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Oh mon Dieu, on s’expatrie en Chine !

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Oh mon Dieu, on s’expatrie en Chine !Bon ben voilà ça y est : vous venez d’apprendre la nouvelle. Depuis que la question de l’expatriation est dans l’air, vous avez fantasmé et angoissé dans un même mouvement. La vie d’expat’, ses villas de rêve, ses cocktails chez Monsieur l’Ambassadeur, ses destinations exotiques et son sevrage brutal de fromage qui pue. Vous vous voyiez déjà en haut de l’affiche de la vie dorée d’expat’, en train de mener la-belle-vie-en-Floride-à-Miami. Ou à Singap’, ou Bangkok. Ou éventuellement à Bali si vraiment on insiste pour vous envoyer loin d’une grande ville. Curieusement vous n’avez jamais vraiment rêvé de Monrovia, Medellin ou Peshawar. Sans doute parce que pour commencer vous ne sauriez même pas comment les situer sur la carte. Et v’là ti pas que la nouvelle tombe : adieu Singap’, adieu Miami, c’est en Chine qu’on veut vous envoyer.

A moi vous pouvez bien l’avouer : votre premier mouvement n’a pas forcément été marqué par un fol enthousiasme. Un « ah oui, la Chine, quand même… » vous a traversé l’esprit quand ce n’est pas carrément « Oh mon Dieu, oh mon Dieu, la Chiiiiiine ! ». Regardez le côté positif des choses : vous venez d’échapper à N’djamedellin, capitale de la Colombrazzago Britannique. C’est déjà ça de gagné. Donc la Chine. Si vous faites partie de cette immense majorité de gens qui ne rêvent pas depuis tout petit de venir y vivre, là normalement il vous faut un petit moment d’adaptation. Parce que dans votre tête, la Chine, c’est quand même cet immense pays ultra-pollué, ultra non-démocratique, ultra peuplé par des gens parlant une langue ultra-différente et fabriquant des tonnes et des tonnes de produits manufacturés bon marché dont vous rejetez depuis des années la consommation rapport au fait que c’est pas écolo, que vous êtes contre la mondialisation et que de le made in China c’est totalement has-been. Du coup l’angoisse vous assaille. Comment allez-vous vous trouver une petite place dans cet immense pays, si tant est que vous ne mourriez pas dans les deux mois d’une crise d’asthme ou d’un cancer fulgurant, voire des deux ? C’est là qu’il faut prendre une grande inspiration (voire plusieurs), et commencer à regarder d’un autre œil ce grand pays qui vous tend les bras.

La Chine c’est pollué

Commençons par-là, c’est important. Et disons-le d’emblée parce qu’il n’y a pas vraiment moyen de faire autrement : oui la Chine est polluée. Et non ce n’est pas qu’un affreux complot des médias pour donner une mauvaise image de l’empire du milieu. Mettons que lorsque notre amie Anne Hidalgo est au bord de l’apoplexie avec un indice de pollution à 100 à Paris, l’expatrié en Chine se dit « 100, wahou, la qualité de l’air est pas mal du tout aujourd’hui ». Ce qui veut dire - et c’est une bonne nouvelle - que venir vivre en Chine vous apprendra la relativité mieux que n’importe quel traité de physique quantique. Ne paniquez pas tout de suite : sur le plan pratico-pratique, des purificateurs d’air rendront l’atmosphère de votre petit chez vous parfaitement respirable. Ce qui veut dire aussi qu’il vous faudra développer des trésors d’imagination pour occuper vos enfants en intérieur les jours de pics de pollution. A vous patience et créativité ! Ou alors vous pourrez enfin commencer la lecture d’A la recherche du temps perdu. Vous aurez du temps devant vous le week-end. Vous voyez le principe : il y a toujours un revers positif de la médaille. C’est le Yin et le Yang, vous êtes déjà en train de vous adapter.

Le mandarin c’est trop difficile

Là, je ne vois pas ce qui vous fait dire ça. Ou alors simplement des a priori totalement surfaits. Non, le chinois n’est pas si difficile que ça à apprendre. Pour un Chinois. Ou un Coréen, ou même un Japonais. Pour un petit francophone évidemment, c’est un apprentissage qui recèle un certain challenge. Mais vous aimez ça les challenges, non ? S’amuser à distinguer des sons que votre oreille ne distingue pas, apprendre à prononcer des sons que votre oreille n’entend pas. Ce n’est pas en restant en France que vous pouviez vous livrer à cette amusante expérience. Ne vous découragez pas tout de suite : on trouve sous nos latitudes des Français parfaitement sinophones, preuve que c’est possible. Avec un peu de travail. Et puis sinon vous pouvez aussi choisir d’investir le langage des signes, ça marche pas si mal que ça.

