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Retour à l’école en mode Covid-19 : l’avis du pédiatre


Rentree-scolaire-Covid-avis-pediatreAprès une rentrée scolaire aux couleurs Covid-19, nos enfants vont forcément avoir le nez qui coule ou de la fièvre... Les écoles et crèches vont-elles fermer à la moindre suspicion ? Comment les laboratoires vont-ils gérer l’afflux de demandes de tests ?

Autant de questions auquel le temps répondra… Mais les sociétés savantes de pédiatrie en France, notamment l’AFPA (association française de pédiatrie ambulatoire), et la SFP (société française de pédiatrie), aident les professionnels, à y voir plus clair.

Décryptage par Pauline Krug-Tricot, pédiatre française expatriée à Tokyo et fondatrice du podcast WeePeeS (pour "Wonder Pédiatres" !) qui traite de pédiatrie et de parentalité !

 

> Lire aussi : Pauline, pédiatre en expat', se lance en podcast

 

Les enfants et le coronavirus

Beaucoup de choses ont été dites sur les enfants et le coronavirus. On a déjà dit que c’était des « bombes atomiques », bourrées de virus sans le savoir et qui répandaient insidieusement la maladie tout autour d’elles.

On a donc fermé les écoles, on les a éloignés des grands-parents fragiles. Puis, les études ont commencé à changer notre vision à nous, pédiatres, mais pas encore celle de la population générale.

On sait maintenant que les enfants sont moins contaminés par le SARS COv2, moins souvent malades et moins contaminants que les adultes, et qu’il y a très peu de formes sévères chez l’enfant. 

 

Quel intérêt de faire une PCR chez l’enfant ?

La PCR consiste à faire un prélèvement avec une sorte de grand coton tige qu’on enfonce dans une narine, et à rechercher la trace du virus sur ce prélèvement à un instant donné.

Nous avons la chance d’avoir à notre disposition une belle étude réalisée en France, l’étude VIGIL, qui a été menée par le groupe de pathologie infectieuse pédiatrique en post-confinement, dès mai 2020, pour voir la rentabilité des PCR coronavirus dans le nez chez l’enfant. Cette étude avait pour but de définir dans quels cas la PCR serait indiquée.

Ont été testés plus de 1500 enfants symptomatiques, venus consulter aux urgences ou en cabinet de pédiatrie pour de la fièvre sans cause retrouvée (donc en pratique les enfants ayant des « rhino » ou des « viroses » .

Parmi eux, la PCR SARS COV2 était positive :

  • dans seulement 1% des cas si l’enfant n’avait eu aucun contact COVID
  • dans seulement 10% des cas en cas de contact avéré avec une personne COVID (les parents dans 90% des cas).

Ceci montre donc que les enfants sont peu souvent porteurs alors même qu’ils ont des signes qui peuvent faire penser à un coronavirus, et même s’ils ont été en contact avec un adulte malade.

Ces tests actuels naso-pharyngés sont désagréables, et risquent de devoir être répétés, car les enfants en crèche ont en moyenne 6 à 8 épisodes viraux durant la saison froide ! Sans compter le coût, à la fois du test, du travail manqué par les parents...

Les délais de test et de résultats s’allongent, parfois jusque 6 jours, diminuant encore leur intérêt dans la détection et la prise en charge des clusters.

 

Alors, quels malades faut-il tester ?

Les indications de test PCR doivent être adaptées et non systématiques. L’AFPA et la SFP nous proposent des arbres décisionnels, qui évolueront certainement au cours de l’hiver. Ces conduites à tenir diffèrent d’un pays à un autre, selon aussi le niveau de l’épidémie dans la population.

 

>> Votre enfant est malade (fièvre, toux fébrile, diarrhée, vomissements…) : gardez-le à la maison !

  • S’il a juste le nez qui coule sans fièvre, et une toux liée à son rhume, vous pouvez l’envoyer en collectivité sans avoir besoin d’une consultation, d’une PCR ni d’un certificat…  
  • Bien sûr, si son état clinique ou son comportement vous inquiètent, il faut consulter sans attendre.
  • S’il a été en contact avec une personne ayant une PCR Coronavirus positive, ou qu’il vit au domicile d’une personne fragile : il faut le tester sans attendre. .

 

Ensuite, on distingue deux groupes : les moins de 6 ans et les plus de 6 ans.

