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Entretien exclusif avec Michel Reverchon-Billot, directeur général du CNED


CNED Michel Reverchon Billot

Le CNED : une formation à distance, créatrice de liens

Michel Reverchon-Billot, inspecteur général de l’éducation nationale, a été nommé en 2017 directeur général du CNED. Il avait auparavant accompagné la stratégie numérique du service pédagogique de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Dans cet entretien, il nous dévoile la stratégie du CNED pour son développement international.

 « Le CNED au service de toutes les réussites » est aujourd’hui le message que vous envoyez en direction de nos familles expatriés. Quel est votre stratégie pour répondre à cet engagement?

Les lycées à l’étranger ne peuvent pas tous en effet proposer l’ensemble des options fruit de la réforme, notamment les enseignements de spécialité (trois en première puis deux en terminale), qui donnent la coloration de la formation scolaire de chaque élève.
Pour éviter que les élèves expatriés, faute de pouvoir bénéficier de toutes les spécialités dans leur établissement scolaire, soient limités dans leur orientation et donc risquent d’être pénalisés, le CNED, en accord avec l’AEFE, dispense les enseignements de spécialité à distance quand ils ne peuvent pas être assurés dans l’établissement. A la rentrée 2020, près de 300 élèves en ont bénéficié dans plus de 60 établissements. Grâce à ce complément d’offre assuré par le CNED, c’est l’idée d’un « lycée augmenté » qui se dessine.

L’opérateur CNED constitue aujourd’hui une force de proposition en accompagnant, par une dynamique originale à l’étranger, les politiques publiques éducatives françaises.

Le CNED a été en première ligne, et l’est toujours, pour assurer la continuité pédagogique quand les établissements scolaires doivent fermer en raison de la crise sanitaire. Est-ce également le cas à l’international ?

En fait le dispositif « Ma classe à la maison » qui a été déployé en France pour pallier la fermeture des établissements scolaires, à partir de mars 2020, a d’abord été testé à l’étranger. Dès le début du mois de février, les trois plateformes de continuité pédagogique du CNED (primaire, collège et lycée) ont été, à la demande de l’AEFE, mis à la disposition d’un groupe d’établissements des pays touchés en premier par le Covid (Chine dont Hong-Kong, Taïwan, Vietnam).  L’épidémie ayant eu par la suite, comme on sait, une diffusion mondiale, c’est la quasi-totalité du réseau de l’enseignement français à l’étranger, plus de 500 établissements, qui a pu bénéficier de ce service, à titre gratuit, pour une période plus ou moins longue selon les besoins locaux.

Je rappelais il y a un instant le rôle que pouvait jouer le CNED dans des pays en crise, comme la Centrafrique ou la Libye. Cette fois c’est l’ensemble des écoles françaises de l’étranger que le CNED a pu aider, avec ses outils spécifiques.

Quelles sont les solutions de scolarité adaptées à l’expatriation ?

Aujourd’hui, à l’international, on compte 18 000 inscrits scolaires au CNED. Les situations sont variées et les inscrits choisissent parmi différentes options de scolarité : scolarité complète, cours à la carte, ou Scolarité Complémentaire Internationale (SCI). Celle-ci offre les disciplines suivantes : mathématiques, français et histoire-géographie.

Cette dernière scolarité hybride en présence dans un établissement local et à distance avec le CNED, a enregistré en 2020 environ 2000 inscrits dont une majorité dans les pays anglo-saxons, en premier lieu aux Etats Unis, au Royaume-Uni et en Australie.  La SCI, validée par le CNED, délivre une attestation aux inscrits. Ils peuvent ainsi, à leur retour en France, intégrer le niveau scolaire souhaité sans être pénalisé d’aucune manière.

Ce dispositif trouve également sa place dans le cadre de projets éducatifs de partenaires institutionnels locaux qui l’intègrent en tant que parcours scolaire complémentaire au sein d’un curriculum francophone (Bénin), international (Brésil, Chine, Corée) ou bilingue (Australie).

 Comment s’est réalisée la transformation numérique de l’opérateur CNED ?

Au sein du CNED, la transformation numérique s’est mise en place à partir de 2013. Elle visait la gestion de l’inscrit ainsi que nos propositions de contenus. Aujourd’hui, l’opérateur conçoit ses formations sur une chaine éditoriale numérique, corrige les devoirs avec un dispositif dématérialisé. Cependant, le tout numérique ne convient pas à tout notre public expatrié dans la mesure où celui-ci, parfois, se trouve dans des zones éloignées d’un accès internet. Nous avons donc organisé, pour la diffusion de nos produits de formation, un équilibre entre support papier et numérique. Ce dernier vise des éléments complémentaires aux enseignements comme les exercices illustrant une leçon de mathématiques dans le primaire et permet l’interactivité. L’enfant peut ainsi ici s’entraîner sur une tablette tout en recevant ses cours en format papier.

