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Les billets d'humeur Retour vie pro en France

Retour d’expatriation – episode 7 – Y’a du boulot ?


Au retour d'expatriation « comment Violette et Albert essaient d’anticiper leur transition professionnelle vers la France ».

 Flo Malo Chroniques 7_NS

 

Résumé de l’épisode précédent : prise d’une frénésie inéluctable de rangement par le vide suscitée par la prise de conscience assommante du prix moyen du mètre-carré dans la capitale française, Violette s’est allégée de bon nombre de mètres-cubes. Puis, énorme soulagement, le dossier logement s’est miraculeusement résolu grâce au jeu de la chaise musicale des expats qui rentrent et qui repartent.

 

Très chers lecteurs et lectrices, heureuse de vous retrouver ! Les mois ont passé depuis qu’Albert et moi avons bravement décidé de partir à l’aventure sur nos terres natales avec nos petits globe-trotters. Beaucoup de chemin parcouru depuis… Côté émotions, nous avons déjà eu notre lot, mais c’est loin d’être fini, les amis... On n‘est pas encore parti, plus que quelques jours avant les mouchoirs qui s’agitent… Et puis avoir réglé les dossiers écoles et appart c’est très bien, mais il manque encore la clé de voute du système, le gros morceau : le boulot. Et ça, ça ne se trouve pas juste en remplissant des formulaires.

 

C’est drôle quand même : une des raisons qui avaient motivé notre projet de retour en France, c’est qu’Albert et moi croyions que nous aurions plus de facilité à rebondir professionnellement dans notre pays d’origine. Eh bien… Pas si sûr que ça, voyez-vous. Les interlocuteurs s’étonnent, headhunters et autres DRH en tête : « mais enfin Monsieur, pourquoi chercher un poste en France quand on a un profil international comme le vôtre ? - Hummm… Certes, Monsieur Truc, mais en même temps, euh… il n’y a pas la France d’un côté, et le reste du monde de l’autre, qui s’appellerait international, il faut bien que je cherche un job quelque part, non ?!? Et puis pourquoi est-ce qu’un ailleurs quel qu’il soit serait plus international que la France ?!! »

 

Le pompon, c’est le jour où Albert s’est présenté pour un entretien en vue d’un poste qui correspondait en tous points à son profil, à ses expériences, ses langues (cette fois ça allait servir ! dingue !), etc… Seul hic, lui a objecté le DRH «  vous n’avez pas d’expérience sur le marché français, ça peut être un problème ». Quoi ??? Mais enfin !! « Vous croyez Monsieur le DRH (j’aime bien imaginer que moi, Violette, j’ai l’occasion de donner mon point de vue à moi à ce $%$&% de décideur), vous croyez, donc, que mon Albert ici présent avait l’expérience du marché mexicain, ou sud-américain, ou espagnol ou italien avant de prendre les commandes du business chez Flashy&Co ?! Et pourtant, tiens, c’est intéressant : il a obtenu à chaque fois des résultats hors du commun ! Peut-être pourrait-on émettre l’hypothèse qu’éventuellement la non-connaissance d’un marché serait finalement un atout ? Pas d’a priori, pas de vieux réflexes, mais un nouveau regard sur une situation donnée, un recul inédit, une énergie nouvelle ! Et surtout des capacités d’adaptation largement prouvées ! ».

 

Bref, ce n’est pas gagné, cette affaire. C’est vrai, j’ai bien remarqué que la tendance, vue de France, est plutôt à la recherche de nouvelles opportunités vers des « ailleurs », des « terres d’opportunités », des « eldorados professionnels ». Un thème très à la mode dans la presse, les reportages TV, les medias sociaux, on nous bourre le crâne avec ça depuis quelques années, mais déjà bien après que nous soyons partis, nous (il est vrai que l’invention des médias sociaux est largement plus récente…). On est parti trop tôt peut-être ??! Parce que ben, justement, toutes ces cases-là sont cochées voyez-vous et nous, on revient !!! En parlant de cases, va-t-on rentrer, Albert et moi dans ces fameuses « cases » ?

 

Parce que des cases, on en a plein à revendre ! Trop ? Trop exotiques ? Trop colorées ? Allez. C’est décidé, je vais inscrire Albert au café-retour de Femmexpat (Hommexpat ?!) et au Job Booster Cocoon. Pas pour le faire rentrer de force dans une case (et puis franchement, si vous le connaissiez… c’est peine perdue). Non justement, pour qu’il puisse prendre encore plus la mesure de son potentiel et valoriser toutes ces nombreuses cases facultatives qu’il a cochées, si riches, si différentes, dont le cadre lambda parisien, même super-dynamique, n’a sans doute jamais entendu parler. Par exemple, les cases « Négociation tendue en VO avec des clients Siciliens » ou même « Commercialisation d’une gamme de soins pour Hommes en Amérique Latine » (sérieusement, LE challenge marketing des 30 dernières années). Reste « juste » à trouver la boîte qui saura valoriser ces atouts et en détecter tout le potentiel. Bonne nouvelle : il semble que ça existe ! Je crois même savoir que le terme « carrière atypique » est le nouveau buzz-word dans les sphères RH un peu trendy.

