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« Ils sont trop bizarres ces Suédois »


Suedois-bizarres-UNE femmexpat 559x520Après un stage en soins infirmiers qu’il réalise par le biais du programme Erasmus en Norvège, Thibauld est convaincu que s'il veut être épanoui dans son travail, c'est dans un pays nordique qu'il doit travailler. Son diplôme en poche, c’est finalement en Suède qu’il pose ses valises il y a 3 ans. D'abord comme garçon "au pair", il vit aujourd'hui à Stockholm et y travaille comme infirmier. 

Comment a-t-il surmonté le choc culturel qu'il a vécu et ses premières impressions face aux Suédois ? Bizarre, vous avez dit bizarre ? Témoignage de ses premières incompréhensions et déconvenues.

De son expérience, il tire de nombreux apprentissages et les partage sur son site "vivre en Suède", dans des vidéos mais également dans un guide pour apprendre sans peine le suédois. Il revient pour nous sur l’importance d’apprendre la langue de son pays d’accueil pour s'intégrer et mieux comprendre la culture de son pays d'accueil.

 

"Ils sont trop bizarres ces Suédois". C’est ce que je me suis dit quelques jours après mon arrivée à Stockholm. 

J’étais bien au courant que chaque pays a sa propre culture et qu’il faut l’aborder avec ouverture d’esprit. Mais mes expériences à l’étranger étaient assez maigres et je n’ai jamais été réellement confronté à la culture locale.

Bien sûr, vivre à l’étranger ne serait-ce que quelques jours vous expose aussi à la culture locale, mais l’expatriation ce n’est pas pareil.

Sachant que ces voyages étaient dans le cadre de mes études, je suis quasiment toujours resté avec des amis, dans un milieu très confortable mais restreint. Toujours entre étudiants français ou d’autres horizons, mais rarement avec des locaux.

 

Difficile d’avoir une véritable idée de la culture du pays d’accueil…

Le 1er janvier 2017 (l’expression "nouvelle année - nouvelle vie" prenait tout son sens !), j’atterrissais à Stockholm, une ville que je connaissais à peine.

Tout juste sorti du nid, je me suis senti seul,  avec mes deux grosses valises face aux panneaux écrits dans une langue à laquelle je ne comprenais rien. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé : cette fois-ci je n’étais pas entouré de mes amis. J’étais seul. Plus comme étudiant infirmier mais comme expatrié.

Je me retrouvais donc dans une découverte totale de la culture suédoise. Je dois dire que j’ai ressenti le choc des cultures de plein fouet, et il a été d’autant plus fort que je ne maîtrisais pas la langue.

 

Au tout début, je ne comprenais pas du tout les Suédois

Je les trouvais désagréables, froids et parfois même impolis. Super départ.

Ne parlant quasiment pas la langue, je me débrouillais avec l’anglais. Sachant que la plupart le parlent couramment et que je me trouvais dans la capitale ça se passait sans grandes difficultés.

J’ai commencé assez rapidement à apprendre le suédois. Mon objectif était simple : j’avais six mois pour apprendre la langue et travailler en tant qu’infirmier.  Les conditions de travail en France m’étaient, et sont toujours, insupportables. Mais mes ressources financières étaient très limitées, alors il fallait faire vite pour trouver un travail et survivre.

Au fil de mon apprentissage j’ai pu me rapprocher de la population locale et entamer des conversations. Mais j’avais l’impression que le fait de ne pas parler la langue locale ne me donnait qu’un point de vue extérieur de la culture suédoise. Ce n’est pas comme dans les pays latins où se faire des amis est plus aisé. Je me sentais un peu mis de côté, et ne savais pas tellement comment aborder les Suédois.

Les dialogues se trouvaient donc rapidement écourtés, ne me laissant que peu de place à la pratique de la langue. Je pense que c’était principalement plus une question culturelle que linguistique.

 

Bien souvent les gens des pays latins ont tendance à parler fort, beaucoup et vite

Quitte à risquer de couper la parole lors des discussions passionnées. Après tout, avoir un échange vigoureux montre que vous êtes impliqué dans la conversation, qu’elle suscite votre intérêt !

Et bien malgré leur côté francophile assumé, les Suédois détestent ce genre de prises de paroles, et considèrent ce comportement comme irrespectueux. En effet, le silence est une part intégrante de la communication à la suédoise. C’est une preuve de respect, signe de l’attention qu’ils vous portent. Ils ne rebondiront que très discrètement même s’ils sont tout à fait d’accord avec vous.

Imaginez alors ma réaction face à la personne en face de moi qui ne réagissait presque pas à ce que je lui disais !

 

Après six mois, j’ai réussi à trouver un travail dans mon domaine

Toujours pas en tant qu’infirmier, car mon niveau de langue était toujours trop bas, mais comme aide-soignant.  Je quittais alors la bulle des garçons et filles "au pair", pour vraiment me confronter à la culture suédoise.

Ce changement m’a vraiment facilité la vie. Je me retrouvais pleinement intégré dans la société, et n’avais pas d’autre choix que de parler la langue courante. Je me suis amélioré très rapidement mais non sans mal ni quiproquos !

J’avançais à tâtons, en apprenant les règles de bonne conduite suédoise. Les débuts étaient difficiles non seulement à cause de mon suédois approximatif mais aussi de la différence culturelle. Certains de mes collègues ne me supportaient pas du tout, les autres étaient assez distants.