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La dématérialisation combine ici de nombreux avantages.

C’est d’abord un gain de temps pour l’apprentissage avec l’immédiateté de l’accès au service fourni grâce à la mise à disposition des cours, des devoirs et des corrigés simultanément à la validation de l’inscription. C’est ensuite une économie d’argent, la numérisation des contenus permettant de s’affranchir des coûts des supports papier, des frais de leur colisage et envoi.

Cette application constitue, également et surtout, une offre en phase avec les nouvelles ressources et pratiques d’apprentissage. Elle favorise ainsi l’émergence de nouvelles modalités d’enseignement hybride, en présence et à distance, dans le cadre de partenariats avec les prescripteurs et, à l'international, avec le réseau des établissements scolaires homologués (AEFE, Mlf). Elle est enfin utilisée dans des établissements locaux pour des modules d’enseignement en français (SCI).

Aujourd’hui, pour le collège et le lycée (général et technologique) : 50 % des clients ont opté en 2017 pour l'offre 100 % dématérialisée.

Les particuliers, mais aussi les établissements scolaires font appel au CNED. Dans quel cadre et quel contexte, une école peut-elle solliciter les cours du CNED ?

Les écoles du réseau AEFE et de la Mission laïque française (Mlf) sollicitent notre scolarité dans le cadre de partenariats comme celui des écoles d’entreprises de la Mlf. Aujourd’hui d’autres acteurs sollicitent notre soutien comme dernier recours dans de nombreux lieux. Soit parce qu’ils se trouvent éloignés géographiquement d’établissements scolaires, soit parce qu’ils se situent dans des pays en crise majeure.

Quelques exemples à citer :

L’AEFE a dû se désengager en 2014 à Bangui, capitale de la Centrafrique.

Son lycée et son collège ont poursuivi leur mission de scolarisation selon un modèle intéressant : une conseillère pédagogique pour le collège, une autre pour le lycée et l’école a permis d’organiser les études avec des recrutements locaux pour accompagner les élèves grâce à notre enseignement à distance.

A Tripoli, c’est la Mlf qui avait dû se retirer.

Nous y avons organisé une plateforme d’apprentissage qui a permis aux enfants de la ville de recevoir une scolarité. Les enfants migrants arrivés en Lybie s’y sont associés. A Alep, nous avons repris également la suite de l’action de la Mlf, tout comme à Erbil capitale du Kurdistan d’Irak. Nous avons également pris en charge 7000 lycéens à Mayotte et pour finir plus récemment en métropole la scolarité CNED s’est substituée à celle d’un établissement qui devait être évacué pour cause de présence d’amiante.

Une scolarisation hybride en Turquie, à Izmir.

En outre, cette collaboration a favorisé récemment le développement de dispositifs originaux de scolarisation hybride comme en Turquie sous l’impulsion d’un groupe de familles militaires françaises de la base de l’OTAN à Izmir. Ces familles désiraient pour leurs enfants une école française jusque-là présente seulement à Ankara ou Istanbul.

Un dispositif original fut créé en 2017, une école hybride, grâce au commandant Hervé Mignot et à Caroline David, directrice de l’institut français. En effet, 15 élèves français bénéficient tous d’une scolarité complète du CNED. Ils se réunissent désormais durant 3 jours de la semaine à l’Institut français d’Izmir accompagnés par un répétiteur. Les enfants se retrouvent alors dans un cadre très proche de ce qu’ils ont laissé en France. L’Institut français centralise les inscriptions au CNED, récupère aussi tous les manuels et envoie les devoirs, etc.

Une fois par trimestre, les lycéens passent une journée à Ankara au lycée français pour un bac blanc aux fins d’entraînement. Ce dernier exemple montre comment le CNED peut créer du lien au sein d’une communauté d’expatriés isolée en garantissant une continuité éducative souhaitée.

Dernier exemple original à Ispahan en Iran

Un investisseur iranien est venu nous solliciter pour qu’une école locale d’Ispahan dotée du LabelFrancEducation* accueille la scolarité française du CNED. Là encore, nous avons fourni les cours et les répétiteurs locaux, formés par nos soins, encadrent ces enseignements.

Au total, 149 conventions sont actuellement en cours avec des établissements des réseaux AEFE, Mlf et hors réseaux.

