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Destination Les témoignages des expats confinés Ma destination Turquie

Le Coronavirus vu… d’Istanbul


Coronavirus-vu-Istanbul-Turuie-UNE femmexpat 559x520Confinement, couvre-feu, port du masque obligatoire… la guerre contre le Covid-19 est enclenchée. Et, Istanbul, comme le reste du monde vit désormais au rythme des annonces du gouvernement sur le nombre de nouveaux cas et de décès liés au Coronavirus.

Témoignage de Fleur, auteur du blog "Graine de Stambouliote" sur la situation en Turquie.

 

 

En 4 ans d'expatriation, Istanbul nous a réservé de nombreuses surprises

Bientôt quatre années que nous vivons à Istanbul, la capitale économique et culturelle de la Turquie. Une ville bouillonnante, dynamique, vivante où l’on ne s’ennuie jamais. Et il faut bien le dire, une ville qui nous a réservé de nombreuses surprises.

Nous sommes arrivés au lendemain d’une tentative de coup d’état, avons essuyé quelques attentats terroristes dans l’année qui a suivi, un petit tremblement de terre qui heureusement a fait plus de peur que de mal. Et aujourd'hui, alors que nous arrivons au bout de notre expatriation, la crise planétaire du Coronavirus…

 

Une fin d’expat un peu gâchée…

Malgré tout, Istanbul aura été pour nous une ville coup de cœur. Pour la beauté de ses monuments, la richesse de son histoire, et la chaleur de sa population. Non, décidemment, on n’était pas impatients de quitter Istanbul.

On comptait bien profiter jusqu’au dernier jour de notre joyeuse expat en Turquie.

Continuer à découvrir les endroits encore secrets de la ville, se gaver de baklavas, se couler sous la mousse d’un dernier hammam, et s’organiser un petit voyage dans l’est de la Turquie pendant les vacances de Pâques. Et puis, il y avait nos derniers visiteurs qui ont attendu les tout derniers mois pour enfin venir nous voir et profiter eux-aussi d’Istanbul. Raté !

 

Comment notre quotidien de Stambouliote a basculé

En janvier dernier le Coronavirus n’était qu’une vague histoire de virus à l’autre bout du monde, pas de quoi s’inquiéter.

En février, alors que nous nous apprêtions à partir pour une semaine de ski dans les montagnes turques, des amis nous rapportent qu’une personne de leur entourage est malade du Coronavirus. Etrange, vu qu’officiellement les autorités turques nous disent qu’il n’y a pas de cas de Coronavirus en Turquie…

Les médias nationaux, qui relaient les messages officiels nous expliquent comment le pays se protège contre le virus. Il ne passera pas ici, c’est sûr ! Moueh, j’ai des doutes…

Très vite la Turquie ferme ses frontières avec l’Iran qui enregistre déjà plusieurs cas de Covid19. Mais tout va bien, toujours aucun cas en Turquie

 

Pendant ce temps, la situation s’emballe dans l’Est de la France. L’Italie est dans une situation terrifiante

Ces scènes que nous regardons, médusés, à travers nos écrans font froid dans le dos. C’est tout simplement incroyable. On parle de confinement, mais non, ce n’est pas possible. Comment un pays pourrait-il survivre à un tel gel de son économie ? Tout ça pour une grosse grippe ! Non, c’est louche, cela doit être plus grave que ce que l’on nous dit.

Fin des vacances scolaires et reprise de l’école. L’ambiance est tendue, des bruits commencent à courir sur la possible fermeture de l’école. Et voilà, au bout d’une semaine, l’annonce officielle nous tombe dessus comme un coup de massue. Toutes les écoles de Turquie seront fermées pour deux semaines minimum. Branlebas de combat. Les maîtresses et les professeurs réagissent très vite et nous envoient des cours, des ressources pédagogiques. La première semaine est un peu compliquée. Il faut trouver le rythme et la manière. Enseigner, c’est un métier !

 

Côté frontières, tout s’affole. Les nouvelles tombent presque heure par heure. Annulation des vols avec la France !

Tous les touristes sont appelés à regagner la France, tant qu’il en est temps. Oui, mais voilà, la Turquie semble être plus épargnée que la France. Alors certains se disent qu’ils pourraient passer quelques jours à profiter de la Turquie. Je passe mon temps sur mon blog et sur les réseaux sociaux à essayer d’informer les voyageurs que là maintenant, il faut vraiment rentrer…

 

1ère semaine de confinement, sous le signe de l’incrédulité

17 mars, la France entre en confinement. C’est le choc ! Désormais nous restons scotchés à nos écrans sur les infos françaises. En Turquie tout est sous contrôle, officiellement… mais on sent bien que ça va s’accélérer.

 

On n’attend pas que les autorités proclament le confinement et on se prépare à la galère

Nos enfants ne mettrons plus le nez dehors jusqu’à nouvel ordre. Il va me falloir un stock de livres en français pour passer le temps. La médiathèque de l’Institut Français est déjà fermée. Je chausse donc mes baskets et me rends à pied, pour éviter le métro, à la Librairie Solidaire que l’association Istanbul Accueil a mis en place cette année.

Dans les rues, beaucoup moins de monde que d’habitude. Les commerces et restaurants sont censés être fermés, mais quelques-uns bravent les interdits. Il faut bien vivre… Je passe devant les bureaux de la Turkish Airlines, où des clients font la queue pour trouver un autre vol ou se faire rembourser.

La distanciation sociale n’existe pas à ce moment-là !

