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Fin de crise sanitaire à l’horizon ou simple embellie trompeuse ?


Fin de crise sanitaire à l’horizon ou simple embellie trompeuse Vivons-nous un retour « à la normale » ? Allons-nous pouvoir retrouver nos habitudes ? Et en cette fin d'année scolaire et de proximité des vacances scolaires, beaucoup d'expatriés se demandent si cette année, enfin, ils pourront rentrer dans leur pays d'origine, retrouver leurs proches ?

Il ne s'agit évidemment pas ici  de tenter de jouer les oracles ou de spéculer sur l'efficacité potentielle des vaccins, mais de s'interroger sur les effets paradoxaux que cette perspective semble susciter. Alors que l'on aurait pu croire en un soulagement unanimement partagé, ça ne paraît pas si simple.

Disparité des situations

Un des traits le plus extraordinaire du 1er confinement fut l'image d'une planète entière à l'arrêt. Nous étions tous logés à la même enseigne.  « Tous dans le même bateau ». Projection imaginaire, évidemment,  mais qui nourrit toujours une forme de communion fantasmée et de solidarité émotionnelle.  Mais  dans le temps présent, ce trompe-l'œil s'est bien estompé.

Selon les pays et leurs capacités à répondre à cette pandémie et leur conception du bien et de la sécurité publics, les mesures prises et imposées peuvent être très différentes.

Certains expatriés savent qu'ils peuvent, d'ores et déjà, planifier leur retour en métropole, réserver leurs billets de transport, se réjouir des retrouvailles annoncées. Mais beaucoup d'autres sont, au mieux dans l'incertitude, ou pire encore, sous un régime de contrainte dont l'issue n'est pas encore annoncée, renforçant un sentiment de confusion et d'épuisement face aux projets ajournés à de nombreuses reprises.  En cette période de l'année, synonyme de plus de légèreté, de convivialité et de repos, devoir envisager que peut-être ces moments tant attendus puissent être compromis, ce peut être, tout simplement, insupportable.

Pourquoi cette situation peut susciter de tels affects d'angoisse ?

Fin de crise sanitaire à l’horizon ou simple embellie trompeuse_Pour combattre cette pandémie, une des mesures phare fut d'interdire tout déplacement. Cette liberté fondamentale d'aller et venir, ce droit perçu par beaucoup d'entre nous comme inaliénable a disparu, brutalement, du jour au lendemain.  Ce fut saisissant ! Même si l'immense majorité des citoyens l'ont acceptée, par nécessité sanitaire, finalement sans grande contestation, mais sans non plus, prendre la mesure de l'ébranlement psychique que cela pouvait provoquer.

Se sentir « sujet » se construit sur la capacité de décider pour soi, en n'empiétant pas sur celle des autres. Etre confronté ainsi à l'incertitude de pouvoir disposer de sa liberté de mouvement , voire se heurter à une interdiction, réduit à la position d'objet de l'Autre, et vient destituer l'être de cette position de sujet.
On perd le contrôle de sa vie.  La privation de déplacement a toujours eu valeur de punition. Et si sur un plan conscient, chacun a admis la nécessité de cette privation, les effets inconscients de cette limitation a pu provoquer un « vacillement » de la position du sujet et de sa perception du monde. Il se joue quelque chose qui va bien au-delà des conséquences concrètes, certes contrariantes, mais justifiables de ces limitations.

Processus défensifs contre l'angoisse : agressivité et perte d'investissement

Ces affects d'angoisse peuvent se traduire par des processus défensifs se traduisant par des motions agressives tournées vers l'extérieur (dénigrer ce qui est mis en place dans le pays de résidence et ne plus rien y voir de positif...),  ou contre soi-même .

Agressivité

L'angoisse générée va provoquer la mise en place de modalités défensives contre ce qui est vécu inconsciemment comme une attaque. Très souvent, cela vient nourrir des motions agressives dirigées vers l'extérieur, en l'occurrence, ce peut être contre tout ce qui représente le pays d'accueil. Ce qui jusque-là, avait une connotation positive, peut devenir insupportablement oppressant. Ce pays qui incarnait un idéal de changement, de découverte, une belle opportunité d'un choix de vie valorisant peut être vécu comme un piège se refermant sur le sujet, le bon objet passant au statut de mauvais objet qui ne vaut plus rien.  Cette agressivité peut aussi viser celui ou celle, qui dans le groupe familial peut incarner « le responsable » et nourrir des conflits plus ou moins ouverts avec le conjoint ou les parents. Le milieu familial peut progressivement devenir un lieu hostile, privant ainsi de la ressource de pouvoir y trouver un sentiment de protection, d'apaisement et de solidarité. Cela peut aboutir à se vivre comme isolé et incompris, jusque dans son groupe familial et déclencher un sentiment de détresse radicale, se sentant pris dans une impasse.

