Connexion en tant que membre

Le retour Les billets d'humeur Ma vie en expatriation

Les émotions contradictoires du retour d’expat

Ajouter à mes favoris

 

Les émotions contradictoires du retour d'expatMaison ! Maison ! Ce n'est pas E.T. qui parle mais le DRH. Alors le flot d'émotions contradictoires envahit notre cortex. C'est le retour d'expat.

 A nouveau il va nous falloir changer de bassin, quitter un pays, des gens, une philosophie qui donnaient tout son sens au mot « évidence ». Un matin on se réveille, frappée de sidération : le temps qui passe est devenu le temps qui reste.

Nous ne sommes pas prises au dépourvu : dés le départ nous savions qu’expatrié et mobilité, c’était comme Titi et Gros Minet, ça va ensemble. Mais quand même, ça fait des siennes dans la boîte crânienne. Dans la nôtre et celles des autres !

Bien entendu, nous ne sommes pas complètement fâchées de rentrer en France, c’est un peu comme si on retrouvait une vieille copine assez ronchonne mais avec un charme certain, on va dire, c’est la pensée positive qui rend heureux.

Petit micro-trottoir mondial, (on ne se refuse rien !), des émotions contradictoires qui agitent ces impétrantes :

Les mi-figues, mi vertigineuses
  • Mélanie : « C’est bizarre, c’est comme si il y avait deux courants dans le groupe : ceux qui restent et ceux qui partent. Le petit village gaulois qui résiste et nous les « lâcheurs ». Je ne suis pas trop à l’aise avec ça. »
  • Agnès : « A moi les affaires courantes…Mes dossiers ont déjà été redistribués : mektoub. Ah, oui, je pars dans… quatre mois. »
  • Eléonore : « Pour être franche, je suis déjà un peu partie dans ma tête : écoles, logement, reprise de mon poste, recontacter les copains d’avant. Je suis en mode retour déjà depuis septembre. »
  • Anne : « Alors, vous partez quand ? » C’est la question récurrente qui énerve. »
  • Dominique : « Situation toujours inconfortable, cet entre-deux. Nos amis, le conseil d’école continuent de faire des projets pour leur vie d’ici, et nous, on en est, par la force desretour-expat choses, exclus. »
Dans la vraie vie la pêche n’est pas toujours miraculeuse.
  • E. : « Je repars, mais en solo. Nos amis prennent des mines surprises et catastrophées (même ceux qui savaient…). C’est dur mais je garderais toujours un attachement particulier pour ce pays. J’y ai rencontré ma « soul mate », une vraie amie de la vraie vie. »
Les belles et rebelles
  • Scarlett, c’est le prénom qui veut ça : « La logistique j’y penserai demain ! Pour l’instant je profite des amis, des lieux…Goulûment. Je suis très occupée à me fabriquer plein de souvenirs ! »
  • Marine : « Mais je ne veux pas partir, moi. J’ai encore le goût du café-rencontre dans la bouche ! C’est qui ce DRH qui veut gouverner ma vie ? Chacun sa route, chacun son chemin, chacun son destin. Et peut être bien que le destin fait bien les choses. Une autre boîte, sur place, nous charme les oreilles de ses propositions. A voir… »
  • Charlotte : « Bon plan : on a expédié tout ce qui fâche : déménagement, bac et maintenant, c’est repos et plage avec les copains. Une bonne façon de ponctuer notre séjour... »
  • Hélène : « Les expatriés ça passe son temps à s’installer, à déménager, à se faire de nouveaux amis, à se dire au revoir. C’est notre karma. On est riches de tout ça. »
La parole est à celles qui restent :
  • Géraldine : « Moi je suis la régionale de l’étape. Alors c’est vrai que c’est difficile de nouer pour dénouer ensuite des liens amicaux. Mais les vrais amis restent toujours de vrais amis. Même après 20 ans. Même si ils partent. »
  • Gaëlle : «  Je sais que dans deux ou trois ans, ça va être notre tour. Ces départs, c’est un peu en filigrane le nôtre. Alors oui, je ne cours pas après les partantes. »

Comme dirait l’ami Sigmund F., ces départs ce sont autant de loupiotes qui disent aux autres : l’année prochaine ou l’autre encore, vous serez à votre tour sur la rampe de lancement. On ne peut reprocher à ceux qui restent une distance chaleureuse, quelque part ils se protègent.

  • Nanou, en grande philosophe de conclure : « Je m’attache à porter une vigilante attention à ceux qui arrivent dans mon pays tout naïfs des us et coutumes. Alors quand ils repartent, ils m’échappent un peu. J’ai donné du temps mais en retour j’ai aussi beaucoup reçu d’eux. Alors avec toutes celles qui passent, vous imaginez le trésor que cela constitue ! »

Haut les cœurs ! Vous qui partez, vous qui restez, sachez qu’on a tous un bateau dans le cœur, c’est Julien Clerc qui le dit alors vous pensez bien, c’est de la science exacte.

Alors bon vent et bonne navigation à toutes et tous !

Paquita

Article publié pour la première fois en juin 2013

©Illustration Aurélie de La Pontais

Femmexpat vous conseille de lire :

L'image de la France vue de l'étranger

L’entre-deux de l'expat…Quand ça sent la fin mais que rien ne vient

Les tabous de l'expatriation : Quand la mayonnaise ne prend pas

Au retour, gardez l'expat' attitude !

Les 24 choses à ne surtout pas faire en France !


1heure pour faire le point

VOTRE PROTECTION SOCIALE AVEC LA logo CFE

1heure pour faire le point