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Ma copine Japonaise


Ma copine JaponaiseMa copine japonaise ne l’est en fait plus vraiment, japonaise. Si je suis parvenue à nouer une  relation avec elle, c’est parce qu’elle parle une langue étrangère. Et donc soit qu’elle a vécu à l’étranger, soit qu’elle est mariée avec un étranger. Elle est donc un peu sortie du carcan japonais. Et cela change tout.

Ma copine japonaise est toute menue, délicate et stylée.

Toujours impeccable, elle a les cheveux lisses, légèrement teints, mais toujours brillants et impeccablement coiffés. Son teint est nickel, résultat d’un savant layering et de plusieurs heures de boulot chaque jour. Elle aime la mode et a le goût très sûr, même si les couleurs pâles qu’elle affectionne me paraissent un peu fades. Elle aime la qualité. Et n’hésite pas à y mettre le prix. Elle aime les restaurants français qui servent du fromage, du vin, et surtout des  pâtisseries françaises qu’elle déguste avec ses copines, une de ses activités préférées après le shopping. Je n’ai toujours pas compris comment elle arrive à garder la ligne après une blanquette, un Mont Blanc et trois pancakes... La France est pour elle le summum du chic et d’ailleurs, elle apprend souvent le français. 90% des étudiants des écoles de langues sont des étudiantes.

Quand j’en parle avec d’autres expatriés, certains la trouvent superficielle, ma copine japonaise.

Elle ne penserait qu’au shopping et au maquillage. Les plus jeunes peut-être, mais les mères de famille et les working girls ont bien autre chose en tête. Et puis, je sais qu’aimer le maquillage, les manucures sophistiquées et les sacs de luxe, n’empêche pas de s’intéresser à d’autres choses. Mon amie japonaise s’intéresse par exemple beaucoup à la psychologie et adore comparer les habitudes des couples. Néanmoins, la politique l’ennuie, on n’en discute jamais.

Ma copine japonaise ne travaille habituellement pas si elle a des enfants.

Elle a fait de bonnes études, a commencé à travailler dans une boîte, mais son boulot d’office lady l’a vite lassée. Remarque, je la comprends, elle n’allait jamais avoir de grosses responsabilités. Avant la date fatidique des 30 ans, si elle ne l’avait pas déjà rencontré à la fac ou au bureau, elle a cherché un bon parti. C’est à dire un homme de bonne famille, à même de subvenir à ses besoins et à ceux de leurs futurs enfants. Elever des enfants coûte cher au Japon, voire très cher.

Pas mariée avant 30 ans, c’est une tare.

Il faut qu’elle ait une super force de caractère pour résister à la pression sociale et familiale si son choix est différent. Faire accepter un mari étranger est également une épreuve.

Une fois mariée et enceinte, elle a quitté son job, assez contente d’entrer dans une nouvelle phase de sa vie de femme, celle de maman. Elle a en effet la responsabilité des enfants. De la naissance à leurs dix ans, elle vit et dort avec eux. Il y a peu de crèches, les nounous sont hors de prix et puis, traditionnellement, c’est son rôle d’élever les petits. Elle gère ainsi seule le foyer dans son intégralité, de la bourse aux soins aux grands-parents, une charge assez lourde en l’absence de système de prise en charge. Elle se lève tôt pour préparer de bons bentos (paniers repas) bien équilibrés et accompagner les enfants à l’école. Sa journée est rythmée par les tâches du foyer et ses multiples activités sportives ou créatives. Les enfants rentrent tôt (14-15h), mais vont souvent dans une « école après l’école » privée pour préparer les concours d’entrée de leur futur lycée /université. Elle est donc bien occupée avec toutes ces personnes à charge, et a une sacrée pression sur les épaules.

Où est donc le mari dans tout ça ?

Son mari, s’il est du style traditionnel, travaille tellement qu’elle le voit à peine. Le WE, il le passe au bureau ou au golf avec ses collègues. Il gagne de quoi les faire vivre, c’est son rôle, et ne s’implique pas dans le foyer.

Si elle a épousé un étranger, c’est qu’elle cherchait autre chose que cette vie de contraintes. Néanmoins, elle reste japonaise avant tout et cette pression de la famille reste très forte. En cas de séparation, le fait d’être mère et japonaise lui donnera de nombreux droits : c’est elle qui aura la garde des enfants par exemple. Même si le Japon a signé la Convention de la Haye sur la présentation des enfants, elle pourra empêcher le père de les voir si elle le souhaite.

Enfin, ma copine japonaise est souvent très attentionnée et ravie de partager sa culture.

Elle m’accompagne volontiers pour mes démarches en japonais et partage ses bons plans. Généreuse, patiente, elle ne me reproche jamais mes petites impolitesses involontaires, comme d’oublier d’enlever mes chaussures, de parler trop fort ou d’ouvrir ses cadeaux devant elle.

Même un peu sortie de ce carcan sociétal, elle reste quand même attachée à toutes ces valeurs de la famille, du devoir et de don de soi. Elle reste persuadée que le Japon est le meilleur pays pour vivre et ne le quitterait pour rien au monde.

Par Pauline

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