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La Scolarité

L’école à bord de notre voilier Bulle


ecole_a_bord_de_bulle_articleNous avons quitté la France il y a trois ans avec nos deux enfants pour naviguer autour du monde sur Bulle, un voilier de 17 mètres en aluminium.

Quand nous sommes partis, Ulysse avait deux ans et Anna cinq ans. Ulysse n’a donc jamais connu « l’école classique » avec une vraie maîtresse, une classe pleine d’élèves, la récréation avec les jeux de ballons, les lancers de toupies ou les échanges de cartes Pokemon. Anna est allée à l’école deux ans en petite et grande sections de maternelle et a encore des souvenirs de ses maîtresses, de ses amis et des jeux qu’elle faisait avec eux. Cet aspect social lui manque beaucoup. Heureusement à cet âge, la capacité d’adaptation des enfants est étonnante et bien supérieure à la nôtre et l’école à bord est vite devenue « l’école classique ».

Sur Bulle, nous travaillons environ deux heures tous les matins, entre 8 heures et 10 heures, sans tenir compte des mercredis, samedis, dimanches et jours fériés car lors des traversées en mer, la météo peut mettre les estomacs à rude épreuve et empêcher l’école pendant plusieurs jours. Et puis nous avons souvent du monde à bord car nous faisons du charter et se sont des périodes sans école pour Anna et Ulysse. 

Le reste du temps, il faut donc être assidu et ne pas mollir. Il n’y a pas de méthode idéale, tout dépend du tempérament et de l’âge des enfants. En France, nous avons la chance d’avoir un bon système d’enseignement par correspondance : le CNED (centre national d’enseignement à distance) qui permet de suivre les cours de l’année scolaire et d’avoir le certificat de passage en année supérieure à distance. Malheureusement, le CNED impose un rythme strict et peu flexible, ainsi qu’une bonne connexion internet et une adresse postale pour envoyer et recevoir les cours et les corrections qui pèsent très lourd. Pas simple pour des nomades comme nous.

Nous avons donc choisi de suivre le programme de l’éducation nationale sans passer par le CNED. Avant de partir, nous avons pris les conseils d’enseignants et comparé les méthodes employées dans différentes écoles publiques ou privées. Ulysse et Anna ont tous les deux appris à lire sur le bateau avec la méthode phonétique et gestuelle de Suzanne Borel-Maisonny « Bien lire et aimer lire ». Nous utilisons également les ouvrages scolaires « un monde à lire  avec Kimamila » chez Nathan. En mathématiques, nous suivons la méthode Boscher aux éditions Belin, conforme au programme et très ludique. Lorsque nous avons une bonne connexion internet et pour faire le point sur leurs connaissances, nous allons sur le site du CNED www.academie-en-ligne.fr et le site www.laclassebleue.fr qui mettent en ligne gratuitement des outils scolaires très complets de la maternelle à la terminale. Enfin, nos proches qui ont des enfants du même âge, nous transmettent les exercices de maths, les dictées ou les poésies du moment…

Évidemment le travail ne se passe pas toujours dans le calme et la sérénité. C’est déjà compliqué en temps normal d’assister son enfant pour les devoirs à la maison, alors lui faire l’école soi-même n’est pas une sinécure. D’autant plus qu’ils se permettent bien plus de choses avec leurs parents. Pas facile de les captiver tous les jours, ils se lassent vite, leur temps de concentration est court, il faut donc varier les exercices, garder son calme mais être ferme. Facile à dire… Pour motiver nos troupes, nous avons instauré un système de tampons vert ou rouge. Si l’école se passe bien le tampon du jour est vert et au bout de sept tampons verts, ils ont une récompense. Nous avons donc caché dans les cales toutes sortes de petites surprises (BD, livres, jeux, etc.) et, jusqu’ici, ce système porte ses fruits et nous n’avons que rarement utilisé le tampon rouge.

La vie sur le bateau et nos nombreuses escales sont aussi l’occasion d’étudier les « sciences de la vie » : la vie des indiens Kunas aux San Blas, la formation des îles volcaniques et des atolls en Polynésie, les espèces en voie de disparition comme les orangs outans de Bornéo ou les tortues des Galapagos, les latitudes et les longitudes au passage de l’Equateur, la ponte des tortues vertes à Helen Reef, la famille des cétacés au passage d’une baleine, la conduite de l’annexe, la confection du pain, les différentes monnaies et leur taux de change, le monde sous marins et ses habitants, l’observation des étoiles, le recyclage des déchets, l’importance de l’eau douce et de l’énergie et surtout l’apprentissage de nouvelles langues.

 Aujourd’hui, Anna et Ulysse ont 8 ans et 6 ans. Ulysse rechigne un peu lorsqu’il s’agit de faire des lignes d’écriture mais il est incollable sur la taille et le poids de la baleine bleue ou la technique de pêche du calamar ! De son côté Anna n’est pas férue de tables de multiplication et préfère dévorer les livres, explorer les lagons en canoë ou nager avec les raies manta. Il leur arrive même de se mettre tout seuls au travail au réveil, avant le petit déjeuner, pour finir l’école plus vite et pouvoir vaquer à leurs occupations ! Ils sont très complices et nous les voyons s’épanouir, participer pleinement à la vie du bateau, être plus autonomes, curieux et ouverts d’esprit. C’est une expérience familiale unique.

 Julie Jurien

www.voilierbulle.com

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