 

D’ailleurs, en ce qui me concerne, à force de me réinventer depuis tant d’années avec un profil chaque fois plus atypique, j’ai trouvé le moyen de rebondir sur un job sur-mesure pour septembre à Paris. Comment, me demanderez-vous ? Mon retour dans la vie active en rentrant de notre « paradis sur terre », le Mexique vers l’Espagne - avec ses 28% de chômage à l’époque - n’a pas été facile, c’est vrai. J’ai dû accepter de rétrograder en périmètre de responsabilités, nombre de zéro en bas de la fiche de paie et enfin et surtout changer de métier car en quelques années mon industrie s’était littéralement transformée à l’insu de mon plein gré. Mais bon, il fallait bien financer la scolarité à la française de nos chères têtes blondes. Alors en réactivant mes réseaux et en acceptant ces « menus ajustements », j’y suis arrivée. Ça n’a pas été facile. Ça a même été très difficile. Et en plus il a fallu un an après apprendre une nouvelle langue pour emporter mon job fraichement démarré en Italie pour suivre à nouveau Albert. Mais ce que j’ai perdu en « pouvoir d’achat », je l’ai gagné en flexibilité : donnant-donnant. Ma boite, une start-up technologique remplie de gamins de 24 ans 1/2, bénéficie avec moi de l’expérience d’une « senior » (quelle horreur ce terme, je me vois déjà avec un dentier et des cheveux violets). Et pour moi en retour : 1. home-working à la carte (mon boss est à 10.000 km de toutes façons, ça ne lui fait ni chaud ni froid) et 2. part-time annualisé pour jongler avec les vacances scolaires de la marmaille et respirer un peu. Tout ça a donc payé ! Et d’autant plus que maintenant, ils ont besoin de moi en France. CQFD.

 

Pour finir, ce qui est étonnant, c’est de voir à quel point mon Albert est zen et confiant. Quelle force. De mon côté, je vous avais parlé des petites plantes que je prenais pour m’endormir le soir… figurez-vous que ça ne suffisait plus. Mon Léandre, m’a expliqué que c’était « normal et même prouvé scientifiquement ». Il paraît que « comme mon cerveau n’a jamais d’occasion durant la journée d’être « au repos » pour se « rebooter comme un ordinateur », alors il le fait la nuit, et ça, ça empêche de dormir ». Ah. « Dis-donc Léandre où vas-tu chercher tout ça ??? Quoi ? Youtube ??? Ah bon ??? Tu ne fais donc pas que jouer à des jeux idiots sur ton Ipod ??! ». Sincèrement, j’y réfléchirai à deux fois la prochaine fois avant de lui répéter en mode automatique de lâcher son écran. Investissons plus sur nos enfants, ils peuvent se révéler utiles, parfois. Bref, il m’a ouvert les yeux ce petit (enfin ce grand puisqu’il vient de me dépasser). Donc, j’ai mis en route mes méninges et… Euréka… le Yoga ! Il paraît que ça guérit de tout (ou presque) et surtout que ça aide à débrancher le cerveau. Hop, me voilà donc inscrite le jour-même pour 12 cours qu’il faut que je me dépêche de consommer avant mon départ. Résultat après 3 semaines: c’est un vrai miracle. Foi de Violette, je ne vous mens pas : ça a changé ma vie ! Je DORS la nuit. Du coup je suis en forme la journée, du coup, ben…. je râle beaucoup moins, je suis plus efficace au boulot, alors forcément je suis de meilleure humeur, je rigole plus, du coup je suis beaucoup plus zen, et enfin : je dors ENCORE mieux. Et puis en plus maintenant je sais dire « coudes », « omoplates »  et  « chandelle » en italien, et ça, je peux vous dire que ça peut en jeter potentiellement dans les soirées mondaines. Chers amis expats, futurs expats, ex-expats, futurs-ex-expats, allez-y les yeux fermés (littéralement, en plus) : investissez sur le yoga (et sur vos enfants).

 

A suivre…

 

Prochain épisode : Ciao, Dolce Vità ; à nous, douce France ! Ou « comment Violette réalise qu’elle peut conserver son âme d’exploratrice même au-delà des Alpes ».

 

 

 

Chroniques d’un retour (pas) annoncé

Les aventures en live de Violette, expatriée au long cours, maman de quatre enfants et career-woman s’adaptant aux contextes changeants qui apprend subitement par son cher époux Albert qu’ils vont devoir rentrer vivre à Paris après de nombreuses années de vadrouille à travers le monde. Ces chroniques relatent les sentiments, les espoirs et les craintes de Violette tout en décrivant sous formes d’anecdotes les étapes qui ponctuent ce retour d’expatriation pas annoncé et enfin comment Violette surmonte ces changements pas forcément choisis au départ.

 

florence malaud

 

L’auteur : Florence Malaud vit à Milan, Italie, depuis 2 ans et demi après avoir quitté Paris à la fin du XXème siècle avec son mari et vécu aux USA, en Espagne, et au Mexique. Tour à tour jeune cadre expatriée dans un grand groupe suivie par son mari, puis auto-entrepreneur – suivant son mari cette fois – elle est aujourd’hui dirigeante dans une start-up et Coach certifiée HEC. Quatre joyeux enfants sont nés au cours de cette Odyssée.

 

 

Caroline Portrait

Illustration par Caroline Gaujour, illustratrice/graphiste expatriée à Istanbul –www.dessinsdexpat.com / dessinsdexpat@gmail.com.


Lire son portrait sur Femmexpat.

 

 FemmExpat vous conseille de lire : --

Bric-à-brac – Épisode 6 des chroniques d’un retour

 

 

 


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