En Chine ils sont trop nombreux

Bon, vous êtes asthmatique et agoraphobe : vous le feriez pas un peu exprès pour refuser de venir en Chine des fois ? Certes au dernier recensement les Chinois étaient assez nombreux (dans les 1,3 milliards, trois fois rien). Mais ce qui compte c’est surtout la densité non ? Il faut donc essentiellement éviter gares et aéroports à la veille du nouvel an chinois. Mais pour le reste l’architecture chinoise est votre amie : grandes et larges avenues, places immenses, malls gigantesques. Dans ces grands espaces on a rarement l’impression d’être submergé par la foule. Rien à voir avec les petites rues étroites à trottoirs microscopiques de nos centres villes historiques, si vous voyez ce que je veux dire. Et puis tous ces gens dégagent aussi une grande énergie, et c’est pas toujours désagréable figurez-vous. Surtout quand on arrive d’un pays frappé par la morosité.

Les chinois sont rustres, opiomanes et communistes enragés

Halte là, je vous arrête ! Vous allez partir en Chine, il est donc temps de laisser de côté Tintin, le Lotus Bleu et les images à col mao. Les Chinois sont certes différents de nous, mais bien moins que les Japonais ou les Scandinaves par exemple. D’ailleurs c’est bien simple, on les appelle les latins de l’Asie. Ils rient fort, parlent fort, mangent et boivent beaucoup, bref, des bons vivants. Et ça, pour un francophone, ça ne peut que les rendre sympathiques. Bon, ils font aussi d’autres bruits physiologiques un peu fort. Ce n’est pas leur meilleur côté mais on peut s’habituer à tout non ? En tout cas ils ne sont pas si rustres. Et par beaucoup de côtés ils sont sympathiques, et même attentionnés avec les enfants et les personnes âgées. Bref, n’ayez pas peur, surtout qu’il y a de bonnes chances que vous fréquentiez beaucoup d’autres francophones ou anglophones.

Mais alors les expats peuvent survivre là-bas ?

Excellente question puisqu’il y a actuellement en Chine énormément de résidents étrangers. Ramenés à la population locale, le pourcentage est certes ridicule. Mais vous trouvez par exemple environ 20 000 francophones installés rien qu’à Shanghai (plus tous les Allemands, Américains, Britanniques et autres nationalités moins représentées). Et bonne nouvelle ils ne sont pas tous désespérés, ni tous morts d’un cancer asthmatiforme fulgurant. Pire, le plus souvent ils parviennent à durer quelques années en Chine. Il y en a même plein qui sont contents d’être là, voire qui font des pieds et des mains pour y rester, si si, je vous assure.Oh mon Dieu, on s’expatrie en Chine !

Parce que passé ce premier mouvement de léger scepticisme vis-à-vis de la Chine on peut facilement se laisser séduire par cet immense pays, ses habitants, son énergie, son immense patrimoine culturel et tout ce qu’il va vous révéler de vous-même en essayant de vous y adapter. Je fais le pari que la balance peut être très positive. Parce que, voyez-vous, lorsque mon mari m’a annoncé « ce sera Shanghai », je n’ai pas été exactement enthousiaste. « Oh mon Dieu, Shanghai ! Oh mon Dieu la pollution ! Oh mon Dieu ! » que je me disais. Et deux ans après je n’en finis pas de découvrir notre ville et notre pays d’accueil, avec infiniment plus de moments enthousiastes qu’agacés. Parfois arriver sans beaucoup d’attentes est le meilleur moyen d’être agréablement surpris.

Alors, vous faites le pari que vous aussi vous pouvez vous surprendre à l’aimer cette indescriptible Chine ?

 Tara B.

Ex-enfant expatriée sagement revenue dans le rang, Tara B. a finalement craqué et s’est embarquée avec mari et enfants dans une nouvelle expérience d’expatriation. Installée à Shanghai depuis 2014, elle partage son quotidien et sa vision de la Chine sur son blog Le Grand Bond Au Milieu.

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Commentaires

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  • Merci pour ce partage, je m’y retrouve énormément! Nous venons de faire un voyage de prospection en Chine, car notre départ ne serait qu’en 2018. Et c’est vrai, mes aprioris sont tombés dès que j’ai mis les pieds là-bas si bien que je me suis motivée pour apprendre le mandarin 😉

  • Oui mais quand on y a goute, on ne veut plus en repartir. Et on reve d’y retourner. Je suis restee 4 ans a chengdu et j’ai pleure tout ce que j’ai pu le jour de notre depart de Chine. Et ce pays me manque tellement… Le chinois est plus facile que le russe!!! Si vous pouvez y aller, foncez, n’hesitez pas!

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