisir de pouvoir manger du gruyère ! Petit conseil, concernant les produits d’exportation, c’est par périodes. Par exemple jusqu’à décembre, on trouvait de l’emmental Président mais depuis 3 mois plus rien… Donc maintenant dès que je vois un produit étranger susceptible d’être congelé, j’en achète une bonne quantité et zou au congélateur !

Pour les enfants

On trouve plusieurs écoles pour les enfants d’expatriés. Une école française (Joseph Kessel), une école japonaise, singapourienne, et l’ISY : Ecole Internationale de Yangon qui brasse pas mal de nationalités. N’ayant pas d’enfant, je suppose que le choix se fait surtout en fonction de la langue qu’on souhaite apprendre à l’enfant, et les frais de scolarité aussi font la différence (la moins chère est à $9000 l’année…)

Le rythme scolaire dépend de l’école, mais grosso-modo c’est de 8h à15h du lundi au vendredi avec les mercredis voire les vendredis après-midi de libre.

Le logement

Nous sommes logés par l’employeur de mon mari, donc je ne sais pas si la recherche de logement s’avère difficile ou non. Nous habitons dans un lotissement calme. Il y en a quelques uns du même style dans le quartier nord du Lac Inya. C’est surveillé nuit et jour,  il y a des gardiens partout (c’est également le cas pour tous les endroits à Yangon, restaurants, magasins, petits commerces, écoles…partout où il y a une entrée, il y a un gardien).

La Golden Valley : c’est le quartier résidentiel de Yangon où habitent pas mal d’expatriés et Birmans riches. On y voit de très jolis et grandes, très grandes maisons. Par contre les rues sont affreuses… des nids de poule partout, c’est sale comme les caniveaux servent à recevoir tous les déchets, ça ne va pas avec le décor autour, c’est dommage…

Nous avons à disposition un chauffeur, comme beaucoup d’expatriés, ce qui est conseillé vu la conduite birmane… Notre aide ménagère habite sur place, s’occupe du ménage et du repas, et nous avons un gardien (qui s’occupe de deux maisons) qui est également jardinier.
Ce personnel nous a été également « fourni » par l’employeur de mon mari, mais je ne pense pas que cela soit difficile de trouver du personnel, et une société s’occupe de cela à Yangon, comme pour les chauffeurs.

Je vais conclure ici mon long récit. Je dirais pour conclure que Yangon est loin d’être le pire endroit où l’on peut s’expatrier, disons juste qu’il y a encore beaucoup de travail à accomplir si les birmans veulent répondre aux standards auxquels ils prétendent.

Elodie

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Birmanie: à connaître avant de partir


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