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Les pétards du nouvel an Chinois, par un Petit Roux en Chine


Les pétards du nouvel an Chinois, par un Petit Roux en ChineMes frères et moi, ça ne nous a jamais dérangés le bruit. D’ailleurs, à la maison, c’est nous qui en faisons le plus. La phrase préférée de mon père est : « C’est pas bientôt fini ce vacarme ? »

Mais, depuis qu’on habite en Chine, on a trouvé plus bruyant que nous. Mon père se félicite même de pouvoir rentrer le soir, « dans ce havre de paix » qu’est la maison.

En Chine, le bruit est partout, dans la rue, le taxi, les magasins et même dans les salles de cinéma ou les couloirs des hôpitaux. Les Chinois parlent fort, roulent en klaxonnant, construisent et détruisent des maisons et des quartiers. Le silence n’existe pas, mais le bruit ne semble pas les gêner.

Moi qui, habituellement, aime écouter la musique à fond dans ma chambre, je n’ai pas résisté dix minutes, dans le centre de jeux vidéo près de la maison. « C’est un peu comme si on était à un concert de Black Métal et de Dubstep en même temps », dit mon frère Augustin.

« Ou bien dans une fête foraine où chacun essaie de couvrir la musique du stand d’en face », reprend Baptiste. Je fais alors de grands signes aux frères pour leur dire de sortir. Une fois à l’extérieur je dis : « On rentre à la maison et on revient avec des boules Quies. »

Dix jours après notre arrivée à Shanghai, mes parents annoncent : « on sort du bruit et on va au jardin botanique prendre un bon bol d’air. »

En arrivant là bas, je découvre un parc immense et très vert. En plus, étonnamment, on se retrouve presque  seuls. « J’ai pensé que pour votre arrivée, cela vous ferait plaisir que je réserve un parc rien que pour vous. » dit mon père en plaisantant. J’ajoute alors : « Ce qui nous ferait encore plus plaisir, c’est que tu coupes la musique ! »

Je viens en effet de réaliser ce qui m’agace depuis mon arrivée au jardin botanique : la radio du parc ! Et je fais remarquer : « Regardez  au bord du chemin, ces pierres qui font du bruit ! Et bien, ce sont des rochers en plâtre qui dissimulent des haut-parleurs, et qui diffusent de la musique dans tout le parc ! » Je réalise alors qu’il ne sert à rien de marcher plus vite pour s‘éloigner de la musique car tous les cinq mètres on retrouve une pierre parlante. Impossible de fuir. Où qu’on aille, des chansons entraînantes et des musiques criardes, s’enchaînent et nous poursuivent. Et même dans la voiture du retour, alors qu’il n’y a plus de musique, je continue de l’entendre.

Le week-end suivant, du coup, on décide d’aller plus loin. « Partons dans les montagnes jaunes, on va se ressourcer ! », proposent les parents. Les montagnes sont magnifiques et très pentues. Mais à flanc de montagne, malheureusement, il n’existe qu’un sentier de promenade étroit, bétonné et encombré de groupes de touristes. A la tête de chaque groupe chinois, un guide brandit un parapluie et hurle dans son haut-parleur des consignes de sécurité.

A sa suite, une vingtaine de personnes, téléphone portable, iPod ou même radio en main, se promènent tout en écoutant de la musique, ce qui provoque une cacophonie monumentale.

« Quel vacarme, je suis venu entendre les petits oiseaux moi ! », crie mon frère Augustin. Je supplie mon père : « On les double ou bien on fait demi-tour ? »

Il me répond : « Impossible et cela ne servirait à rien, il y a des groupes partout. »

Devant nous en effet, il y a le groupe des retraités à casquettes Burberry. Ils sont endimanchés mais viennent de la campagne. Ils portent sur l’épaule de vieux transistors et écoutent des opéras chinois. Derrière, on est suivi de près, par un groupe d’étudiantes à talons hauts. Elles, elles ont toutes un téléphone portable et écoutent du rock chinois.

Je pense alors à mon grand-père, qui adore le calme et la nature. Il ne faudra pas l’emmener ici, au milieu de ces gens qui détestent le silence.

C’est en février, au moment du nouvel an chinois que je finis par comprendre. Si les chinois supportent si bien le bruit, c’est parce qu’ils entendent mal !

« Il n’y a sûrement que les nouveau-nés, qui entendent correctement en Chine », je dis à ma mère.

« Pourquoi donc ? » me demande-t-elle.

« Parce qu’avec ces rafales de pétards, ils deviennent sourds dès leur premier nouvel an ! » Ma mère m’explique qu’au nouvel an Chinois, la tradition veut qu’on fasse le plus de bruit possible pour effrayer et éloigner les mauvais esprits.

Alors, chaque famille achète dans la rue des guirlandes de pétards et les allume devant sa porte.

Dans l’immeuble en face de chez nous, pour faire encore plus de bruit, ils placent les pétards dans leur cage d’escalier. On a l’impression qu’on tire à la mitraillette. Ça résonne dans tout le quartier.

Je dis à ma mère : « Je ne sais pas si les esprits ont peur, mais j’en suis sûr, les bébés doivent être terrorisés ! »

Heureusement, il n’y a pas que du bruit et de la fumée irrespirable, il y a aussi de splendides feux d’artifices qui explosent un peu partout.

La première fois, je suis resté scotché deux heures devant les vitres de la maison : c’était si beau !

« Tous dans ma chambre, venez voir le feu d’artifice du siècle ! », je crie aux frères.

 « Moi aussi, j’en ai un super depuis la cuisine », avertit Baptiste.

Et j’entends Augustin renchérir : « je suis sûr qu’il ne vaut pas celui qui est en face du salon ! »

On ne sait plus où donner de la tête, on court d’une pièce à l’autre. Les détonations s’enchaînent et, durant des heures, le ciel s’illumine de rouge, de vert, de bleu, d’argent et d’or.

Pendant un mois à Shanghai, c’est le quatorze juillet, jour et nuit. La première année, on en a bien profité ! Maintenant on se contente, le premier jour des vacances, d’aller se promener au “Yu Garden“, c’est un vieux quartier au centre de Shanghai. J’aime sa maison de thé et son pont en zigzag. Mais surtout, pour le nouvel an chinois il y a des lanternes géantesen forme d’animaux. Un animal par an, et il y en a douze. Cette année c’est l’année de la chèvre. Moi je suis serpent, le serpent est considéré comme un sage. Les frères eux, sont lapins. C’est bien car les lapins sont très populaires, mais c’est quand même dommage, car à deux jours près, ils auraient pu être tigre, l’animal magique qui fait fuir les mauvais esprits !

Et puis juste après, le second jour du Nouvel an Chinois, on s’envole et on finit nos vacances hors de Chine, histoire de préserver notre sommeil et nos oreilles. Bonne année de la chèvre !

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Les pétards du nouvel an Chinois, par un Petit Roux en ChineHistoire extraite du livre Un Petit roux en Chine de Marie Portal - 123 pages illustrées par Mélanie Abellan. 

Plus d’informations sur facebook.com/unpetitrouxenchine

Disponible sur www. unpetitrouxenchine.fr 

« Un petit roux en Chine » de Marie Portal.

Illustré par Mélanie Abellan.

Un petit roux en chine disponible dans les librairies parisiennes :

Le Phenix, 72 boulevard de Sébastopol 4e,

Librairie Lavocat,  101 avenue Mozart 16e,

Librairie Fei, 1 rue Frédéric Sauton  5e.

D’autres épisodes de la vie d’un Petit Roux en Chine sur FemmExpat :

Le taekwondo

Le massage des pieds

Un Noël en or massif


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