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Education et mondialisation : s’adapter aux besoins de chaque élève


apprendre-au-xxi-au-sein-de-la-mission-laique-francaise-cest-etre-un-acteur-engage-partie-2Directeur général adjoint de la Mission laïque française (Mlf), responsable du service pédagogique, Michel Bur, dans ce second entretien, expose la place que tient l’élève mais aussi l’enseignant dans le processus d’apprentissage des écoles du réseau.

Apprendre au XXI au sein de la Mission Laïque française, c’est être un acteur engagé

- Partie 2 : la vision de l’école de la Mlf au XXI siècle 

 

De plus en plus de Français s’expatrient. Pourtant de moins en moins font le choix des écoles françaises à l’étranger. Nous devons nous poser les bonnes questions. Pendant longtemps, nous étions persuadés que forcément les enfants français iraient à l’école française. Aujourd’hui, ce n’est plus systématique.

 

 

L’expatriation, c’est

  • l’ouverture à d’autres mondes
  • apprendre une langue,
  • découvrir une culture. 


Ce n'est pas nécessairement rechercher la copie du schéma du service public français à l’étranger
. Et, pour les familles nationales qui nous font confiance, c’est un pari sur l’avenir, c’est un défi qui nous honore et nous oblige.

 

Quelles sont les attentes des familles aujourd’hui dans notre monde globalisé ?

Les familles qui font le choix de l’école française évoquent souvent le concept d’une « éducation à la française », faite de rigueur, de construction du jugement critique de l’élève… A ces valeurs traditionnelles de l’école française, s’ajoutent d’autres attentes aujourd’hui : un accompagnement individualisé, une attention bienveillante. Mais aussi une prise en compte de la personnalité de chacun, de manière à pouvoir répondre aux ambitions et projets que chaque élève veut développer.

Leurs attentes sont fortes aussi en termes de services et de prestations : accueil périscolaire, restauration, activités artistiques, culturelles, projets de mobilité …). Leurs attentes enfin vis-à-vis de l’école sont légitimement élevées : un savoir être, des savoirs, des savoir-faire mais aussi un savoir devenir. Le jeune doit pouvoir se mouvoir dans ce monde globalisé, se connaître pour mieux connaître le chemin qu’il veut emprunter. Pour cela, il lui faudra maîtriser plusieurs langues, à l’oral comme à l’écrit. Il lui faudra aussi développer des capacités d’adaptation, de créativité, des compétences disciplinaires, transversales…

L’école française doit donc, dès la maternelle, savoir répondre à ces attentes, à ces besoins exprimés. C’est  le sens même de l’évolution de l’école, où l’on est passé d’une école intégrative à une école inclusive. Au sein du réseau de la Mlf, nous sommes clairement pour cette école inclusive qui s’adapte à la réalité des besoins de chaque élève.

 

Vous présentez la Mission laïque française comme un réseau d’apprenants, pouvez-vous nous expliquer un peu plus ?

Ce qui nous intéresse et qui rejoint les recherches de François Taddei dans « Apprendre au XXI siècle » c’est une réussite de l’élève qui repose sur la confiance qu’on lui accorde. Ce qui signifie accorder à l’élève le droit à l’erreur, l’encourager à expérimenter, à oser, à faire preuve d’autonomie et prendre des initiatives. Le professeur aujourd’hui est « descendu de l’estrade » . Il est pour l’élève, avant de partager et transmettre ses connaissances, un guide, un accompagnateur du savoir. Il est important de réfléchir en ce sens au lien entre les espaces, le temps et les contenus d’enseignement. C’est pour cela qu’il est important de développer l’interdisciplinarité, le travail collectif, en somme le « agir ensemble ».

Il s’agit de sortir des cloisonnements, de créer les conditions de la coopération entre les équipes et les disciplines. C’est une priorité dans nos écoles. L’école en France est elle-même traversée par ses évolutions. Aucun grand problème dans le monde ne peut se résoudre par l’apport d’une seule discipline. Au contraire, c’est par la combinaison de plusieurs savoirs, par une plus grande transversalité où l’on sait apprendre de l’autre et avec l’autre, que des situations problèmes peuvent se résoudre.

 

Je citerai deux exemples :

A Palma, nous avons début février le PALMUN, où des lycéens de plusieurs établissements vont apprendre, sur le modèle des Nations-Unies, à débattre en langues, confronter des points de vue, argumenter, défendre des positions et des idées. C’est bien par la mobilisation de plusieurs compétences que ces élèves vont s’exprimer dans une authentique situation de travail. C’est là même un bel exemple de coopération au sein du réseau.