 

>> Pour les enfants de moins de 6 ans

Bien sur, ils sont souvent malades à leur entrée en collectivité, car c’est la première fois qu’ils rencontrent les virus. S’ils ont de la fièvre ou le nez qui coule, il est fort possible que leurs symptômes soient liés à un autre virus. Donc, on ne va pas les tester trop rapidement.

On va donc tester les petits enfants malades au bout de 3 jours seulement, pour leur laisser le temps de guérir tout seul à la maison. Au bout de 3 jours, si l’enfant est toujours malade, il faut consulter. Si votre médecin pose un autre diagnostic évident qui explique la fièvre ou les autres signes (otite, angine bactérienne, varicelle, infection urinaire…) et estime que le test n’est pas indiqué, il peut retourner à l’école ou la crèche dès qu’il n’est plus malade, sans avoir besoin ni d’un test ni d’un certificat.

 

>> Votre enfant a plus de 6 ans ?

Là, c’est un peu différent, car en général, ils sont moins malades que les petits. On va donc suspecter le coronavirus plus facilement, et ne pas attendre 3 jours avant de faire la PCR. On préconise donc de consulter sans attendre.

Si le médecin pose un autre diagnostic expliquant les signes, il va traiter votre enfant, la PCR n’est pas indiquée. En revanche, si aucun diagnostic évident n’est posé, il faudra faire le test sans attendre.  Si la PCR est négative et que l’enfant est guéri, il peut retourner à l’école sans certificat.

 

Combien de temps isoler un cas positif ?

Si la PCR est positive, pour le moment, on préconise un arrêt de la collectivité pendant 1 à 2 semaines sans contrôle de PCR nécessaire. La durée de l’isolement varie selon les pays.

 

Faut-il fermer les classes si un cas se déclare ?

Et que faire des cas contacts ? On pense qu’il faut tester les contacts d’une personne COVID + qui ont été à moins d’un mètre pendant plus de 15 minutes. Mais ce n’est pas si simple…

Que faire des enfants d’une même classe dont la maîtresse masquée a été testée positive ? Des enfants de crèche dont l’auxiliaire de puériculture est positive ?

Le 4 septembre 2020, soit 3 jours après la rentrée, déjà 22 classes étaient fermées dans toute la France, parfois devant un seul cas. Mais dans l’intérêt des enfants, ces mesures ne sont pas souhaitables et devront rester exceptionnelles.

 

Quelles autres recommandations ?

Évidemment ne pas oublier les gestes barrières :

  • se laver les mains régulièrement et éduquer les petits de moins de 6 ans,
  • mettre à disposition du soluté hydro-alcoolique dans les écoles,
  • utiliser des mouchoirs jetables,
  • tousser dans son coude,
  • et pour le personnel adulte des établissements, porter un masque.

Certaines écoles imposent le masque aux enfants dans les transports et en classe.

Il est certain que le retour en collectivité des enfants va augmenter le risque de contamination chez les enfants et les adultes qui les encadrent. Mais il faut se rappeler qu’il existe des milliers de virus saisonniers autres que le SARS COV2, notamment les virus des bronchiolites, des gastro-entérite et de la grippe, que les symptômes sont toujours peu spécifiques : nez qui coule, fièvre, toux, diarrhée…

Toutes les mesures de prévention prises vont diminuer les épidémies en général, qu’elles soient liées au coronavirus ou à d’autres virus. Mais les infections ne vont pas disparaître, a fortiori dans les collectivités d’enfants.

On conseille donc de renforcer la vaccination contre la grippe, possible à partir de 6 mois, et de généraliser la vaccination des nourrissons contre le Rotavirus, virus principal des gastro-entérites. Ceci permettra d’éviter ces deux maladies, et donc à la fois de moins surcharger les structures de soin, mais aussi de diminuer la fréquence chez l’enfant des opportunités de suspecter une COVID-19.

En conclusion, nous pédiatres pensons que les bénéfices sociaux et éducatifs de l’école sont supérieurs au risque d’une éventuelle contamination par le SARS COV2 de l’enfant en collectivité. Nous nous sommes exprimés sur ce sujet depuis le mois d’avril 2020. Les sociétés savantes pédiatriques devront se positionner sur ces décisions et les faire évoluer. En espérant ensuite que les établissements jouent le jeu... Bonne rentrée à tous !

 

Pauline Krug-Tricot, pédiatre française expatriée à Tokyo

 

 

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