Pas étonnant étant donné que je comprenais la moitié de ce que l’on me disait.

Six mois plus tard je parlais couramment, car c’est bien connu : c’est en forgeant qu’on devient forgeron. La maîtrise du langage a clairement amélioré mes relations interprofessionnelles.

Enfin on se comprenait ! Halleluia !

 

A partir de ce moment-là, j’ai pu apprécier la culture suédoise

Les éléments d’incompréhension de mes débuts ont laissé place à l’adaptation, au point que j’ai moi-même adopté ces comportements-là.

Par exemple : Ne parler que si l’on a vraiment quelque chose d’intéressant à dire. Sans ça, ne dites rien, ça vaut mieux.

J’ai toujours eu l’idée que les silences dans une conversation sont un signe d’ennui ou de gêne. En Suède, ce n’est pas vraiment le cas. Les silences sont une part entière de l’expression orale.

La méconnaissance de la langue locale ajoutée aux malentendus des différences culturelles m’ont lentement fait dériver vers des préjugés qui auraient pu faire tomber mon projet d’expatriation à l’eau.

Gardons en tête que cette incompréhension était évidemment à double sens. Car si je ne disposais pas des clés pour créer une bonne communication, les Suédois non plus !

 

Des conseils issus de mes déboires

J’ai tiré des leçons de mes déboires, et je vous les ai résumés ici en 6 conseils :

  1. Renseignez-vous avant votre départ sur la vie en tant qu’étranger, les mœurs et coutumes principales du pays.

Ça entamera déjà le processus d’expatriation, vous permettra d’appréhender les principes de la société et vous donnera même des idées de conversation pour votre futur cercle social… De cette manière, le choc culturel ne pourra s’en trouver que réduit, ce qui est une très bonne chose pour vous !

 

  1. Préparez-vous aux chocs émotionnel et culturel qui découlent de l’expatriation :

S’expatrier c’est apprendre une nouvelle langue, une autre culture, et c’est aussi se construire nouvelle identité, et ce n’est pas un processus évident. C’est comme quitter une case pour entrer dans une autre.

Mais il y a un temps entre ces deux cases, on ne passe pas de l’une à l’autre d’un claquement de doigts. C’est là que les choses ardues commencent, car une fois l’excitation des débuts retombée, on ne se retrouve dans aucune case.

Le premier réflexe est de se rapprocher d’un groupe francophone pour regagner en partie au moins la case que vous venez de laisser. Mais le processus ne se fera pas tout seul :
il faudra forcer le destin pour se rapprocher le plus possible de la culture locale, et entrer dans une nouvelle case.

 

  1. Abordez votre expatriation avec ouverture d’esprit :

Certains comportements vous sembleront différents, étranges, discutables ou même dérangeantsSelon VOS critères. Or vos critères ne sont pas les leurs, et vous êtes là pour vous adapter à la société, pas l’inverse.

Ne vous avisez pas de faire la bise à un(e) Suédois(e), au risque de vous en prendre une (j’en parle pour l’avoir personnellement vue passer de près).

 

  1. Développez votre cercle social !

Si vous avez déjà une proposition d’embauche avant-même de partir (déjà, félicitations !), votre socialisation commencera par là. Attention cependant à faire la différence entre collègues et amis.

Dans quelques occasions la relation professionnelle peut se transformer, mais ne comptez pas trop là-dessus. Dépendamment de votre métier, il y a de grandes chances que vous puissiez commencer votre travail en parlant anglais, dans l’attente de maîtriser la langue locale. (Si vous exercer un métier médical en revanche, pas le choix : Vous devrez parler suédois couramment !)

Là aussi, prudence ! Parler anglais, c’est pratique et confortable.... Souvenez-vous que le confort est votre ennemi à ce stade de l’expatriation.

N’ayez pas peur ! Les Suédois seront heureux de voir que vous appréciez leur pays et faites l’effort d’apprendre leur langue.

Le reste de votre cercle social se développera en fonction de votre implication. Cherchez des groupes qui se réunissent autour d’un thème qui vous intéresse, faîtes jouer vos relations : un ami qui connaît quelqu’un, qui vous présente à d’autres…

 

  1. Apprenez la langue dès que possible : c’est la clé pour appréhender la culture locale et éviter les faux-pas.

En montrant votre volonté d’apprendre, même en ne maîtrisant pas totalement les subtilités du langage, vous envoyez un message très positif à l’interlocuteur. Il saura également vous pardonner les quelques erreurs de grammaire à venir !

De quoi débuter sous les meilleurs auspices !

 

L’expatriation est une opportunité en or pour découvrir le monde et s’ouvrir de nouvelles portes. En tant qu’Infirmier basé en Suède, je n’ai pas peur de dire que l’expatriation a été la meilleure décision de ma vie.

 Alors, lancez-vous !

 

 

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Thibauld
Expat français en Suède - Infirmier et Frenchie Teacher
N'hésitez pas à le suivre sur sa chaîne Youtube pour découvrir ses témoignages et les dessous de son expatriation

Faites également un tour sur son site  Vivre en Suède où il distille ses bons conseils pour tout savoir avant de s'expatrier en Suède... Il vous offre aussi son guide pour apprendre le suédois sans peine !

 

 

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