Pour les professeurs, pour illustrer ce concept d’organisation apprenante, c’est à travers la formation que cela va se traduire. Ainsi, nous proposons sur notre site le Forum pédagogique qui est une plateforme de formation entre pairs où le libre choix des enseignants prévaut.  A la Mlf, nous partons du principe que les enseignants, premiers acteurs engagés dans l’Education, sont tous chercheurs et formateurs. Chacun dans sa classe développe des compétences particulières. Chacun peut les partager et proposer un temps d’échanges et d’interactions. Cette formation contextualisée née dans notre réseau en Amérique du nord porte ses fruits. 

Depuis la rentrée scolaire 2018, nous avons plus d’un millier d’inscrits aux quatre coins du monde. Avec le soutien et les apports de la Recherche, en neurosciences éducatives par exemple, c’est tout un écosystème qui se développe. Il donne sens également à ce réseau d’apprenants mlfmonde.

 

Quels sont les outils numériques qui peuvent répondre aux besoins nouveaux d’apprentissage de vos écoles et comment s’y prendre pour les mettre en place ?

La question de l’usage pédagogique du numérique est pour nous très importante. En novembre dernier nous avons organisé les premières rencontres numériques à Saragosse, en écho à notre congrès en 2014 sur ce même thème du numérique. Pour la Mlf, le numérique doit être en capacité d’augmenter les apprentissages. Mais là encore, notre démarche s’inscrit dans la durée en mettant l’accent sur la formation.

Quels types de formations sont nécessaires pour nos professeurs ? Quels outils mettre en place au sein des établissements pour mieux répondre aux besoins exprimés ?  

On ne peut pas vanter un changement des pratiques pédagogiques en classe en ne modifiant par la formation qu’on propose aux enseignants sur les usages du numérique.

 

Trois publics , trois métiers

Concrètement, nous appréhendons ce sujet de manière globale en associant trois acteurs majeurs concernés par le numérique : les techniciens des établissements, les pédagogues et le personnel d’encadrement. Trois publics « métiers » qui se croisent, mais n’interagissent que rarement sur le sujet du numérique.

L’idée de ces rencontres numériques est de déterminer comment, à l’échelle d’un établissement scolaire, on peut prendre le temps de comprendre les problématiques de chacun de ces publics, de faire en sorte que le pilote du numérique, c’est la pédagogie et non pas la technologie ou l’informaticien ni même le chef d’établissement qui équiperait de manière arbitraire ses classes… C’est aussi enfin apprendre à ces trois entités professionnelles de faire le diagnostic le plus précis possible des besoins (ressources, usages) de la population scolaire (personnel et élève). La réunion de ces trois publics à terme peut faire avancer de manière plus forte un projet numérique au sein d’un établissement ; c’est là tout le sens de notre engagement.

Une fois ce cadre posé des rencontres des enseignants, des acteurs techniques et des directions, nous avons ajouté trois autres composantes à la réflexion : les parents, les élèves et le monde de la recherche.

Là encore, c’est par une approche systémique du numérique à l’école que l’on peut faire de cet outil un allié des apprentissages : construire de nouvelles compétences, forger un esprit critique, former les élèves à une éducation aux médias et à l’information.

 

Votre direction au siège à Paris fonctionne finalement comme un établissement scolaire, c’est assez surprenant !

Au sein de la direction de la Mlf, il y a deux adjoints au directeur général : le premier a en charge les affaires administratives, juridiques et financières de la Mission. Les affaires pédagogiques, la formation et les personnels relèvent de ma responsabilité. Ce binôme rappelle en effet celui d’un établissement scolaire mais la comparaison s’arrête là. La Mlf fonctionne en combinant des compétences issues du secteur privé et du ministère de l’Education nationale. Notre cœur de métier c’est l’accompagnement global et pédagogique des établissements sur l’ensemble des sujets qui font l’actualité éducative. A nous de rester réactifs, disponibles et au plus près des réalités de nos établissements pour nous aussi savoir répondre à leurs besoins.

 

Entretien réalisé par Sabine Cros-Scherer, mars 2019

 

Contact :

Réseau Mlf : www.mlfmonde.org

Contact et informations : ecoles.entreprises@mlfmonde.org

Siège de la Mission laïque française : 9 rue Humblot, 75015 Paris.

Tel : +33(0)1 45 78 61 71

accueil.mlf@mlfmonde.org

 

 

Pour aller plus loin :

Apprendre au XXIème siècle : une aventure au long court à la Mission laïque française. La MLF, réinvente l’école française à l’étranger (partie 1)

Les écoles d’entreprise à l’étranger, marqueurs de la Mission laïque française (Mlf)

Ecoles de la Mission laïque française ? La solution idéale pour garder le français !

 

 

 

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