Je suis angoissée, je marche vite et slalome pour éviter les passants, en remontant mon écharpe sur le nez. J’entends des gens tousser, je sursaute et cherche du regard les coupables.  

Je rentre à la maison et me barricade avec les enfants.

Mon mari est sur le pont, au Consulat, il doit aider au retour des Français. Du coup je suis inquiète.

 

Le stress monte

S’il ramène le virus à la maison et que l’on tombe malade, qui va s’occuper des enfants ? Serons-nous bien soignés ici ? Et la famille en France, en cas de problème comment ferons-nous ?

Je tourne comme un lion en cage. Je suffoque à l’idée que nous sommes piégés derrière des frontières totalement closes. Ca y est, là je stresse vraiment. Bonjour les crises d’angoisse. Les enfants, vite on va faire une séance de yoga sur Youtube ! Maman en a besoin…

Heureusement les semaines qui suivent, je suis plus détendue. On est rentrés dans une routine rassurante. On gère !

 

Des chiffres officiels peu fiables

Dès le début de cette crise, j’ai de gros doutes sur la fiabilité des chiffres donnés par les autorités.

D’abord parce qu’on avait connaissance de personnes malades qui n’avaient pas été recensées. Et puis parce que les chiffres sont donnés de manière globale à l’échelle nationale, sans la localisation des cas.

Il a fallu attendre le 1er avril pour voir circuler une cartographie ville par ville. Un poisson ? Non, ces chiffres viennent bien d’un institut officiel.

Sans surprise, Istanbul est le foyer principal de l’épidémie en Turquie, et de très loin ! Près de 9 000 cas officiels à Istanbul, alors que la deuxième ville la plus touchée ne compte que 800 cas.

 

Comment confiner 18 millions de Stambouliotes ?

Difficile de confiner 18 millions de Stambouliotes ! D’autant que le peuple turc aime vivre dehors, pour aller siroter un verre de thé avec les collègues, manger un bout au resto, une pâtisserie dans l’après-midi, aller au coiffeur en fin de journée, faire des courses à la nuit tombée, avant de rejoindre quelques amis.

Même en plein hiver, vous trouverez toujours des Turcs attablés en terrasse sous les chauffages, car pas question de rester enfermé. C’est dire ce que ce confinement est difficile à vivre pour les Stambouliotes !

Aujourd’hui encore, le confinement n’est que fortement recommandé. Seuls les plus de 60 ans et les moins de 20 ans ont l’interdiction de sortir. Mais globalement la consigne est bien respectée. Dans notre quartier en tous cas. De toutes façons, les commerces non essentiels sont fermés et les restaurants n’ont le droit que de livrer à domicile. Il est interdit de sortir d’Istanbul sans une dérogation.

 

Pas de pénurie de masques et de gel, mais d’eau de Cologne oui !

Dernière mesure en date, le port du masque est devenu obligatoire dans les supermarchés, marchés et transports en commun. Heureusement, il n’y a pas de pénurie de masque en Turquie, comme cela peut être le cas en France. La Turquie produit ses propres masques, c’est l’avantage. Il est d’ailleurs assez facile d’en acheter, même dans la supérette du coin. La boîte de 100 masques est vendue pour environ 20€.

Les gels hydroalcooliques se trouvent encore en pharmacie. Mais culturellement, les Turcs ont toujours eu l’habitude d’utiliser de l’eau de Cologne. De fabrication locale, on la trouve en temps normal très facilement dans les bazars. Les commerçants et restaurateurs ont l’habitude de verser quelques gouttes sur les mains de leurs clients. Cela fait partie de l’hospitalité turque ! Mais depuis le début de cette crise du Coronavirus, les prix de l’eau de Cologne sont montés en flèche et les producteurs n’arrivent plus à suivre la demande !

 

Vers une catastrophe économique et sociale

Comment survivre à cette période de confinement pour ceux qui ne peuvent travailler de chez eux ? La Turquie compte nombre de petits travailleurs indépendants. Vendeurs ambulants, artisans, barbiers, cireurs de chaussures… tous ces gens ne pourront pas tenir longtemps sans revenus. L’Etat aura bien du mal à leur venir en aide étant donné la crise économique déjà installée.

A mon petit niveau, que puis-je faire pour aider ? C’est difficile de se sentir inutile. Alors j’essaye à travers mon blog de diffuser des messages positifs, avec un peu d’humour, pour que les gens gardent le moral. Quand bien même le mien n’est pas au top !

Continuer à promouvoir la Turquie pour que les touristes reviennent dans quelques mois lorsque la vie aura repris son cours. C’est pas grand-chose, mais il ne faut pas baisser les bras.

 

A quand le retour à la normale ?

Difficile de prédire quand le pic de la crise de Covid19 sera passée pour Istanbul. Quand le confinement sera terminé ? Quand les vols reprendrons pour la France ? Mais pour nous, une chose est sûre, c’est que nous quitterons définitivement la Turquie cet été.

Je n’étais déjà pas ravie de partir, mais alors là, c’est clairement pas comme ça que j’envisageais ma fin d’expat. En tous cas, Istanbul je t’aime et je reviendrai !

 

Fleur-Istanbul-photo-paysage-toits

Fleur depuis Istanbul
Pour la suivre sur son blog "Graine de Stambouliote - blog d'une famille française à Istanbul"
En quête de bons plans et conseils ? Elle est également Travel Coach Turquie pour la plateforme de voyage Personal Traveler.

 

 

 

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