Pour contenir et apaiser ces ressentis, il est salvateur de se remémorer ce qui a fondé la cohérence de la décision prise de changement de vie, et particulièrement ce qui a nourri la curiosité, l'envie de venir vivre dans ce pays, c'est-à-dire  « réassumer » psychiquement sa décision, retrouver sa boussole. Cela peut permettre de reprendre pied et se dégager d'un sentiment d'être « livré au flot » des événements. Être vigilant, dans les conversations avec les proches, à ne pas succomber aux associations rapides, dénonçant le pays d'accueil comme coupable de tous les maux, « comme si, évidemment, ça se passait beaucoup mieux ailleurs! » permet d'alléger la perception d'être particulièrement visé par le sort et mal loti . Se garder aussi des généralisations, qui à partir d'un incident, aboutit à la conclusion  que « Rien ne marche dans ce pays ». Ces tentatives « d'expulser » hors de soi la responsabilité de ce vécu, ont pour fonction inconsciente, la recherche d'un effet de décharge de l'angoisse.

Affects dépressifs

Fin de crise sanitaire à l’horizon ou simple embellie trompeuse__Mais cette agressivité défensive peut aussi être dirigée contre soi-même. Parfois, cette culpabilité inconsciente peut atteindre une grande virulence. Cette « haine » de soi est la source des affects dépressifs. La culpabilité d'avoir pris ce qui apparaît, après-coup, comme la mauvaise décision, de ne pas trouver la solution pour échapper à ces contraintes... en bref se vivre comme nul et incapable.

Tout ceci aboutit à un retrait psychique, un désinvestissement de tout ce qui jusque-là avait du sens. Plus rien ne soutient l'intérêt. Plus rien ne vaut la peine et surtout pas l'être du sujet. Lorsqu'il apparaît qu'il devient insoutenable à quelqu'un de se « motiver » selon le terme souvent utilisé, au point de décourager et finir par excéder son entourage, celui-ci, renvoyé à son sentiment d'impuissance peut s'en défendre en lui opposant des jugements de plus en plus sévères … qui eux-mêmes contribueront à majorer la détestation de soi. Ces jugements ont aussi pour fonction de tenir à distance l'angoisse d'être soi-même happé.

Quels sont les appuis possibles pour déjouer la mise en place de tels processus et sortir de cette spirale ?

Bien sûr, l'étirement dans le temps de la crise sanitaire et ses conséquences arrivent à entamer sérieusement les capacités de résistance et parfois les déborder.

La fin de l'année scolaire signifie aussi pour les élèves, mais aussi les parents qui ont beaucoup été mis à contribution ces derniers mois, un relâchement des tensions et des efforts. Un certain soulagement en est attendu et pourtant, c'est souvent dans un après-coup que ce qui a pu être contenu, éclate, contre toute attente.  La nécessité de faire face n'opère plus et ne fait plus barrage.

De pouvoir se projeter à nouveau jouera pour la plupart d'entre nous, un rôle de récupération de nos repères et des piliers de notre identité. Mais ce ne sera pas le cas pour tous.

Si la situation locale ne permet pas de s'appuyer sur ces perspectives, on peut prendre appui en se tournant vers ce que le pays d'accueil peut offrir et mobiliser les capacités d'adaptation à cette réalité. Bien sûr, ce n'est pas encore « comme avant ». Ce désir de revenir à un « avant » enviable est une modalité défensive rigide qui amène à rejeter ce qui peut être possible et renforcer le sentiment que rien n'est plus possible.

Il se peut aussi que ces situations éprouvantes aient mis à mal tous les étayages qui jusque-là avaient permis de trouver des solutions. En faire le constat et songer que l'on a besoin de questionner ce qui se joue n'est pas baisser les bras, mais prendre acte de ce qui arrive.  Décider d'aller prendre le temps de chercher à en saisir le sens en s'adressant à un tiers neutre et professionnel, ce n'est pas s'en remettre à un autre, mais au contraire se traiter avec respect.

Fin de crise sanitaire à l’horizon ou simple embellie trompeuse ?

Marie Perrin

Psychologue, psychothérapeute, psychanalyste exerçant en cabinet libéral en métropole, mais aussi par visio-conférence auprès des familles francophones à travers le monde,  par l'intermédiaire du site Dismed.

Qualifiée aussi pour réaliser les bilans WISC V demandés par l'Education Nationale et la MDPH pour mettre en place certains aménagements d'études pour des enfants ayant des troubles des apprentissages.

 

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Ceci est un publi-rédactionnel 

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