Enfin, nous souhaitons accompagner la volonté du Président de la République dont l’ambition déclarée il y a quelques mois reste de multiplier par deux le nombre d’élèves dans les établissements français à l’étranger. Le modèle de Bangui peut se renouveler ici et là et devrait connaître un fort développement pour les prochaines années. Nous sommes une formation à distance de plein droit, reconnue en France sans exception aujourd’hui. Il n’y a donc aucune raison de douter de notre légitimité à compléter les écoles françaises locales voire à se substituer à elles si cela est nécessaire.

*le Label FrancÉducation est attribué aux filières d’excellence bilingues francophones proposant un enseignement renforcé de la langue française et d’au moins une discipline non-linguistique en français, conformément au programme officiel du pays d’accueil.

Depuis la rentrée scolaire 2019, la réforme du bac général français s’applique. Les écoles françaises à l’étranger ne peuvent garantir toutes les options qui y sont proposées. Comment le CNED accompagne-t-il cette réforme ?

Les lycées à l’étranger ne peuvent pas tous en effet proposer l’ensemble des options fruit de la réforme, notamment les enseignements de spécialité (trois en première puis deux en terminale), qui donnent la coloration de la formation scolaire de chaque élève.
Pour éviter que les élèves expatriés, faute de pouvoir bénéficier de toutes les spécialités dans leur établissement scolaire, soient limités dans leur orientation et donc risquent d’être pénalisés, le CNED, en accord avec l’AEFE, dispense les enseignements de spécialité à distance quand ils ne peuvent pas être assurés dans l’établissement. A la rentrée 2020, près de 300 élèves en ont bénéficié dans plus de 60 établissements. Grâce à ce complément d’offre assuré par le CNED, c’est l’idée d’un « lycée augmenté » qui se dessine.

L’opérateur CNED constitue aujourd’hui une force de proposition en accompagnant, par une dynamique originale à l’étranger, les politiques publiques éducatives françaises.

Le CNED a été en première ligne, et l’est toujours, pour assurer la continuité pédagogique quand les établissements scolaires doivent fermer en raison de la crise sanitaire. Est-ce également le cas à l’international ?

En fait le dispositif « Ma classe à la maison » qui a été déployé en France pour pallier la fermeture des établissements scolaires, à partir de mars 2020, a d’abord été testé à l’étranger. Dès le début du mois de février, les trois plateformes de continuité pédagogique du CNED (primaire, collège et lycée) ont été, à la demande de l’AEFE, mis à la disposition d’un groupe d’établissements des pays touchés en premier par le Covid (Chine dont Hong-Kong, Taïwan, Vietnam).  L’épidémie ayant eu par la suite, comme on sait, une diffusion mondiale, c’est la quasi-totalité du réseau de l’enseignement français à l’étranger, plus de 500 établissements, qui a pu bénéficier de ce service, à titre gratuit, pour une période plus ou moins longue selon les besoins locaux.

Je rappelais il y a un instant le rôle que pouvait jouer le CNED dans des pays en crise, comme la Centrafrique ou la Libye. Cette fois c’est l’ensemble des écoles françaises de l’étranger que le CNED a pu aider, avec ses outils spécifiques.

Entretien réalisé par Julia Zamora, responsable digital d'Expat Communication

Infos utiles :

En 2019, le CNED c’est… :

  • 23 000 inscrits à l’international . 13% de son activité vise l’international ; 59% de femmes, 42% ont plus de 18 ans
  • Son public scolaire (57%)  contient 81 cours à la carte au collège ; 164 cours à la carte au lycée ; 9 langues proposées en LV2 au collège ; 10 langues proposées en LVA et LVB au lycée ; 8 langues proposées en LVC au lycée général
  • Ses effectifs : 1100 agents, 1200 enseignants de l’éducation nationale ; plus de 2000 intervenants/experts pédagogiques
  • Son public étudiant et adulte (43%) se voit proposer : 5 CAP et bac Pro pour adulte, 17 BTS, 18 licences, 62 préparations aux concours enseignant et personnel éducatif ; 33 préparations aux concours de la fonction publique (Etat, territoriale) ; 3 titres professionnels enregistrés au Répertoire national des certifications professionnelles ; 11 langues dont le français langue étrangère (FLE)
  • 250 formations – 179 000 formations vendues
Liens utiles :

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Le CNED à l’international 

Scolarité complémentaire internationale, ouverture des inscriptions

Les dispositifs numériques du CNED pour les établissements scolaires

Rapport d’activité 2017 du CNED 


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